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Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Catéchisme de Gasparri (extraits) et
TÉMOIGNAGES
DES CONCILES ŒCUMÉNIQUES,
DES PONTIFES ROMAINS, DES PÈRES
ET DES CONGRÉGATIONS ROMAINES
INVOQUÉS DANS LE CATÉCHISME (1).
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(1) Les chiffres précédés de l’abréviation D.-B.
renvoient à l'Enchiridion Symbolorum de Denzinger-Bannwart;
R. J. à l'Enchiridion Patristicum, de Rouët de Journel.
pour les adultes qui veulent avoir une connaissance
plus complète de la Doctrine catholique.
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CHAPITRE I
Le Signe de la Croix.
Q. 02. Qui peut se dire chrétien, et l'est en effet?
Q. 04. Quelle est le signe extérieur du chrétien?
Q. 05. Comment fait-on le signe de la Croix?
Q. 07. Qu'est-ce qu'un mystère?
CHAPITRE II
La révélation divine.
Q. 12. Pouvons-nous connaître et démontrer Dieu par la lumière de la raison naturelle?
Q. 17. Pourquoi Dieu a-t-il daigné révéler aux hommes des vérités qui ne sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine?
Q. 18. Quelles preuves extérieures de sa révélation Dieu a-t-il voulu donner, pour que l'obéissance de notre foi fût conforme à la raison?
Q. 25. Qu’entendez-vous par Tradition?
CHAPITRE III
Le Symbole des Apôtres.
Ire Section. Le premier article du Symbole: la Première Personne de la Très Sainte Trinité et l'œuvre de la Création.
Art. I. UN SEUL DIEU EN TROIS PERSONNES.
Q. 36. Quelles sont les principales perfections ou attributs de Dieu?
Q. 37. Dieu est-il distinct du monde?
Q. 41. Pourquoi les trois Personnes divines ne sont-elles qu’un seul Dieu?
Art. 2. LA CRÉATION DU MONDE ET LA PROVIDENCE DIVINE.
Q. 46. Pourquoi Dieu a-t-il daigné créer toutes ces choses?
Q. 47. Dieu prend-il soin de toutes les choses créées?
Q. 48. Comment se nomme le soin que Dieu prend des créatures?
Q. 49. Pourquoi donc Dieu n'empêche-t-il pas le péché?
Q. 50. Pourquoi Dieu veut-Il ou permet-Il les maux physiques de toute sorte qui nous affligent en cette vie mortelle?
Art. 4. LA CRÉATION DE L’HOMME ET LE PÉCHÉ ORIGINEL.
Q. 59. Qu'est-ce-que l'homme?
Q. 60. Qu'est-ce qu'une âme raisonnable?
Q. 61. Pour quelle fin l'homme a-t-il été créé par Dieu?
Q. 62. En quoi consiste la vision béatifique de Dieu?
Q. 63. La vision béatifique de Dieu est-elle due à la nature ?
Q. 64. Quels furent les premiers parents du genre humain?
Q. 65. Comment Dieu a-t-il formé les premiers parents du genre humain?
Q. 66. En quel sens l'Ecriture Sainte dit-elle que Dieu fit l'homme à son image et à sa ressemblance?
Q. 67. Quelle différence y a-t-il, dans l'ordre naturel, entre la création des premiers parents et l'origine des autres hommes qui descendent d'eux par génération naturelle?
Q. 68. Quels sont les dons que Dieu accorda à nos premiers parents dans le paradis terrestre?
Q. 69. Dans quelle intention Dieu conféra-t-il à nos premiers parents la justice, la sainteté et les autres dons?
Q. 70. Quelle défense fit Dieu à nos premiers parents déjà constitués dans l'ordre surnaturel?
Q. 71. Nos premiers parents observèrent-ils la défense de Dieu?
Q. 72. Adam, par son péché, n'a-t-il pas nui aussi à ses descendants?
Q. 73. Comment Adam a-t-il transmis son péché à ses descendants?
Q. 74. Comment s'appelle ce péché transmis aux descendants d'Adam?
Q. 75. Quelqu'un a-t-il été préservé de la tache du péché originel?
Q. 76. Que signifie donc l'immaculée conception de la Bienheureuse Vierge Marie?
Q. 77. Quelle est la croyance de l'Église touchant le passage en l’autre vie de la Bienheureuse Vierge Marie?
Q. 78. Est-ce que Dieu abandonna le genre humain dans l'état de péché originel?
IIre Section. 2e à 7e article du Symbole: la Seconde Personne de la Très Sainte Trinité et l'œuvre de la Rédemption.
Art. 1. JÉSUS-CHRIST, SA DIVINITÉ.
Q. 82. Quels sont les principaux arguments qui nous pressent d'admettre la divinité de Jésus-Christ?
Art. 2. INCARNATION ET NAISSANCE DU FILS DE DIEU.
Q. 93. Pourquoi donc une simple créature n'aurait-elle pu offrir une satisfaction parfaite et adéquate pour le péché?
Art. 3. L'OEUVRE DE LA RÉDEMPTION DU GENRE HUMAIN.
Q. 100. Est-ce comme Dieu ou comme homme que Jésus-Christ a souffert et est mort?
Q. 102. Pour qui Jésus-Christ a-t-il souffert et est-il mort?
Q. 103. Tous les hommes sont-ils donc sauvés?
Q. 106. Qu'entendez-vous ici par ces mots : aux enfers?
Q. 107. Pourquoi Jésus-Christ est-II descendu dans les Limbes?
Art. 4. L'ASCENSION DE JÉSUS-CHRIST AU CIEL ET SON RETOUR À LA FIN DU MONDE POUR LE JUGEMENT GÉNÉRAL.
Q. 112. Que croyons-nous par le septième article du Symbole : D’où II viendra juger les vivants et les morts ?
Q. 113. Dans ce jugement général, quelle sera la sentence?
Q. 114. En dehors du jugement général qui aura lieu à la fin du monde, existe-t-il un autre jugement?
Q. 115. Pourquoi Dieu a-t-il voulu qu'il y eût un jugement général après le jugement particulier?
Q. 116. Pourquoi le pouvoir de juger le genre humain est-il attribué au Christ?
IIIe Section. Les cinq derniers articles du Symboles: la Troisième Personne de la Très Sainte Trinité et l'œuvre de notre sanctification, commencée sur cette terre par la grâce et achevée au ciel dans la gloire.
Art. 2. LA VRAIE ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST.
A. Institution et constitution de l'Église.
Q. 128. Qui est la véritable tête de l'Église?
Q. 134. Qu’entend-on par le corps de l’Église?
Q. 135. Qu’entend-on par l'âme de l’Église?
Q. 136. Pourquoi l'Église de Jésus-Christ est-elle appelée et est-elle la voie ou le moyen nécessaire du salut?
Q. 137. Comment l'Église instituée par Jésus-Christ se distingue-t-elle des autres Églises qui se disent chrétiennes?
C. Les Membres de l'Église.
Q. 162. Un adulte, qui meurt sans avoir reçu le Sacrement de Baptême, peut-il être sauvé?
Q. 163. Un adulte, qui a été validement baptisé et qui, sans faute de sa part, a été incorporé à une secte hérétique ou schismatique, peut-il être sauvé?
Q. 164. Que faut-il penser de ceux qui, sachant quelle est la véritable Église de Jésus-Christ demeurent volontairement en dehors d’elle?
Q. 165. À quoi sont tenus ceux qui sont en dehors de l’Église de Jésus-Christ, mais qui ont quelque doute à ce sujet?
Art 4. LA RÉMISSION DES PÉCHÉS.
Q. 178. Par quels moyens pouvons-nous obtenir dans l'Église la rémission de nos péchés?
Art. 5. LA RÉSURRECTION DES MORTS ET LA VIE ÉTERNELLE.
Q. 184. Que croyons-nous par le dernier article du Symbole: La vie éternelle ?
Q. 185. Que signifient ces mots : Ainsi soit-il, qui se trouvent à la fin du Symbole?
Q. 186. Suffit-il, pour parvenir à la vie éternelle, de croire les vérités imposées à notre foi?
CHAPITRE VII
La Grâce.
Q. 278. Qu'est-ce que la grâce?
Q. 279. Combien y a-t-il de sortes de grâce?
Q. 280. Qu'est-ce que la grâce habituelle?
Q. 281. La grâce habituelle est-elle nécessaire pour obtenir la vie éternelle?
Q. 282. Que méritons-nous par les bonnes œuvres que nous faisons, quand nous sommes justifiés par la grâce de Dieu et les mérites de Jésus-Christ?
Q. 283. Comment perd-on la grâce habituelle?
Q. 284. Comment recouvre-t-on la grâce habituelle?
Q. 285. Dans l'état de péché mortel peut-on faire quelques bonnes œuvres?
Q. 286. Qu'est-ce que la grâce actuelle?
Q. 287. La grâce actuelle nous est-elle nécessaire?
Q. 288. Dieu donne-t-il à tous les grâces dont ils ont besoin pour la vie éternelle?
Q. 289. Quels sont les principaux moyens d’obtenir la grâce de Dieu?
CHAPITRE VIII
La Prière.
Section I. — Notions générales.
Q. 290. Qu'est-ce que la prière?
Q. 291. Est-il nécessaire de prier?
Q. 292. Combien y a-t-il de sortes de prière?
Q. 293. Combien y a-t-il de prières vocales?
Q. 294. Que devons-nous principalement demander dans la prière?
Q. 295. Est-il permis de demander des biens temporels?
Q. 296. A qui la prière est-elle adressée?
Q. 297. A quelles conditions une prière est-elle efficace?
Q. 298. Pourquoi n'obtenons-nous pas toujours ce que nous demandons dans la prière?
Q. 299. Quelle est la prière la plus parfaite?
Section II. — L'Oraison Dominicale et la Salutation Angélique.
ARTICLE I. L’ORAISON DOMINICALE.
Q. 300. Pourquoi le Notre Père est-il appelé Oraison Dominicale?
Q. 301. Pourquoi l'Oraison Dominicale est-elle la plus parfaite des prières?
Q. 302. Qui invoquons-nous par les mots : Notre Père?
Q. 303. Pourquoi appelons-nous Dieu Notre Père?
Q. 304. Pourquoi disons-nous Notre Père plutôt que Mon Père?
Q. 305. Que voulons-nous dire par ces mots : Qui êtes aux Cieux?
Q. 306. Que demandons-nous dans la première demande : Que votre nom soit sanctifié?
Q. 307. Que demandons-nous dans la deuxième demande : Que votre règne arrive?
Q. 308. Comment pouvons-nous coopérer à l'avènement du règne de Dieu sur terre?
Q. 309. Que demandons-nous dans la troisième demande : Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel?
Q. 310. Que demandons-nous dans la quatrième demande : Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ?
Q. 311. Que demandons-nous dans la cinquième demande : Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés?
Q. 312. Que demandons-nous dans la sixième demande : Et ne nous laissez pas succomber à la tentation?
Q. 313. Pourquoi Dieu permet-il que nous soyons tentés?
Q. 314. Quels sont les remèdes les plus efficaces contre les tentations?
Q. 315. Que demandons-nous dans la septième demande : Mais délivrez-nous du mal ?
Q. 316. Que signifie l'expression : Ainsi soit-il, qui se trouve après la dernière demande?
ARTICLE II. LA SALUTATION ANGÉLIQUE.
Q. 317. Pourquoi a-t-on coutume d'ajouter à l'Oraison Dominicale la Salutation Angélique?
Q. 318. De qui sont ces paroles : Je vous salue, [Marie], pleine de grâce, vous êtes bénie entre toutes les femmes ?
Q. 319. Que faisons-nous, lorsque nous récitons la Salutation Angélique?
Q. 320. De qui sont ces paroles : Le fruit de votre sein est béni, et que signifient-elles?
Q. 321. De qui sont ces paroles : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort, et que nous font-elles demander?
Q. 322. La Sainte Vierge Marie, qui est Mère de Dieu, est-elle aussi notre Mère?
Q. 323. De quels avantages jouissent ceux qui honorent la Sainte Vierge Marie d'une tendre piété?
Q. 324. Quelle œuvre de piété l'Eglise recommandent-elle spécialement à l'égard de la Sainte Vierge ?
CHAPITRE IX
Les Sacrements.
Section I. — Notions générales.
