La
Tradition elle-même affirme de plus en plus explicitement cette vérité.
Saint Justin (
Dial. cum Tryphone, 100),
saint Irénée (
Ad. Haereses, III, XXII, 3, 4; V, XIX),
Tertullien (
De Carne Christi, XVII), opposent Eve cause de la mort et Marie cause de la vie et du salut. Cette antithèse est constamment rééditée par les Pères (par exemple saint Cyrille de Jérusalem, saint Ephrem, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Chrysostome, etc.), et elle trouve place dans les documents les plus personnels du magistère suprême, en particulier dans la bulle
Ineffabilis Deus. ... Les Pères disent souvent de Marie qu'elle est
immaculée, qu'elle a toujours été bénie de Dieu pour l'honneur de son Fils, qu'elle est
intemerata, intacta, impolluta, illibata, entièrement sans souillure.
http://upload.wikimedia.org/wikipedi...oseOfMilan.jpghttp://upload.wikimedia.org/wikipedi...gustinus_1.jpgSaint Ambroise di de même de Marie qu'elle est exempte de toute souillure du péché "per gratiam ab omni integra labe peccati" (in
Ps. CXVIII, 22, 30; P. L., XV, 1521), et
saint Augustin que "au sujet seulement de la Sainte Vierge Marie, l'honneur du Seigneur ne permet pas de soulever la question du péché" (
De natura et gratia XXXVI, 42; P. L. XLIV, 267).
Il faut ajouter que, depuis le VIIe et le VIIIe siècle, on célèbre dans l'Eglise, surtout dans l'Eglise grecque, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie: en Sicile au IXe, en Irlande au Xe, presque dans toute l'Europe au XIIIe.
Le Concile de Latran de 649 (Denz., 256) appelle Marie "immaculée".
En 1476 et 1483,
Sixte IV parle en faveur du privilège à propos de la Conception de Marie (Denz. 734 s.)
Le Concile de Trente (Denz., 792) déclare lorqu'il parle du péché originel qui atteint tous les hommes, qu'il n'est pas de son intention d'y inclure la bienheureuse et immaculée Vierge Marie. En 1567, Baius est condamné pour avoir enseigné le contraire (Denz., 1073). En 1661,
Alexandre VII affirme le privilège en disant que presque tous les catholiques l'admettent, quoiqu'il ne soit pas défini (Denz., 1100). Enfin, le 8 décembre 1854, est promulgué la définition solennelle (Denz., 1641).
(P. Reginald Garrigou-Lagrange O. P.,
La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Les Editions du Cerf, Imprimatur 1941, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 36-45).