Q. 335. Pourquoi appelle-t-on le Baptême et la Pénitence les sacrements des morts et tous les autres les sacrements des vivants?
Q. 337. Ne peut-on acquérir la grâce sanctifiante, c'est-à-dire la réconciliation avec Dieu, avant de recevoir un sacrement des morts?
Q. 338. Quel est ce vœu du sacrement?
Section II.
De chaque sacrement en particulier.
ARTICLE I. — LE SACREMENT DE BAPTÊME.
Q. 348. Qu'est-ce que le sacrement de Baptême?
Q. 349. Quelle est la matière et quelle est la forme du sacrement de Baptême?
Q. 350. Que signifie l'expression de l'Écriture sainte selon laquelle les Apôtres avaient donné le Baptême au nom du Christ?
Q. 351. Quel est le ministre du Baptême?
Q. 352. Qui peut conférer le Baptême en cas de nécessité?
Q. 353. Comment peut-on faire l'ablution requise pour la validité du Baptême?
Q. 354. Quand doit-on baptiser les enfants?
Q. 355. Dans quelles dispositions un adulte doit-il s'approcher du Baptême?
Q. 356. Qu'arrive-t-il, si un adulte reçoit le Baptême avec la conscience chargée d'un péché grave dont il n'a pas même l'attrition?
Q. 357. Le baptisé contracte-t-il des devoirs en vertu de son Baptême?
Q. 358. Le Baptême est-il nécessaire à tous pour être sauvé?
Q. 359. Qu'adviendra-t-il aux âmes de ceux qui seront morts sans Baptême, mais avec le seul péché originel?
Q. 360. Le Baptême peut-il être suppléé?
Q. 361. En quoi consiste le martyre, qui peut suppléer au Baptême?
Q. 362. Pourquoi impose-t-on au baptisé le nom d’un Saint?
CHAPITRE X
Les Vertus.
Q. 506. Qu'est-ce qu'une vertu?
Q. 507. Combien y a-t-il de sortes de vertus?
Section I.
Les vertus théologales.
ARTICLE I. — LES VERTUS THÉOLOGALES EN GÉNÉRAL.
Q. 508. Qu'est-ce qu'une vertu théologale?
Q. 509. Combien y a-t-il de vertus théologales?
Q. 510. Les vertus théologales peuvent-elles être acquises par des actes naturels?
Q. 511. Quand les vertus théologales sont-elles infusées en l'homme?
Q. 512. Les vertus théologales sont-elles nécessaires au salut?
Q. 513. Quelle est la vertu la plus haute parmi les vertus théologales?
Q. 514. Quand sommes-nous tenus de produire des actes de foi, d'espérance et de charité?
ART 2. — LES VERTUS THÉOLOGALES EN PARTICULIER.
A. La Foi.
Q. 515. Qu'est-ce que la foi?
Q. 516. Devons-nous croire à toutes les vérités révélées?
Q. 517. La foi peut-elle être contraire à la raison?
Q. 518. Pourquoi ne peut-il jamais y avoir de véritable désaccord entre la foi et la raison?
Q. 519. La foi et la raison peuvent-elles se prêter un appui mutuel?
Q. 520. Quand devons-nous professer extérieurement notre foi?
Q. 521. Comment manifestons-nous notre foi?
Q. 522. Comment perd-on la foi?
Q. 523. En dehors des apostats et des hérétiques, qui sont ceux qui pèchent contre la foi?
B. L'Espérance.
Q. 524. Qu'est-ce que l'espérance?
Q. 525. Comment manifestons-nous notre espérance?
Q. 526. Comment perd-on l'espérance?
Q. 527. Qu'est-ce que le désespoir?
Q. 528. Qu'est-ce que la présomption?
C. La Charité.
Q. 529. Qu'est-ce que la charité?
Q. 530. Comment devons-nous d'abord prouver à Dieu notre amour?
Q. 531. Comment en outre pouvons-nous prouver à Dieu notre amour?
Q. 532. Comment perd-on la charité envers Dieu?
Q. 533. Comment devons-nous nous aimer nous-même?
Q. 534. Comment devons-nous aimer le prochain?
Q. 535. Quelles sont les œuvres de miséricorde spirituelle?
Q. 536. Quelles sont les œuvres de miséricorde corporelle?
Q. 537. La charité dont nous devons aimer le prochain s'étend-elle même aux ennemis?
Section II.
Les vertus morales.
Q. 538. Qu est-ce qu'une vertu morale?
Q. 539. Combien peut-il y avoir de sortes d'actes d'une vertu morale, selon la fin qui les régit?
Q. 540. Combien y a-t-il de vertus morales principales et quelles sont-elles?
Q. 541. Pourquoi ces vertus sont-elles dites cardinales?
Q. 542. Quel est l'effet des vertus cardinales?
Section III.
Les Dons du Saint-Esprit.
Q. 543. Dans la justification, en même temps que la rémission des péchés et les vertus théologales, que reçoit l'homme?
Q. 544. Combien y a-t-il de dons du Saint-Esprit?
Q. 545. Pourquoi ces dons sont-ils infusés?
Q. 546. Quel secours nous procurent les dons du Saint-Esprit?
Section IV.
Les Béatitudes évangéliques et les fruits du Saint-Esprit.
Q. 547. Quels sont les effets des vertus théologales et des dons du Saint-Esprit?
Q. 548. Qu'est-ce que les béatitudes évangéliques?
Q. 549. Pourquoi Jésus-Christ appelle-t-il heureux ceux qui ont ces dispositions d'esprit?
Q. 550. Qui sont les pauvres en esprit qui sont dits heureux?
Q. 551. Qui sont les doux?
Q. 552. Qui sont ceux qui pleurent et sont cependant heureux?
Q. 553. Qui sont ceux qui ont faim et soif de justice ?
Q. 554. Qui sont les miséricordieux ?
Q. 555. Qui sont ceux qui ont le cœur pur?
Q. 556. Qui sont les pacifiques?
Q. 557. Qui sont ceux qui souffrent persécution pour la justice ?
Q. 558. Combien y a-t-il de fruits du Saint-Esprit et quels sont-ils?
CHAPITRE XI
Les péchés actuels ou personnels.
Q. 559. Que fait celui qui viole la loi de Dieu malgré la grâce qu'il accorde toujours pour le salut?
Q. 560. Qu'est-ce donc que le péché actuel?
Q. 561. De combien de façons le péché actuel peut-il être commis?
Q. 562. Que naît-il de la répétition du même péché actuel?
Q. 563. Comment se divise le péché actuel?
Q. 564. Qu'est-ce qu’un péché mortel?
Q. 565. Pourquoi ce péché est-il dit mortel?
Q. 566. Qu'est-ce que le péché véniel?
Q. 567. Pourquoi ce péché est-il dit véniel?
Q. 568. Quels sont les principaux effets du péché véniel?
Q. 569. Les péchés, soit véniels, soit mortels, sont-ils tous égaux entre eux?
Q. 570. Quels péchés mortels sont les plus graves de leur nature?
Q. 571. Quels sont les péchés contre le Saint-Esprit?
Q. 572. Pourquoi les appelle-t-on péchés contre le Saint-Esprit?
Q. 573. Quels sont les péchés contre le prochain, qui crient vers Dieu?
Q. 574. Pourquoi dit-on que ces péchés crient vers Dieu?
Q. 575. Quels sont les péchés capitaux?
Q. 576. Pourquoi ces péchés sont-ils appelés capitaux?
Q. 577. Quelles sont les vertus opposées aux péchés capitaux?
Q. 578. En plus du péché, devons-nous fuir les occasions du péché?
Q. 579. Peut-il arriver que nous ayons à rendre compte à Dieu des péchés d'autrui?
CHAPITRE XII
Les Fins Dernières.
Q. 580. Que Dieu nous propose-t-il dans la Sainte Écriture comme moyen très efficace d’éviter le péché?
Q. 581. Qu’entend-on par ces mots : fins dernières?
Q. 582. Quelles réflexions devons-nous surtout faire à propos de la mort?
Q. 583. Qu'arrive-t-il d’abord à l’âme après la mort?
Q. 584. Sur quoi l’âme est-elle jugée dans le jugement particulier?
Q. 585. Après le jugement particulier, qu’adviendra-t-il de l’âme?
Q. 586. Quel sera l'état des damnés dans l'Enfer?
Q. 587. Quelles sont les peines dont les damnés sont affligés en Enfer?
Q. 588. Les peines des damnés sont-elles les mêmes pour tous?
Q. 589. Quel sera l'état de l'âme au Purgatoire?
Q. 590. De quelles peines l'âme est-elle punie au Purgatoire?
Q. 591. Les peines des âmes au Purgatoire sont-elles les mêmes pour toutes?
Q. 592. Le Purgatoire cessera-t-il après le jugement général?
Q. 593. Quel sera l'état des âmes des justes en Paradis?
Q. 594. Tous les bienheureux du Paradis jouissent-ils également de la béatitude éternelle?
Q. 595. Quelle est la raison de cette différence?
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 2. Qui peut se dire chrétien, et l'est en effet?
R. Celui-là peut se dire chrétien et l’est en effet, qui a reçu le sacrement de Baptême, car ce sacrement est la porte de l’Église du Christ. (1)
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(1) Conc. de Florence, Décr. aux Arméniens;
— Concile de Trente, sess. VI, can. 28;
— Benoît XV, Encycl. Ad beatissimi, 1er nov. 1914 :« Tel est le principe et la nature de la foi catholique, qu’on ne peut rien lui ajouter, rien en retrancher; on la tient tout entière, ou on la rejette tout entière. Telle est la foi catholique : qui ne s'y attache fidèlement et fermement ne pourra être sauvé (Symbole de saint Athanasse). Il n’est donc pas besoin de multiplier les épithètes pour signifier que l'on fait profession de foi catholique. Il suffit que chacun puisse déclarer : « Chrétien est mon prénom, catholique, mon nom »; (Saint Pacien, Epist. prima; P. L. (Patrologie latine), 13, 1055). Il faut d’ailleurs qu’on s’efforce de mériter le nom qu’on s’est attribué.
(Acta Apostolicae Sedis, VI, 577).
— Code Droit can. can. 87.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 4. Quelle est le signe extérieur du chrétien?
R. Le signe extérieur du chrétien est le signe de la Croix.
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Saint Augustin, In Joannis Evangelium tractatus, CXVIII, 5 :
« Quel est le signe en lequel tous reconnaissent le signe du Christ, si ce n’est la croix du Christ ? Si l'on ne fait ce signe sur le front des croyants, ou sur l’eau d’où ils sortent régénérés, ou sur l’huile qui servira à leur onction par le chrême, ou sur le sacrifice qui les nourrit, rien de tout cela n’est vraiment accompli ». (P. L., 35, 1950. — R. J., 1844).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 5. Comment fait-on le signe de la Croix?
R. On fait le signe de la Croix en portant la main droite au front en disant : Au nom du Père; puis à la poitrine, en ajoutant : et du Fils;enfin de l'épaule gauche à l’épaule droite, en disant : et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il (2).
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(2) Là où l'on a l’habitude de faire autrement le signe de la Croix, on peut conserver la coutume approuvée.
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Innocent III, De sacro Altaris mysterio, II, 45 :
« On doit faire le signe de la Croix avec trois doigts, parce qu’on le fait en invoquant la Trinité... en allant de haut en bas et de droite à gauche... Cependant certains font le signe de la Croix de gauche à droite... surtout afin de le faire sur eux et sur les autres d’un seul et même mouvement ». (P. L., 217, 825).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 7. Qu'est-ce qu'un mystère?
R. Un mystère est une vérité qui, par sa nature, dépasse à tel point l’intelligence créée qu’on ne peut la connaître sans révélation divine (3).
(3) Saint Paul, 1re Ep. aux Cor., II, 6-13; Concile du Vatican, Const. Dei Filius, chap. 4; Pie IX, Lettre Tuas libenter, à l'Archev. de Munich et Freising, 21 déc. 1863. — Les incrédules et les adversaires du catholicisme, qui rejettent tous les mystères de l’ordre surnaturel, se font illusion, car, dans l’ordre naturel lui-même, ils sont forcés d’admettre bien des choses que l’esprit humain, en sa faiblesse, ne peut aucunement expliquer ou qu’il ne peut qu’imparfaitement expliquer.
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Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. 4 :
a) A côté de ce que la raison naturelle peut atteindre, on propose à notre foi des mystères cachés en Dieu, qui ne peuvent être connus que car une révélation divine... Par leur nature, les divins mystères dépassent tellement l'intelligence créée que, même livrés par la révélation et reçus par la foi, ils demeurent couverts du voile de cette foi même et enveloppés comme d'une sorte de brouillard, tant que nous voyageons loin du Seigneur en cette vie mortelle ». (D.-B., 1795,1796).
Pie IX, Lettre Tuas libenter, du 21 décembre 1863, à l'archevêque de Munich et Freising.
b) « Nous ne voulons pas douter que les hommes de cette assemblée, reconnaissant et professant la vérité qu'on a rappelée, ne veuillent aussitôt rejeter et réprouver entièrement cette manière toute récente de philosopher qui, si elle admet la révélation divine comme un fait historique, soumet cependant aux recherches de la raison humaine les ineffables vérités proposées par cette même révélation divine; comme si ces vérités étaient soumises à la raison ou que la raison pût, par ses propres forces et en vertu de ses principes, acquérir l'intelligence et la science de toutes les vérités et de tous les mystères surnaturels de notre très sainte foi; car ceux-ci dépassent tellement la raison humaine qu'elle ne deviendra jamais capable de les comprendre ou de les démontrer par ses propres forces et en partant de ses principes naturels ».
(Acta Pii IX, p. I, III, 641. — D. B., 1682).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 12. Pouvons-nous connaître et démontrer Dieu par la lumière de la raison naturelle?
R. Oui, par la lumière de la raison naturelle, nous pouvons connaître avec certitude et démontrer, en partant des choses créées, le Dieu unique et véritable, principe et fin de toutes choses, notre créateur et seigneur; nous le pouvons en remontant des créatures au créateur, de l’effet à sa cause (2).
(2) Sag., XIII, 1-5; saint Paul, Ep. aux Rom., I, 20; Conc. du Vat. , l. c, ch. 2 et canon I, de Revelatione; Pie X, Motu proprioSacrorum Antistitum, 1 sept.1910; saint Irénée, Adv. hæreses, II, 9, I; saint Augustin, Sermon 141, 2.
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Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, chap. 2 :
a) « La sainte Église, notre mère, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine au moyen des choses créées; en effet ses perfections invisibles sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l'intelligence par le moyen de ses œuvres (Epître aux Romains, I, 20); que néanmoins il a plu à la sagesse et à la bonté [de Dieu] de se révéler lui-même au genre humain et de lui révéler aussi les éternels décrets de sa volonté, par une autre voie, surnaturelle celle-là. C'est ce que dit l'Apôtre : Après avoir parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, pour la dernière fois Dieu nous a parlé de nos jours par son Fils ». (Epître aux Hébreux, I, et suiv.). (D.-B., 1785).
Le même Concile, dans la même constitution, can. I, De revelatione :
b) « Si quelqu'un dit que Dieu un et véritable, créateur et notre Seigneur, ne peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine, au moyen de ses effets : qu'il soit anathème ». (D.-B., 1806).
Pie X, Dans le motu proprio Sacrorum Antistitum, du Ier septembre 1910, Serment anti-moderniste :
c) « Moi... j'embrasse fermement et j'admets toutes et chacune des choses qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l'Église, surtout les chefs de doctrine qui s'opposent directement aux erreurs de ce temps. Et tout d'abord : je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude et même démontré, à la lumière de la raison naturelle, par les choses qui ont été faites (Epître aux Romains, 1, 20), c'est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme une cause [peut être connue avec certitude et démontrée] par ses effets ». (Acta Apostolicae Sedis, II, 669; D.-B., 2145).
Saint Irénée, Adv. hæreses II, 9, I :
d) « L'état même [du monde] découvre celui qui l'a établi; et sa façon même révèle celui qui l'a fait; et le monde manifeste celui qui l'a organisé. L'Église tout entière, dans tout l'univers, a reçu des Apôtres cet enseignement ». (P. G. (Patrologie Grecque), 7, 734; R- L, 198).
Saint Augutin, Sermon 141, 2 :
e) « D'où ces impies (Epître aux Romains, I, 18) tiennent-ils la vérité ? Dieu aurait-il parlé à l'un d'eux ? Auraient-ils reçu la loi, comme le peuple israélite l'a reçue par Moïse? D'où tiennent-ils donc cette vérité, qu'ils possèdent au milieu de leur iniquité? — Ecoutez la suite, elle vous l'apprendra. Tout ce que l'on peut connaître de Dieu, dit saint Paul, leur est clairement montré, car Dieu le leur a montré (ibid., 19). Il l'a montré à ceux à qui il n'a pas donné de loi ? Écoutez comment : car ses perfections cachées se découvrent à l'intelligence par ses œuvres (ibid., 20). Interrogez le monde, la parure du ciel, l'éclat et l'ordre des astres... interrogez toutes les créatures et voyez si elles ne vous répondront pas, chacune à sa manière : c'est Dieu qui nous a faites. Voilà ce que les grands philosophes ont cherché, et à l'œuvre ils ont connu l'ouvrier ». (P. L., 38, 776 — R. J., 1508).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 17. Pourquoi Dieu a-t-il daigné révéler aux hommes des vérités qui ne sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine?
R. Dieu a daigné révéler aux hommes des vérités qui ne sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine, pour que, même dans la condition actuelle du genre humain, ces vérités puissent être connues de tous facilement, en pleine certitude et sans mélange d’erreur.(1)
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(1) Concile du Vatican, l. c.
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Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. 2 :
« C'est à cette révélation divine que tous les hommes doivent de pouvoir, même dans l’état présent du genre humain, connaître promptement, d’une absolue certitude et sans aucun mélange d'erreur, celles des choses divines qui ne sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine ». (D.-B., 1786).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 18. Quelles preuves extérieures de sa révélation Dieu a-t-il voulu donner, pour que l'obéissance de notre foi fût conforme à la raison?
R. Pour que l’obéissance de notre foi fût conforme à la raison, Dieu a voulu joindre aux secours intérieurs de sa grâce des preuves extérieures de sa révélation : ce sont des faits divins, en particulier les miracles et les prophéties, qui, en montrant clairement la toute puissance et la science infinie de Dieu, constituent des signes très sûrs de la révélation divine, à la portée de toutes les intelligences (2).
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(2) Isaïe, XLI, 23; saint Jean, X, 25, 37, 38; XV, 24; 2e Ep. de saint Pierre, I, 19; Concile du Vatican, l. c.chap. 3; Origène, Contre Celse, VI, 10.
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Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. 3 :
a) « Néanmoins, afin que l’hommage de notre foi fût d’accord avec la raison, Dieu a voulu joindre aux secours intérieurs du Saint-Esprit les preuves extérieures de sa Révélation, à savoir les faits divins, et surtout les miracles et les prophéties, qui, en montrant abondamment la toute-puissance et la science infinie de Dieu, sont de la Révélation divine des signes très certains et appropriés à l’intelligence de tous ». (D.-B., 1790).
Origène, Contra Celsum, VI, 10 :
b) « C’est la marque propre de la divinité de révéler l’avenir d’une façon qui dépasse les forces humaines et qui, à l’événement, fasse reconnaître l’Esprit divin pour l’auteur de la prédiction ». (P. G., II, 1305. — R.-J., 530)
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 25. Qu’entendez-vous par Tradition?
R. Par Tradition, j’entends l’ensemble des vérités révélées que les Apôtres ont reçues de la bouche du Christ lui-même ou de la dictée du Saint-Esprit, vérités qui, transmises pour ainsi dire de la main à la main et conservées dans l’Église catholique par une succession continue, sont ainsi parvenues jusqu’à nous (2).
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(2) Saint Matthieu, XXVIII, 19, 20; saint Jean, XIV, 26; XVI, 13; XX, 30; XXI, 25; Actes, I, 3; saint Paul, 2e Ép. aux Thess., II, 15; Concile de Trente, l. c. ; Concile du Vatican, l. c.
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Concile de Trente, session IV, Décret de canonicis Scripturis :
a) « Le saint Concile de Trente, œcuménique et général..., ayant toujours devant les yeux le propos de conserver dans l'Église, en supprimant les erreurs, la pureté même de l’Évangile, qui, après avoir été promis d’abord par les prophètes dans les saintes Écritures, a été ensuite publié, premièrement par la propre bouche de Notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, puis par ses Apôtres auxquels II a ordonné de le prêcher à toute créature (saint Matthieu, XXVIII, 19 et suiv.; saint Marc, XVI, 15) comme la source de toute vérité touchant au salut et de toute discipline morale; et considérant que cette vérité et cette discipline sont contenues dans les livres écrits et les traditions non écrites qui, reçues par les Apôtres de la bouche du Christ lui-même, ou livrées par les Apôtres eux-mêmes sous la dictée du Saint-Esprit, comme de main en main, sont parvenues jusqu’à nous; docile aux exemples des Pères orthodoxes, [le Concile] reçoit et vénère, avec une pareille piété et un égal respect, tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, puisque le même Dieu est auteur de l’un et l’autre, ainsi que ces traditions touchant soit à la foi soit aux mœurs, comme venant de la bouche du Christ, ou dictées par l’Esprit-Saint, et conservées dans l’Eglise catholique par une succession ininterrompue.
« Et afin qu’il ne puisse s’élever aucun doute pour personne, sur la question de savoir quels sont les livres saints que le Concile lui-même reçoit, il a voulu que le catalogue en fût joint à ce décret.
« Le voici :
« Ancien Testament : les cinq livres de Moïse, c’est-à-dire la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome; Josué, les Juges, Ruth, les quatre livres des Rois, les deux livres des Paralipomènes, le premier livre d’Esdras, et le second dit de Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Job, le Psautier de David [composé] de cent cinquante psaumes, les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Isaïe, Jérémie et Baruch, Ezéchiel, Daniel, les douze petits Prophètes, c’est-à-dire Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie; deux livres des Machabées, le premier et le second.
« Nouveau Testament : les quatre Évangiles, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean; les Actes des Apôtres écrits par Luc l'Évangéliste; quatorze Épîtres de l'Apôtre Paul, une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, aux Ephésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, à Philémon, aux Hébreux; deux épîtres de l’Apôtre Pierre, trois de l’Apôtre Jean, une de l’Apôtre Jacques, une de l’Apôtre Jude, et l’Apocalypse de l'Apôtre Jean.
« Si quelqu'un ne reçoit pas pour sacrés et canoniques ces livres entiers avec toutes leurs parties, tels qu’on a coutume de les lire dans l’Eglise catholique, et tels qu’ils sont dans l’ancienne édition de la Vulgate latine, et méprise sciemment et délibérément les traditions susdites : qu’il soit anathème». (D.-B.,783, 784).
Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. 2 :
b) « Or cette révélation surnaturelle selon la foi de l'Église universelle qui a été proclamée par le saint Concile de Trente, est contenue « dans les livres écrits et dans les traditions non écrites, qui, reçues par les Apôtres de la bouche du Christ lui-même, ou livrées par les Apôtres eux-mêmes, sous la dictée du Saint-Esprit, comme de main en main, sont parvenues jusqu’à nous ». Ces livres de l’Ancien et du Nouveau Testament doivent être reçus comme sacrés et canoniques, en entier, avec toutes leurs parties, tels qu’ils sont énumérés dans le décret du même Concile et contenus dans l’ancienne édition de la Vulgate latine. L’Église les tient pour sacrés et canoniques, non point parce qu’après avoir été composés par la seule industrie humaine, ils ont été ensuite approuvés par son autorité; ni pour ce seul motif qu’ils renferment la révélation sans erreur; mais parce qu’écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur et ont été confiés comme tels à l’Église elle-même ». (D.-B., 1787).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 36. Quelles sont les principales perfections ou attributs de Dieu?
R. Voici les principales perfections ou attributs de Dieu :
1° Dieu est étemel, car II n’a et ne peut avoir ni commencement, ni fin, ni succession.
2° Dieu sait tout, car II voit tout, même l’avenir qui dépend de l’action libre des créatures, même les sentiments du cœur et les secrètes pensées de l’esprit.
3° Dieu est immense, car II est au ciel, sur la terre et en tous lieux qui existent ou peuvent exister.
4° Dieu est juste, car II rend à chacun selon ses mérites, soit en cette vie, soit, de façon certaine, en l’autre.
5° Dieu est bon, car II a créé, conserve et dispose toutes choses par sa bonté, sa puissance et sa sagesse infinies; les biens dont nous jouissons viennent de Lui et II écoute avec faveur les prières de ceux qui Le supplient.
6° Dieu est miséricordieux, car II veut que tous les hommes soient sauvés; c’est pourquoi II les a rachetés de l’esclavage du démon, Il accorde à chacun les moyens nécessaires au salut, et II ne veut pas « la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (1).
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(1) Psaume VII, 10; XXXVII, 10; XLIII, 22; CXXXVIII, 1-12; saint Jean, IV, 24; Actes, XVIII, 25; saint Paul, Ire Ep. à Tim., I,17; Apoc, I, 8; IV, 8, 11; 4e Concile de Latran, chap. I; Concile du Vatican, Const. Dei Filius, chap. I; saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse IV, 5.
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IVe Concile de Latran (1215), ch. 1 :
a) « Nous croyons fermement et nous confessons, sans nulle réserve, qu’il y a un seul vrai Dieu, éternel, immense et immuable, incompréhensible, tout-puissant et ineffable, Père et Fils et Esprit-Saint : trois Personnes, mais une seule essence, substance ou nature absolument simple : le Père [ne dépendant] de personne, le Fils du Père seul, et le Saint-Esprit également de l’un et de l’autre; sans commencement, toujours et sans fin; le Père engendrant, le Fils naissant et le Saint-Esprit procédant; consubstantiels, égaux, également tout-puissants, coéternels; seul principe universel; créateur de toutes les choses visibles et invisibles, spirituelles et corporelles : qui, par sa toute puissance, au commencement du temps, fit les deux créations, spirituelle et corporelle, celle des anges et celle du monde; puis celle de l’homme, comme constitué à la fois d’esprit et de corps. Car le diable et les autres démons ont été créés bons par Dieu dans leur nature, mais sont devenus mauvais par leur propre faute. Quant à l’homme, c’est sur la suggestion du diable qu’il a péché.
« Cette Sainte Trinité, indivise selon sa commune essence, et différenciée selon les propriétés des personnes, d’abord par Moïse et les saints Prophètes, et par ses autres serviteurs, selon une très harmonieuse distribution des temps, livra au genre humain l'enseignement nécessaire à son salut ».(Mansi, XXII, 982 et suiv. — D.-B., 428).
Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. I :
b) « La sainte Église catholique, apostolique, Romaine croit et confesse qu'il y a un seul Dieu vrai et vivant, créateur et Seigneur du ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence, en volonté, et en toute perfection; qui, étant une substance spirituelle unique par nature, absolument simple et immuable, doit être prêché comme distinct du monde réellement et par essence bienheureux en soi et de soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui.
« Ce seul vrai Dieu, par sa bonté et sa force toute puissante, non pour augmenter sa béatitude, non pour acquérir sa perfection, mais pour la manifester par les biens qu'il accorde aux créatures, et par un dessein absolument libre, a formé de rien, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde, et ensuite la créature humaine, comme réunissant l’esprit et le corps dans sa constitution.
« Dieu, par sa Providence, conserve et gouverne tout ce qu’il a créé, atteignant avec force d’une extrémité jusqu’à l'autre et disposant tout avec douceur (Sagesse, VIII, I). Tout, en effet, est nu et à découvert devant ses yeux (Epître aux Hébreux, V, 3), même ce qui doit se produire par la libre action des créatures ». (D.-B., 1782-1784).
Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, IV, 5 :
c) « Le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ n’est circonscrit dans aucun lieu, et il n’est pas plus petit que le ciel : au contraire, les cieux sont l’œuvre de ses doigts et toute la terre tient dans sa main fermée ; il est en tout et hors de tout... Il connaît l’avenir, il est plus puissant que tout, il sait tout et agit comme il veut, n’étant pas soumis aux enchaînements de circonstances, ni à la naissance, ni au hasard, ni à une destinée nécessaire. Il est parfait en tout et possédant également l’exemplaire de toute vertu. Il ne diminue ni n’augmente, mais il est toujours le même de la même façon; il prépare le châtiment pour les pécheurs et la couronne pour les justes ». (P. G., 33, 460. — R. J., 815).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 37. Dieu est-il distinct du monde?
R. Oui, Dieu est réellement et essentiellement distinct du monde, et II est infiniment au-dessus de tout ce qui existe ou peut être conçu en dehors de Lui (2).
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(2) Act., XVII, 24, 25; saint Paul, Ép. aux Hébreux, I, 10-12; Concile du Vatican, l. c.
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Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. I :
« La sainte Église catholique, apostolique, Romaine croit et confesse qu'il y a un seul Dieu vrai et vivant, créateur et Seigneur du ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence, en volonté, et en toute perfection; qui, étant une substance spirituelle unique par nature, absolument simple et immuable, doit être prêché comme distinct du monde réellement et par essence bienheureux en soi et de soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui.
« Ce seul vrai Dieu, par sa bonté et sa force toute puissante, non pour augmenter sa béatitude, non pour acquérir sa perfection, mais pour la manifester par les biens qu'il accorde aux créatures, et par un dessein absolument libre, a formé de rien, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde, et ensuite la créature humaine, comme réunissant l’esprit et le corps dans sa constitution.
« Dieu, par sa Providence, conserve et gouverne tout ce qu’il a créé, atteignant avec force d’une extrémité jusqu’à l'autre et disposant tout avec douceur (Sagesse, VIII, I). Tout, en effet, est nu et à découvert devant ses yeux (Epître aux Hébreux, V, 3), même ce qui doit se produire par la libre action des créatures ». (D.-B., 1782-1784).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 41. Pourquoi les trois Personnes divines ne sont-elles qu’un seul Dieu?
R. Les trois Personnes divines ne sont qu’un seul Dieu parce qu’elles sont consubstantielles, c’est-à-dire qu’elles n’ont qu’une seule et même nature divine, et par suite les mêmes perfections ou attributs et les mêmes œuvres ad extra (1).
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(1) Concile de Latran, tenu sous saint Martin Ier canon I; saint Fulgence, De fide, 4; saint Ephrem, Hymnus de defunctis et Trinitate, 11-12; saint Grégoire de Nazianze, Oratio XXXIII, 16; Catéchisme du Conc. de Trente, p. I, ch. IV, n. 3. Les œuvres de Dieu ad extra sont ce que Dieu produit hors de soi dans l'ordre naturel ou surnaturel; on les nomme ainsi pour les distinguer des actes immanents à Dieu qui constituent sa vie intime.
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Concile de Latran (649), sous saint Martin Ier; Contre les Monothélites, can, I ;
a) « Si quelqu’un selon la doctrine des saints Pères ne confesse pas proprement et véritablement que le Père et le Fils et l’Esprit-Saint est Trinité dans l’unité et unité dans la Trinité, c’est-à-dire est un seul Dieu en trois subsistances (*) consubstantielles et de gloire égale; pour les trois, une seule et même déité, nature, substance, vertu, puissance, règne, empire, volonté, opération incréée, sans commencement, incompréhensible, immuable, créatrice et protectrice de toutes choses, qu’il soit condamné ». (Mansi, X, 1151. — D.-B., 254),
Saint Fulgence, De fide, 4:
b) « Parce que, en ce vrai Dieu unique et Trinité, il est vrai de par sa nature non seulement qu’il est un seul Dieu, mais encore qu’il est Trinité, ce vrai Dieu est Trinité dans ses personnes et un dans sa nature une. Par cette unité de nature, le Père tout entier est dans le Fils et dans l’Esprit-Saint, et le Fils tout entier est dans le Père et dans l’Esprit-Saint, et l’Esprit-Saint tout entier est dans le Père et dans le Fils. Aucun d’eux n’est hors d’aucun d’eux, parce qu’aucun n’en précède un autre par l’éternité, n’en dépasse un autre en grandeur ou n’en domine un autre en puissance » . (P.L., 65, 673-74. — R. J.,2261).
Saint Ephrem, Hymnus de defunctis et Trinitate, 11-12.
c) « Le Père engendrant, le Fils engendré de son sein, le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils; le Père auteur qui a fait le monde de rien; le Fils créateur qui a tout créé de concert avec celui qui l’a engendré.
« L’Esprit-Saint consolateur et miséricordieux, par qui est achevé tout ce qui fut et sera et est; le Père esprit, le Fils verbe, l’Esprit voix, trois noms, une seule volonté, une seule puissance ».
(Lamy, S. Ephr. hymni et serm., III, 242 et suiv. — R. J., 714).
Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XXXIII, 16 :
d) « Eux [les fidèles] adorent le Père et le Fils et le Saint-Esprit, déité unique : Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu... l’Esprit-Saint, une seule nature en trois [personnes caractérisées par leurs] propriétés, intelligentes, parfaites, subsistantes par soi, distinctes en nombre, mais non distinctes en divinité ». (P. G., 36, 236. — R. J., 999).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 46. Pourquoi Dieu a-t-il daigné créer toutes ces choses?
R. Dieu, dans sa bonté et sa toute-puissance, a daigné créer toutes ces choses, non pas pour accroître sa béatitude, ni pour l’acquérir, mais pour manifester sa perfection par les biens qu’il donne aux créatures (1).
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(1) Genèse, I, I; Psaume CXXXIV, 6; saint Paul, Ep. aux Hébreux, 1,10; 4e Concile de Latran, chap. I; Concile du Vatican, Const. Dei Filius, chap. I; Catéchisme du Conc. de Trente, p. I, chap. II, n. 20.
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IVe Concile de Latran (1215), ch. 1 :
a) « Nous croyons fermement et nous confessons, sans nulle réserve, qu’il y a un seul vrai Dieu, éternel, immense et immuable, incompréhensible, tout-puissant et ineffable, Père et Fils et Esprit-Saint : trois Personnes, mais une seule essence, substance ou nature absolument simple : le Père [ne dépendant] de personne, le Fils du Père seul, et le Saint-Esprit également de l’un et de l’autre; sans commencement, toujours et sans fin; le Père engendrant, le Fils naissant et le Saint-Esprit procédant; consubstantiels, égaux, également tout-puissants, coéternels; seul principe universel; créateur de toutes les choses visibles et invisibles, spirituelles et corporelles : qui, par sa toute puissance, au commencement du temps, fit les deux créations, spirituelle et corporelle, celle des anges et celle du monde; puis celle de l’homme, comme constitué à la fois d’esprit et de corps. Car le diable et les autres démons ont été créés bons par Dieu dans leur nature, mais sont devenus mauvais par leur propre faute. Quant à l’homme, c’est sur la suggestion du diable qu’il a péché.
« Cette Sainte Trinité, indivise selon sa commune essence, et différenciée selon les propriétés des personnes, d’abord par Moïse et les saints Prophètes, et par ses autres serviteurs, selon une très harmonieuse distribution des temps, livra au genre humain l'enseignement nécessaire à son salut». (Mansi, XXII, 982 et suiv. — D.-B., 428).
Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. I :
b) « La sainte Église catholique, apostolique, Romaine croit et confesse qu'il y a un seul Dieu vrai et vivant, créateur et Seigneur du ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence, en volonté, et en toute perfection; qui, étant une substance spirituelle unique par nature, absolument simple et immuable, doit être prêché comme distinct du monde réellement et par essence bienheureux en soi et de soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui.
« Ce seul vrai Dieu, par sa bonté et sa force toute puissante, non pour augmenter sa béatitude, non pour acquérir sa perfection, mais pour la manifester par les biens qu'il accorde aux créatures, et par un dessein absolument libre, a formé de rien, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde, et ensuite la créature humaine, comme réunissant l’esprit et le corps dans sa constitution.
« Dieu, par sa Providence, conserve et gouverne tout ce qu’il a créé, atteignant avec force d’une extrémité jusqu’à l'autre et disposant tout avec douceur (Sagesse, VIII, I). Tout, en effet, est nu et à découvert devant ses yeux (Epître aux Hébreux, V, 3), même ce qui doit se produire par la libre action des créatures ». (D.-B., 1782-1784).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 47. Dieu prend-Il soin de toutes les choses créées?
R. Oui, Dieu prend soin de toutes les choses créées, car II les conserve positivement, les garde, — sans quoi elles retomberaient aussitôt dans le néant, — et II les gouverne de telle sorte que rien n’arrive et ne peut arriver sans la volonté ou la permission de Dieu (2).
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(2) Sagesse, XI, 26; saint Matthieu, VI, 30; saint Luc, XII, 6, 7; Actes, XVII, 25; saint Paul, Ep. aux Romains, VIII, 30; Ep. aux Hébreux, I, 3; Concile du Vatican, l. c;Catéch. du Conc. de Trente, l. c, n. 21, 22.
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Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, ch. I :
b) « La sainte Église catholique, apostolique, Romaine croit et confesse qu'il y a un seul Dieu vrai et vivant, créateur et Seigneur du ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence, en volonté, et en toute perfection; qui, étant une substance spirituelle unique par nature, absolument simple et immuable, doit être prêché comme distinct du monde réellement et par essence bienheureux en soi et de soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui.
« Ce seul vrai Dieu, par sa bonté et sa force toute puissante, non pour augmenter sa béatitude, non pour acquérir sa perfection, mais pour la manifester par les biens qu'il accorde aux créatures, et par un dessein absolument libre, a formé de rien, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde, et ensuite la créature humaine, comme réunissant l’esprit et le corps dans sa constitution.
« Dieu, par sa Providence, conserve et gouverne tout ce qu’il a créé, atteignant avec force d’une extrémité jusqu’à l'autre et disposant tout avec douceur (Sagesse, VIII, I). Tout, en effet, est nu et à découvert devant ses yeux (Epître aux Hébreux, V, 3), même ce qui doit se produire par la libre action des créatures ». (D.-B., 1782-1784).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 48. Comment se nomme le soin que Dieu prend des créatures?
R. Le soin que Dieu prend des créatures se nomme la Providence divine (3).
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(3) Saint Jean Chrysostome, Contra Anomoeos, XII, 4.
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Saint Jean Chrysostome, Contra Anomoeos, XII, 4 :
« Non seulement [Dieu] a produit la créature, mais, une fois produite, il la garde et la protège; qu’il s’agisse des anges ou des archanges ou des puissances supérieures ou de n’importe quelle créature sans exception, visible ou invisible : toutes jouissent de sa Providence. Et, si elles viennent à être séparées de sa vertu efficace, elles tombent, elles se défont, elles périssent ». (P. G., 48, 810. — R.J., 1134).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 49. Pourquoi donc Dieu n'empêche-t-il pas le péché?
R. Dieu n’empêche pas le péché, parce qu’Il a donné à l’homme la liberté avec le secours de la grâce, afin qu’il fût lui-même l’auteur ou de son bonheur ou de sa perte, selon qu’il coopérerait ou résisterait à la grâce; mais Dieu sait à merveille tirer le bien de l’abus même de cette liberté, en sorte que sa justice et sa miséricorde éclatent partout et toujours (1).
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(1) Saint Augustin, De spiritu et littera, 58.
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Saint Augustin, De spiritu et littera, 58.
« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (Ire Epître à Timothée, II, 4); non pas cependant qu’il leur enlève leur libre arbitre, car, selon qu’ils en auront bien ou mal usé, ils seront jugés avec une parfaite justice. Cela étant, les infidèles agissent contre la volonté de Dieu, lorsqu’ils ne croient pas à son évangile; mais ils n’en sont pas vainqueurs pour cela : c’est eux-mêmes qu’ils frustrent d’un grand et suprême bien et qu’ils condamnent à de rudes châtiments, car ils éprouveront dans les supplices la puissance de celui dont ils ont méprisé la miséricorde en refusant ses dons ». (P.L., 44, 238. — R-J. 1735).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 50. Pourquoi Dieu veut-Il ou permet-Il les maux physiques de toute sorte qui nous affligent en cette vie mortelle?
R. Dieu veut ou permet les maux physiques de toute sorte qui nous affligent en cette vie mortelle, pour punir le péché, ou pour convertir les pécheurs, ou bien pour éprouver les justes et leur faire mériter des récompenses éternelles, ou enfin en vue d’un plus grand bien (2).
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(2) Genèse, III, 16-19; Tobie, II, 12; Job, II, 6, 7; saint Jean, IX, 3; saint Ephrem, Carmina Nisibena, III, 8,10; saint Thomas, p. Ia, q. 19, a. 9; q. 49, a. 2.
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Saint Ephrem, Carmina Nisibena, III, 8 et 10 :
« Il est évident que le bon Dieu n’a pas voulu les calamités qui de tout temps affligent les hommes, bien que ce soit lui qui les ait envoyées, mais que ce sont nos péchés qui sont cause de nos épreuves. Personne ne peut se plaindre de notre Créateur, mais lui peut se plaindre de nous, qui, en péchant, l’avons obligé à s’irriter contre nous, contrairement à sa volonté, et à nous frapper, contrairement à sa bienveillance... L’homme châtie pour en tirer profit. Car chacun châtie ses serviteurs pour les dominer. Mais le bon Dieu, lui, châtie ses serviteurs pour qu’ils se dominent eux-mêmes. Tes épreuves doivent être des livres qui te conseillent ». (Ed. G. Bickell, p. 80).
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Q. 64. Quels furent les premiers parents du genre humain?
R. Les premiers parents du genre humain furent Adam et Eve, que Dieu forma et plaça dans le paradis terrestre, en les élevant à l'ordre surnaturel et les comblant de tous les dons de la grâce et de la nature (1).
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(1) Genèse, II, 7 et suivants. — Ayant fait l'homme à son image et ressemblance, Dieu lui soumit les animaux de la terre, dont il userait pour son bien, comme aussi des plantes et des fruits. Chrétien, n’abuse donc point des animaux, mais fais-en bon usage; si tu les tourmentais et les maltraitais sans raison, tu agirais contre cette douceur d'âme qui convient à tout homme, mais surtout au chrétien.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 67. Quelle différence y a-t-il, dans l'ordre naturel, entre la création des premiers parents et l'origine des autres hommes qui descendent d'eux par génération naturelle?
R. La seule différence de l’ordre naturel est dans la formation du corps qui a lieu par génération, tandis que l’âme de tout descendant d’Adam est immédiatement créée par Dieu et unie substantiellement au corps.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 72. Adam, par son péché, n'a-t-il pas nui aussi à ses descendants?
R. Oui, par son péché, Adam a nui aussi à ses descendants, car il leur a transmis non seulement la concupiscence, la mort et les autres peines du péché, mais encore le péché même, c’est-à-dire la privation de la justice et de la sainteté.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 73. Comment Adam a-t-il transmis son péché à ses descendants?
R. Adam a transmis son péché à ses descendants en leur transmettant une nature privée de la justice et de la sainteté que Dieu avait voulu conférer à cette nature, et cette privation est le péché habituel de nature, unique en son origine, savoir en Adam, mais répandu par propagation.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 74. Comment s'appelle ce péché transmis aux descendants d'Adam?
R. Ce péché transmis aux descendants d’Adam s’appelle le péché originel (1).
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(1) Job, XIV, 4; Psaume L, 6; saint Jean, III, 5; saint Paul, Ire Ep. à Timothée, II, 6; Ep. aux Romains, V, 12-14,18-19; Concile de Carthage (de 418), canon 2; 2e Concile d’Orange, canons 1, 2; Concile de Florence, Décret aux Jacobites; Concile de Trente, session V, De peccato originali; Pie IX, Alloc. Singulari quadam, 9 déc. 1854; saint Cyrille d’Alex. , In Epist. ad Rom., V, 18.
— Si on le juge à propos, on pourra développer ainsi ce qui précède. Le premier homme fut créé dans un état de perfection, tant en son corps, qui devait pouvoir tout de suite engendrer, qu’en son âme, qui devait aussi pouvoir tout de suite instruire et diriger les autres avec la science naturelle nécessaire. Cette science fut donnée à l’un et à l’autre de nos premiers parents, mais surtout à Adam, à qui incombait principalement d’instruire et diriger les autres; elle ne devait pas être transmise aux enfants qui seraient nés dans l’état d’innocence; ceux-ci pourtant auraient acquis la science qui leur eût convenu, par découverte ou enseignement, peu à peu, mais sans difficulté (saint Thomas, p. Ia q. 74, a. 5, et q. 101 a. 1, 2).
— En élevant nos premiers parents à un état surnaturel, Dieu leur révéla les vérités qui concernaient cet état et qu’Adam devait transmettre à ses descendants; en même temps II leur conféra la justice et la sainteté avec les autres dons.
— Adam, par son péché, perdit tous ces dons, et pour soi-même et pour ses descendants, sans perdre toutefois la science naturelle, ni la connaissance des vérités révélées. Mais la perte de la justice et de la sainteté, et, nommément de l’intégrité de la nature, fut l’origine de cette lutte entre les facultés inférieures et la raison dont parle saint Paul, Gal, V, 17 : « La chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair, car ils sont en lutte l’un contre l’autre ». La faute du premier homme a ainsi infligé une grave et douloureuse blessure à la nature humaine, enténébrant son esprit et inclinant sa volonté au mal (Pie IX, l. c; saint Thomas, Ia IIæ, q. 85, a. 3 et 5).
— Dieu, dans son infinie miséricorde, promit alors un Rédempteur au genre humain, et, par leur foi en Lui et en ses mérites, avec l’aide de la grâce divine, nos premiers parents et beaucoup de leurs descendants furent dès cette vie délivrés de tout péché originel et actuel, ainsi que de la peine due aux péchés actuels; mais ils restèrent astreints à la peine du péché originel, qui les excluait de la gloire tant que ne serait point versé le prix de la rédemption (saint Thomas, p. 3a, q. 52, a. 5, ad 2m). Cependant la plupart de leurs descendants perdirent complètement la connaissance des vérités de la foi et de la morale, ou bien en altérèrent la substance.
— On voit par là combien on est loin de la vérité, quand on prétend que le premier homme fut créé dans un état de barbarie sauvage, ou bien qu’il descend du singe et qu’il s’est développé par une évolution successive : quiconque reçoit la lumière de la foi catholique rejettera ces hypothèses. L’état sauvage et barbare où a longtemps vécu et vit encore aujourd’hui une grand[e] partie des hommes n’est que le résultat de la corruption, par suite du péché, de la condition primitive.
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Concile de Carthage (418) approuvé par le pape S. Zosime, 2e canon contre les Pélagiens :
a) « En outre on a décidé ce qui suit : quiconque nie que les enfants nouveau-nés doivent être baptisés ou dit qu’ils sont bien baptisés pour la rémission des péchés, mais qu’ils n'ont rien pris à Adam du péché originel qui soit purifié par le bain de régénération et que par conséquent, appliquée à eux, la formule du baptême : « en rémission des péchés », doit être tenue pour fausse et non pas vraie : qu’il soit anathème. Car la parole de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché (Epître aux Romains, V, 12),ne doit pas s’entendre autrement que l’Église catholique, universellement répandue, l’a toujours entendue. Et, selon cette règle de foi, même les petits enfants qui par eux-mêmes n’ont pu encore commettre aucun péché sont vraiment baptisés en rémission des péchés, et la régénération purifie en eux la souillure que la génération leur a infligée ».
(Mansi, III, 811. — D.-B., 102).
IIe Concile d’Orange (529) confirmé par Boniface II, canons contre les Semipélagiens :
b) « Canon I. Si quelqu'un dit que par l'offense du péché d’Adam l’homme n’a pas été dégradé tout entier, c’est-à-dire dans son corps et dans son âme, mais croit que, l’âme gardant sa liberté sans blessure, le corps seul a été touché par la corruption, il est trompé par l'erreur pélagienne et dément l’Écriture qui déclare : L'âme qui a péché, c'est elle qui mourra (Ezéchiel, XVIII, 20); et : Ne savez-vous pas que, si vous vous livrez à quelqu'un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez? (Epître aux Romains, VI, 16); et : On est esclave de celui par qui on s'est laissé vaincre. (2e Épître de saint Pierre, II, 19).
« Canon 2. Si quelqu’un soutient que sa prévarication n’a fait de tort qu’à Adam et non à sa descendance; ou du moins prétend que seule la mort du corps qui est la peine du péché, et non le péché qui est la peine de l'âme, a passé par un seul homme sur tout le genre humain, il impute une injustice à Dieu et il contredit cette affirmation de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché » (Epître aux Romains, V, 12).
(Mansi, VIII, 712. — D.-B., 174,175) .
Concile de Florence, Decretum pro Jacobitis :
c) « Le Concile croit fermement, professe et enseigne que jamais nul, conçu d'un homme et d'une femme, n'a été délivré de la domination du diable, sinon par le mérite du médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ Notre-Seigneur : conçu, né et mort sans péché, il a seul, par sa mort, abattu l'ennemi du genre humain en effaçant nos péchés; il a ouvert l'entrée du royaume céleste, que le premier homme avait, par son péché personnel, perdu pour toute sa descendance: tous les mystères, les sacrifices, les sacrements, les cérémonies de l'Ancien Testament préfiguraient qu’il viendrait un jour ».
(Mansi, XXXI, 1738. — D.-B., 711).
Concile de Trente, sess. V, Decretum de peccato originali, canons I à 6:
d) « I. Si quelqu'un ne confesse pas que le premier homme, Adam, ayant transgressé dans le Paradis le commandement de Dieu, perdit aussitôt la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été établi, et, par l’offense d’une telle prévarication, encourut la colère et l'indignation de Dieu, et en conséquence la mort, dont Dieu l'avait menacé auparavant, et, avec la mort, la captivité sous la puissance de celui qui a eu depuis l’empire de la mort, et qui est le Diable, et que, par l'offense de cette prévarication, Adam tout entier tomba dans un état pire selon le corps et l'âme : qu'il soit anathème.
« 2. Si quelqu'un soutient que la prévarication d’Adam n’a été nuisible qu’à lui et non pas à sa postérité, qu'il n'a perdu que pour lui et non pas aussi pour nous la sainteté et la justice, reçues de Dieu, et dont il est déchu, ou que, souillé personnellement par le péché de désobéissance, il n’a transmis à tout le genre humain que la mort et les peines du corps, et non pas le péché, qui est la mort de l’âme : qu’il soit anathème; en effet c’est contredire l’affirmation de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché (Epître aux Romains, V, 12).
« 3. Si quelqu’un soutient que ce péché d’Adam, qui est un dans sa source, et qui est transmis à tous par propagation, non par imitation, et donc qui est propre à chacun, peut être enlevé soit par les forces de la nature humaine, soit par un autre remède que par le mérite du seul médiateur Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a réconciliés avec Dieu dans son sang, s'étant fait pour nous justice, sanctification, et rédemption (Ire Epître aux Corinthiens, I. 30); ou nie que le mérite même du Christ Jésus soit appliqué, tant aux adultes qu’aux enfants, par le sacrement de Baptême, conféré rituellement selon la forme de l’Église : qu’il soit anathème; parce qu'il n’y a pas sous le ciel un autre nom qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Actes des Apôtres, IV, 12). D’où cette parole : Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde (Saint Jean, I, 29). Et cette autre ; Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ (Epître aux Galates, III, 27).
« 4. Si quelqu’un nie que les enfants récemment sortis du sein de leur mère, même s’ils sont nés de parents baptisés, doivent être baptisés; ou dit qu’ils sont vraiment baptisés pour la rémission des péchés, mais ne tirent rien du péché originel d’Adam qu’il soit nécessaire d’expier par le bain de la régénération, pour obtenir la vie éternelle; d’où il s’ensuivrait que pour eux la forme du Baptême en vue de la rémission des péchés serait comprise faussement et non pas véritablement : qu’il soit anathème; car la parole de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché (Epître aux Romains, V, 12), ne peut être entendue d’une autre manière que celle dont l’a toujours entendue l’Église catholique répandue partout. En effet, à cause de cette règle de foi, selon la tradition des Apôtres, même les petits enfants, qui n’ont pu encore commettre aucun péché personnel, sont pourtant véritablement baptisés pour la rémission des péchés, afin que ce qu’ils ont contracté par la génération soit purifié par la régénération. Car nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu, (Saint Jean, III, 5).
« 5. Si quelqu’un nie que la faute du péché originel soit remise par la grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur, conférée au Baptême; ou même soutient que tout ce qui a raison vraie et propre de péché n’est pas ôté; mais dit que cela est seulement gratté, ou n’est pas imputé : qu’il soit anathème. Car Dieu ne hait rien dans ceux qui sont régénérés, parce qu’il n’y a point de damnation pour ceux qui vraiment sont ensevelis dans la mort avec le Christ par le Baptême (Epître aux Romains, VI, 4); qui ne marchent point selon la chair(ib., VIII, I), mais qui, dépouillant le vieil homme et se revêtant du nouveau, qui est créé selon Dieu (Epître aux Ephésiens, IV, 22), sont devenus innocents, immaculés, purs, sans péché, et agréables à Dieu, héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ (Epître aux Romains, VIII, 17); en sorte qu’il ne reste plus rien qui les empêche d’entrer au ciel. Cependant ce saint Concile confesse et reconnaît que la concupiscence, ou foyer du péché, reste dans les baptisés; laissée pour le combat, elle ne peut nuire à ceux qui n’y consentent pas, mais qui résistent courageusement par la grâce du Christ Jésus : bien mieux, celui qui aura lutté selon les règles sera couronné(2e Epître à Timothée, II, 5). Le saint Concile déclare que cette concupiscence, appelée quelquefois péché par l'Apôtre ( Epître aux Romains, VI, 12), n’a jamais été entendue par l’Église catholique au sens d’un péché qui serait véritablement et proprement péché dans ceux qui sont régénérés, mais [elle est appelée péché] en ce sens qu’elle vient du péché et y incline. Si quelqu’un pense le contraire : qu’il soit anathème.
« 6. Cependant ce même saint Concile déclare qu’il n’est pas dans son intention de comprendre, dans ce décret sur le péché originel, la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu; mais il entend qu’à ce sujet les Constitutions du pape Sixte IV, d’heureuse mémoire, soient observées sous les peines qui y sont portées, et qu’il renouvelle ».
(D. B., 788-792).
Pie IX, Allocution Singulari quadam, du 9 décembre 1854 :
e) « Mais ces partisans, ou plutôt ces adorateurs de la raison humaine, qui se la proposent comme une maîtresse certaine et qui se flattent de réussir en tout sous sa direction, oublient certainement la gravité et la profondeur de la blessure que la faute de notre premier père a infligée à la nature humaine, les ténèbres qui aveuglent son esprit, et l’inclination qui porte sa volonté au mal. [Le premier de ces effets explique] pourquoi les plus célèbres philosophes de l’antiquité, quoiqu’ayant écrit beaucoup de choses remarquables, ont cependant gâté leurs doctrines par de très graves erreurs. [Le second effet du péché originel] est la cause de ce combat continuel que nous expérimentons en nous et que l’Apôtre décrit ainsi : Je sens dans mes membres une loi qui s'oppose à la loi de mon esprit (Epître aux Romains, VII , 23) ».
(Acta Pii IX, pars I, I, 624. — D.-B., 1643).
Saint Cyrille d’Alexandrie, Sur l'Epître aux Romains, au verset V, 18 :
f) « Pour nous, nous sommes devenus pécheurs à cause de la désobéissance d’Adam, voici comment : lui, il avait été créé pour l’incorruptibilité et la vie, et dans le jardin de délices ses mœurs étaient saintes, son intelligence toujours appliquée à la vision de Dieu, son corps parfaitement sain et tranquille, sans volupté honteuse, sans mouvements désordonnés qui l’agitassent. Mais après qu’il fut tombé dans le péché et eut ouvert la porte à la corruption, aussitôt les voluptés impures s’insinuèrent dans la nature charnelle et en même temps la dure loi des membres devint la loi de notre nature. La nature a donc contracté la maladie du péché à cause de la désobéissance d’un seul, qui est Adam, et ainsi un très grand nombre furent établis pécheurs; non pas qu’ils aient péché en même temps qu’Adam, car aucun d’eux n’était là, mais parce qu’ils sont de la même nature qu’Adam et que cette nature est tombée sous la loi du péché ». (P. G., 74,789. — R. J.,2122).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 82. Quels sont les principaux arguments qui nous pressent d'admettre la divinité de Jésus-Christ?
R. Les principaux arguments qui nous pressent d’admettre la divinité de Jésus-Christ sont :
1° L’enseignement constant de l’Église catholique;
2° Les prophéties de l’Ancien Testament qui annoncent le Rédempteur promis comme Dieu véritable (2);
3º Le témoignage de Dieu le Père, qui a dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis mes complaisances, écoutez-le » (1);
4º Le témoignage de Jésus-Christ lui-même, confirmé par la sainteté de sa vie, ses prophéties et ses miracles, et surtout par le miracle de sa résurrection (2);
5º L’enseignement des Apôtres, confirmé par leurs miracles (3);
6° La confession de tant de martyrs;
7º L’extraordinaire diffusion et conservation de l’Église du Christ.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 93. Pourquoi donc une simple créature n'aurait-elle pu offrir une satisfaction parfaite et adéquate pour le péché?
R. Une simple créature ne pouvait offrir une satisfaction parfaite et adéquate pour le péché, parce que le péché mortel a une gravité en quelque sorte infinie, à cause de l’infinie majesté de Dieu qu’il offense (1).
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(1) Saint Thomas, p. 3a, q. I, a. 2, ad 2m: « Le péché commis contre Dieu comporte une certaine infinité par suite de l’infinité de la majesté divine; car plus grand est l’offensé, plus grave est aussi l’offense : aussi, pour obtenir une satisfaction parfaite, il fallait que l’acte de celui qui satisfaisait eût une valeur infinie... »
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Q. 100. Est-ce comme Dieu ou comme homme que Jésus-Christ a souffert et est mort?
R. C’est comme homme que Jésus-Christ a souffert et est mort, parce que, comme Dieu, Il ne pouvait ni souffrir, ni mourir; mais son incarnation et la moindre de ses souffrances pour nous reçut un prix infini de sa Personne divine (1).
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(1) Saint Athanase, Lettre à Epictète, 6. — Le Catéchisme du Conc. de Trente, p. I, chap. IV, n. 6, ajoute très justement : « L’homme meurt, quand l’âme est séparée du corps; aussi, quand nous disons que Jésus-Christ est mort, nous entendons que son âme fut séparée de son corps; mais nous n’accordons pas pour autant que sa divinité aurait été séparée de son corps, nous croyons au contraire fermement et nous confessons que, tandis que l’âme se trouvait séparée du corps, la divinité demeura constamment unie et au corps dans le sépulcre, et à l’âme dans les limbes ».
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Saint Athanase, Epistola ad Epictetum, 6 :
« Les souffrances subies par le corps humain du Verbe, le Verbe uni à ce corps se les rapportait à soi-même pour que nous puissions participer à la divinité du Verbe. Et ce qui est incroyable, c’est qu’à la fois il souffrait et ne souffrait pas. Il souffrait en tant que son propre corps souffrait et qu’il était dans ce corps. Et il ne souffrait pas en tant que, comme Verbe, il est Dieu par nature, et donc impassible. Et lui-même, incorporel, se trouvait dans un corps passible, et le corps avait en lui le Verbe impassible pour que celui-ci supprimât les infirmités de ce corps ». (P.-G., 26, 1060. — R.-J., 794).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 102. Pour qui Jésus-Christ a-t-il souffert et est-il mort?
R. Jésus-Christ a souffert et est mort absolument pour tous les hommes (1).
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(1) Isaïe, LIII, 4-6; saint Paul, Ire Ep. aux Cor., V, 15; Ire Ep. à Tim., II, 6; IV, 10; Innocent X, 31 mai 1653, Contre les prop. de Jansénius, n. 5; saint Ambroise, Lettre XLI, 7. — Cette preuve d’un si grand amour ne doit jamais sortir de la mémoire des hommes; nous devons aimer de tout notre cœur Celui qui a subi la mort la plus cruelle, non par contrainte et violence, mais pour l’amour de nous.« Si nous n’avons su aimer, dit saint Augustin, De catechis. rudibus, 7, sachons du moins rendre amour pour amour; car il n’y a pas de plus pressant appel à l’amour que d’aimer le premier et celui-là aurait un cœur bien dur, qui, n’ayant pas offert son amour, refuserait encore de le rendre en retour. »
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Innocent X, Constitution Cum occasione, du 31 mai 1653, condamnation de la cinquième proposition de Jansénius :
a) « C’est du semi-pélagianisme de dire que le Christ n’est pas mort ou n’a pas répandu son sang pour tous les hommes » (Bullarium Romanum, éd. Taurinen., XV, 721. — D.-B., 1096).
Saint Ambroise, Lettre 41, 7 :
b) « [Le diable] avait réduit le genre humain à la captivité perpétuelle d’un héritage soumis à de lourdes dettes, tel que son auteur obéré l’avait transmis à ses descendants, comme faisant partie d’une succession grevée d’emprunts. Vint le Seigneur Jésus : il offrit sa mort en échange de la mort de tous et versa son sang en échange du sang de tous. » (P.-L., 16, 1115. — R.-J., 1252).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 178. Par quels moyens pouvons-nous obtenir dans l'Église la rémission de nos péchés?
R. En ce qui concerne les péchés mortels, nous pouvons dans l’Église en obtenir le pardon par le moyen des Sacrements institués pour cela par le Christ, ou encore par un acte de contrition parfaite avec le désir de ces mêmes Sacrements; quant aux péchés véniels, nous pouvons de plus en obtenir la rémission par tous les autres actes de religion, mais il reste la dette de peine temporelle que chacun devra acquitter en cette vie ou en l’autre, au Purgatoire (2).
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(2) Chez l’homme juste il suffit, pour obtenir la rémission des péchés véniels, de tout acte accompli avec le secours de la grâce, pourvu qu’il contienne, au moins implicitement, un regret de la faute. Ainsi donc on peut obtenir le pardon de ses fautes légères non seulement par la réception des Sacrements, qui confèrent la grâce, mais encore par des actes auxquels est joint naturellement le regret de sa faute, par exemple : réciter le Confiteorou le Pater, se frapper la poitrine, ou bien par les actes qui sont une démonstration de notre révérence envers Dieu et les choses saintes, par exemple la bénédiction du prêtre, l’aspersion de l’eau bénite, toute onction sacramentelle, une prière dans une église dédiée... (saint Thomas, Suppl IIIa p.,q.87, a. 3).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 103. Tous les hommes sont-ils donc sauvés?
R. Non, tous les hommes ne sont pas sauvés, mais ceux-là seuls qui usent des moyens institués par le Rédempteur pour communiquer le mérite de sa passion et de sa mort (1).
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(1) Concile de Trente, sess. VI, chap. 3. — Ces moyens sont énumérés à laq. 178.
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Concile de Trente, sessio VI, Decretum de justificatione, cap. 3 :
« Bien qu’il soit mort pour tous, tous néanmoins ne reçoivent pas le bénéfice de sa mort; mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa passion est communiqué» (D.-B., 795).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 106. Qu'entendez-vous ici par ces mots : aux enfers?
R. Par ces mots : aux enfers, j’entends ici, non pas l'Enfer ou le Purgatoire, mais les Limbes des saints Patriarches, où les âmes des justes attendaient la rédemption promise et tant désirée (1).
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(1) Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse IV, II.
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Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, IV, II :
« Il fut véritablement mis dans un monument de pierre, comme un homme (Saint Matthieu, XXVII, 60) mais devant lui, de crainte, les pierres se sont fendues (ibid.,51). Il est descendu aux lieux souterrains pour en racheter les justes. Voudrais-tu, je te le demande, que les vivants eussent joui de la grâce, alors que la plupart d'entre eux n’étaient pas des saints, tandis que ceux qui pendant tant de temps, depuis Adam, étaient captifs, n’auraient pas obtenu la liberté ? Le prophète Isaïe avait prophétisé tant de choses au sujet [du Christ], d’une voix éclatante; et tu ne voudrais pas que le Roi descendit délivrer son héraut ? Il y avait là David et Samuel et tous les Prophètes; et encore Jean lui-même, qui avait dit par ses envoyés : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?(Saint Matthieu, XI, 3). Tu ne voudrais pas qu’il descendît délivrer de tels hommes? » (P.-G., 33, 469. — R.-J., 818).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 107. Pourquoi Jésus-Christ est-II descendu dans les Limbes?
R. Jésus-Christ est descendu dans les Limbes pour annoncer aux âmes des justes que la rédemption était accomplie et les remplir ainsi d’une immense joie; Il devait aussi leur procurer la vision béatifique de Dieu, quand Il les conduirait ensuite au Ciel (2).
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(2) Catéchisme du Conc. de Trente, l. c, n. 6. — Les Limbes des saints Patriarches disparurent, quand la rédemption fut accomplie.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 115. Pourquoi Dieu a-t-il voulu qu'il y eût un jugement général après le jugement particulier?
R. Dieu a voulu qu’il y eût un jugement général après le jugement particulier pour sa gloire et pour celle du Christ et de ses élus pour la confusion des réprouvés, et pour que l’homme reçût devant tous, en son âme et en son corps, la sentence qui le récompense ou le punit (1).
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(1) Sagesse, V, 1 et suivants; saint Matthieu, XXV, 31-46; Catéchisme du Conc. de Trente, p. I, chap. VIII, n. 4. — Certes, Dieu est infiniment juste, mais II ne rend pas toujours à chacun son dû dès cette vie; Il attend l’heure du jugement particulier et du jugement général, après la mort. On voit dès lors l'erreur de ceux qui osent accuser Dieu d’injustice, parce qu’ils voient ici-bas les méchants heureux et les bons dans l’infortune. D’ailleurs le bonheur des méchants n’est jamais parfait, car ils sentent en leur conscience pécheresse la morsure du remords, et ils tremblent dans la crainte de la vengeance divine; et l’affliction des bons n’est pas sans consolation, car ils ont pour réconfort la paix de leur conscience et l’espoir des récompenses éternelles. Mais, quand la mort est venue, il n’y a plus de mérite sans récompense, ni de péché sans châtiment.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 128. Qui est la véritable tête de l'Église?
R. La véritable tête de l’Église est Jésus-Christ lui-même qui habite invisiblement en elle, la gouverne et s’incorpore à Lui-même tous ses membres (2).
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(2) Saint Matth. XXVIII, 18 et suiv.; saint Jean, I, 33; saint Paul, IreEp. aux Corinth., IV, I; Ep. aux Ephésiens, I, 22; Ep. aux Colossiens, I, 18 : « Et c’est lui (Jésus-Christ) qui est la tête du corps qu’est l’Église » ; Catéchisme du Concile de Trente, p. I., ch. X, n. 13.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 134. Qu’entend-on par le corps de l’Église?
R. Par le corps de l'Église on entend ce qu’il y a de visible dans l’Église et qui la rend visible; c’est-à-dire les fidèles eux-mêmes en tant qu’ils forment une assemblée, le gouvernement extérieur, le magistère extérieur, la profession extérieure de la foi, l’administration des sacrements, les rites, etc.
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Q. 135. Qu’entend-on par l'âme de l’Église?
R. Par l'âme de l'Église on entend ce qui est le principe invisible de la vie spirituelle et surnaturelle de l'Église; c’est-à-dire : l’assistance perpétuelle du Saint-Esprit, le principe d’autorité, l’obéissance interne aux chefs, la grâce habituelle avec les vertus infuses, etc. (1).
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Q. 162. Un adulte, qui meurt sans avoir reçu le Sacrement de Baptême, peut-il être sauvé?
R. Oui, un adulte qui meurt sans avoir reçu le Sacrement de Baptême peut être sauvé, non seulement s’il croit les vérités qui sont nécessaires au salut d’une nécessité de moyen et s’il a la charité qui peut remplacer le Baptême, mais même s’il ignore, d’une ignorance invincible, la vraie religion, à la condition que, sous l’influence de la lumière et de la grâce divines, il soit prêt à obéir en tout à Dieu et qu’il ait parfaitement observé la loi naturelle (1).
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(1)Au sujet d’hommes, qui, par exemple, ayant grandi au milieu des forêts sauvages, ignorent, sans faute de leur part, la vraie Église, saint Thomas enseigne ceci dans son De Veritate, q. 14, art. 11, ad Im : « Il appartient à la divine Providence de procurer à chacun les moyens nécessaires à son salut, pourvu que l’homme lui-même n’y mette pas obstacle. Si un homme, élevé au milieu des forêts, suivait les directives de la raison naturelle dans l’appétit du bien et la fuite du mal, il faut tenir comme absolument certain que Dieu ou bien lui révélerait par une inspiration intérieure les vérités qu’il faut absolument croire pour être sauvé, ou bien lui enverrait quelqu’un qui lui enseignerait la foi, comme II a envoyé saint Pierre à Corneille ». — Innoc. II, Lettre à l'archev. de Crémone Apostolicam sedem; Pie IX, Lettre Quanto conficiamus aux évêques d'Italie, 10 août 1863.
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Innocent II (1130-1143), Lettre Apostolicam Sedem, à l'évêque de Crémone :
a) « Voici notre réponse à votre question : le prêtre que vous nous signalez comme ayant achevé son dernier jour sans avoir reçu l’eau du baptême a persévéré dans la foi de notre sainte mère l’Eglise et dans la confession du nom du Christ. Nous affirmons donc sans hésiter, en nous appuyant sur l’autorité des saints Pères Augustin et Ambroise, qu’il a été délivré du péché originel et qu’il a reçu la joie de la céleste patrie. Reportez-vous au huitième livre de la Cité de Dieu, de saint Augustin; on y lit entre autres choses : « Le Baptême est administré invisiblement à celui qu’exclut non pas le mépris de la religion, mais la contrainte de la nécessité ». Ouvrez encore le livre du bienheureux Ambroise Sur la mort de Valentinien, il soutient la même opinion. Voilà donc vos doutes apaisés, tenez-vous en à l’opinion des savants Pères et faites offrir à Dieu dans votre église des prières et des sacrifices continuels pour ce prêtre ». (P. L., 179, 624. — D.-B., 388).
Pie IX, Encyclique Quanto conficiamur, du 10 août 1863, aux évêques d’Italie :
b) « Et ici, Fils chéris et vénérables Frères, il faut rappeler de nouveau et blâmer l'erreur très grave où sont malheureusement tombés quelques catholiques : ils croient que les hommes vivants dans l'erreur et séparés de la vraie foi et de l'unité catholique peuvent parvenir à la vie éternelle. Cela est tout à fait contraire à la doctrine catholique. Nous le savons et vous le savez, ceux qui souffrent d’une ignorance invincible à l'égard de notre très sainte religion, et qui observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes gravés par Dieu dans le cœur de tous, qui sont disposés à obéir à Dieu, qui mènent une vie honnête et juste, ceux-là peuvent, par l'efficacité de la lumière divine et de la grâce, acquérir la vie éternelle; puisque Dieu, qui voit parfaitement les esprits, les âmes, les pensées et les habitudes de tous, les scrute et les connaît, ne souffre pas, dans sa bonté et dans sa clémence souveraines, que quelqu’un qui n’est point coupable d’une faute volontaire soit puni par des supplices éternels. Mais parfaitement connu aussi est le dogme catholique : hors de l'Église catholique nul ne peut être sauvé, et les contumaces rebelles à l'autorité et aux définitions de l'Église, ceux qui demeurent opiniâtrement hors de l'unité de cette Église et séparés du Pontife romain, successeur de Pierre, à qui la garde de la vigne a été confiée par le Sauveur, ceux-là ne peuvent obtenir le salut éternel ». (Acta Pii IX, I, III, 613. — D.-B., 1677).
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Q. 163. Un adulte, qui a été validement baptisé et qui, sans faute de sa part, a été incorporé à une secte hérétique ou schismatique, peut-il être sauvé?
R. Oui, un adulte, qui a été validement baptisé et qui, sans faute de sa part, a été incorporé à une secte hérétique ou schismatique, peut être sauvé, à la condition qu’il n’ait pas perdu la grâce reçue au Baptême ou, s’il l’a perdue par des fautes graves, qu’il l’ait recouvrée par la pénitence nécessaire (2).
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(2) Pie IX, l. c. — Cette pénitence sera ou la contrition parfaite, qui contient le désir de faire partie de la véritable Église du Christ et de recevoir le Sacrement de Pénitence — ou la contrition imparfaite avec la réception du Sacrement de Pénitence.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 164. Que faut-il penser de ceux qui, sachant quelle est la véritable Église de Jésus-Christ demeurent volontairement en dehors d’elle?
R. Ceux qui, sachant quelle est la véritable Église de Jésus-Christ, demeurent volontairement en dehors d’elle commettent un péché grave et, s’ils persévèrent dans cet état, ils ne peuvent être sauvés.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 165. A quoi sont tenus ceux qui sont en dehors de l’Église de Jésus-Christ, mais qui ont quelque doute à ce sujet?
R. Ceux qui sont en dehors de l’Église et qui ont quelque doute à ce sujet sont tenus de chercher sincèrement devant Dieu la vérité; ils doivent, selon leurs moyens, étudier l’enseignement du Christ, tel qu’il leur est proposé, et, quand ils auront reconnu la véritable Église du Christ, y entrer.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q.136. Pourquoi l'Église de Jésus-Christ est-elle appelée et est-elle la voie ou le moyen nécessaire du salut?
R. L’Église de Jésus-Christ est appelée et est la voie ou moyen nécessaire du salut, parce que Jésus-Christ a institué l’Église pour qu’en elle et par elle les fruits de la Rédemption fussent appliqués aux hommes. D’où, conformément à l’axiome : hors de l’Église pas de salut, personne ne peut parvenir au salut éternel en dehors de l’Église (2).
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(2) Saint Marc, XVI, 15, 16; IVe Conc. de Latran, Contra Albigenses; Conc. de Florence, Décret pour les Jacobites; Innocent III, Lettre à l'arch. de Tarragone, 18 déc. 1208; Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam, 18 nov. 1302; Pie IX, Allocution Singulari quadam, 9 déc. 1854; Léon XIII, Encycl. Satis cognitum, 29 juin 1896; saint Cyprien, De unitate Ecclesiae, 6; saint Jérôme, Lettre 15, 2; saint August., Sermo ad Caesar. Eccl. plebem, 6.
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IVe Concile du Latran (1215); contre les Albigeois, ch.I, De fide catholica:
a) « Il n’y a qu’une seule Eglise universelle des fidèles, hors de laquelle absolument personne n’est sauvé ». (Mansi, XXII, 982. — D.-B., 430).
Concile de Florence (1438-1445), Decretnm pro Jacobitis, et Bulle Cantate Domino, du 4 février 1441 :
b) « [La sainte Eglise Romaine] croit, professe et prêche fermement qu’aucun des hommes qui vivent en dehors de l’Église, — les juifs, les hérétiques et les schismatiques tout comme les païens, — ne peut avoir part à la vie éternelle; mais qu’ils iront tous dans le feu éternel, qui a été préparé pour le diable et pour ses anges (saint Matthieu, XXV, 41), à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne se soient réunis à elle; que l’unité du corps ecclésiastique est si forte que, à ceux-là seuls qui demeurent en elle, les sacrements de l’église servent à leur salut, pour eux seuls les jeûnes, les aumônes et autres œuvres pieuses et exercices de la milice chrétienne produisent des récompenses éternelles. Que personne, quelle que soit la quantité de ses aumônes, et eût-il même versé son sang pour le nom du Christ, ne peut être sauvé, s'il n’est resté dans le giron et l’unité de l’Église catholique ». (Mansi, XXXI, 1739. — D.-B., 714).
Innocent III, Lettre Eius exemplo, du 18 décembre 1208, à l'archevêque de Tarragone, Profession de foi imposée à Durand de Huesca .et à ses compagnons Vaudois :
c) « Nous croyons de cœur et confessons de bouche l’Église une, qui n'est pas celle des hérétiques, mais qui est sainte, romaine, catholique et apostolique, hors de laquelle nous croyons que personne n’est sauvé ». (P. L., 215, 1510. — B.-D., 423).
Boniface VIII, Bulle Unam sanctam, du 18 novembre 1302 :
d) « La foi nous presse étroitement de croire à l’Église catholique, une, sainte et apostolique, et, pour nous, nous y croyons fermement et la confessons sans réticence, car sans elle il n'y a ni salut ni rémission des péchés... Donc cette Église une et unique n’a qu’un corps, n’a qu’une tête, non deux têtes comme un monstre, et cette tête c’est le Christ, puis Pierre vicaire du Christ, puis le successeur de Pierre, selon la parole du Seigneur à Pierre lui-même : Pais mes brebis (saint Jean, XXI, I7). Il dit : « mes brebis » en général, non pas celles-ci ou celles-là en particulier; on doit entendre par là qu’il les lui a toutes confiées. Si donc les Grecs ou d’autres disent qu’ils n’ont pas été confiés à Pierre et à ses successeurs, ils reconnaissent nécessairement qu’ils ne font pas partie des brebis du Christ, puisque le Seigneur dit en saint Jean qu’il n'y a qu'une bergerie et qu'un pasteur (saint Jean, X, 16).
Cette puissance que détient l’Église comporte deux glaives, le glaive spirituel et le glaive temporel, comme nous l’enseignent les paroles évangéliques... Tous deux sont au pouvoir de l'Église, le glaive spirituel et le matériel. Mais tandis que celui-ci doit être manié pour elle, celui-là doit être manié par elle. L’un est dans la main du prêtre, l’autre dans la main des rois et des soldats, mais prêt à obéir au signal ou à l’attente du prêtre. Il faut qu’un glaive soit sous l’autre et que l’autorité temporelle soit soumise à la puissance spirituelle... Que la puissance spirituelle précède en dignité et en noblesse toute puissance terrestre, c’est ce qu'il nous faut expliquer avec d’autant plus de clarté que les choses spirituelles ont davantage le pas sur les temporelles... Car, la Vérité l’atteste, la puissance spirituelle peut instituer la temporelle, et la juger, si elle a mal agi... Donc, si la puissance terrestre dévie, elle sera jugée par la puissance spirituelle; et, si la puissance spirituelle inférieure dévie à son tour, elle sera jugée par la puissance spirituelle supérieure; enfin, si la puissance suprême dévie, elle ne pourra être jugée que par Dieu et non par l'homme, comme l'Apôtre l’affirme : L'homme spirituel juge tout, mais lui n'est jugé par personne (IreEpître aux Corinthiens, II, 15). Cette autorité, bien qu’elle soit concédée à l'homme et exercée par lui, n’est pas humaine, mais plutôt divine; car elle a été donnée à Pierre par la bouche de Dieu, elle a été affermie en lui, qui a été déclaré la pierre, et à ses successeurs, lorsque le Seigneur a dit à Pierre lui-même : Tout ce que tu lieras, etc. (saint Matth., XVI, 19). Qui donc résiste à cette puissance ordonnée par Dieu, résiste à l’ordre de Dieu...Et nous déclarons, disons, définissons et prononçons que pour toute créature humaine la soumission au Pontife Romain est absolument nécessaire au salut ». (Extr. comm., I, 8, I. — D.-B., 468, 469).
Pie IX, Allocution Singulari quadam, du 9 décembre 1854 :
e) « Nous avons appris non sans tristesse qu’une erreur tout aussi pernicieuse s’est emparée de certaines parties du monde catholique et a pénétré dans les âmes de beaucoup de catholiques, qui pensent qu’on doit avoir bon espoir pour le salut éternel de tous ceux qui ne se trouvent nullement dans la véritable Église du Christ. Ils ont coutume de se demander souvent à ce sujet quel sera après la mort le sort et la condition de ceux qui n’ont aucun lien avec la foi catholique; et, en amenant des arguments tout à fait vains, ils donnent une réponse qui favorise leur opinion mauvaise. Loin de nous, Vénérables Frères, l’audace de mettre des bornes à la miséricorde de Dieu qui est infinie; loin de nous, la volonté de scruter jusqu’au fond les conseils secrets et les jugements de Dieu qui sont de vastes abîmes (Psaume XXXV, 7) impénétrables à la pensée humaine. Mais, — c’est Notre devoir apostolique, — nous voulons éveiller votre sollicitude et votre vigilance épiscopale pour que, dans la mesure de vos efforts, vous chassiez de l’esprit des hommes cette opinion aussi impie que funeste selon laquelle il est possible de trouver la voie du salut éternel dans n’importe quelle religion. Avec le zèle et la doctrine dont vous faites preuve, démontrez aux peuples confiés à votre garde que les dogmes de la foi catholique ne sont nullement opposés à la miséricorde et à la justice divine.
Il faut tenir de foi que personne ne peut être sauvé hors de l’Eglise Apostolique et Romaine, que celle-ci est la seule arche de salut : celui qui n’y sera pas entré, périra dans le déluge. Cependant il faut tenir également pour certain que ceux qui souffrent de l’ignorance de la vraie religion, si cette ignorance est invincible, ne sont pas rendus coupables de ce fait aux yeux de Dieu. Qui pourrait maintenant se targuer de pouvoir désigner les limites d’une telle ignorance selon le genre et la variété des peuples, des régions, des esprits et de tant d’autres nombreuses conditions? Lorsque, dégagés de nos liens corporels, nous verrons Dieu tel qu’il est, nous comprendrons bien par quel lien étroit et magnifique se tiennent unies la miséricorde et la justice divines; mais tant que nous demeurons sur la terre, appesantis par cette matière morte qui aveugle l’âme, tenons fermement ce qu’enseigne la doctrine catholique : qu’il n’y a qu'un Dieu, qu'une foi, qu'un baptême (Epître aux Ephésiens, IV, 5); il n’est pas permis à notre recherche de s’avancer plus loin... ». (Acta Pii IX, I, I, 625. — D.-B., 1646-7).
Léon XIII, Encyclique Satis cognitum, du 29 juin 1896 :
f) « Si l’on se place au point de vue des faits, Jésus-Christ n’a pas institué ni formé une Église qui comprendrait plusieurs communautés de genre semblable, mais distinctes et non rattachées par ces liens qui peuvent faire l’Église indivisible et unique selon le mode dont nous proclamons dans le symbole de la Foi : je crois à l'Eglise... une... Aussi bien, quand Jésus-Christ parle de cet édifice mystique, il ne mentionne qu'une seule Église, qu’il appelle sienne: Je bâtirai mon Église (saint Matthieu, XVI, 18). Toute autre Église qu'on imaginerait en dehors de celle-là, n’étant pas fondée par Jésus-Christ, ne peut être la véritable Église du Christ... L’Église doit donc répandre au loin chez tous les hommes et propager dans tous les âges le salut opéré par Jésus-Christ, avec tous les bienfaits qui en découlent. C’est pour cela qu’il est nécessaire, de par la volonté de son auteur, qu’elle soit unique dans toute l’étendue du monde et dans toute la durée des temps... L’Église du Christ est donc unique et perpétuelle. Tous ceux qui s’en séparent, se fourvoient loin de la volonté et de l’ordre du Christ Notre-Seigneur. Ils quittent le chemin du salut et vont à leur perte. » (Acta Leonis XIII, VI, 163,165,168.— D.-B., 1955.
Saint Cyprien, De unitate Ecclesiae, 6 :
g) « L’épouse du Christ ne peut devenir adultère; elle est sans tache et pudique. Elle connaît une seule maison; avec une chaste pudeur, elle garde la sainteté d'un seul lit. C'est elle qui nous conserve pour Dieu, c'est elle qui destine au royaume les fils qu'elle a engendrés. Qui se sépare de l'Église pour rejoindre une adultère, se sépare des promesses de l'Église; et il ne parviendra pas aux récompenses du Christ, celui qui abandonne l'Église du Christ. C'est un étranger, c’est un profane, c'est un ennemi. Il ne peut plus avoir Dieu pour père, celui qui ne regarde plus l'Église comme mère. Si quelqu'un put se sauver hors de l’arche de Noé, alors celui qui se tient hors de l'Église, se sauve ». (P. L., 4, 502. — R. J., 557).
Saint Jérôme, Epist. 15 (au pape saint Damase), 2.
h) « Pour moi, ne suivant d'autre chef que le Christ, je m'associe par la communion à votre Béatitude, c'est-à-dire à la chaire de Pierre. Je sais que l’Église a été construite sur cette pierre. Quiconque mange l'agneau hors de cette maison est un profane. Quiconque n'est pas dans l'arche de Noé, pendant le déluge, périra ». (P. L., 22, 355. — R-J., 1346).
Saint Augustin, Sermo ad Caesariensis Ecclesiae plebem, 6 :
i) « [L'homme] ne peut avoir [le salut] ailleurs que dans l'Église catholique. Hors de l'Église catholique, il peut tout avoir, sauf le salut. Il peut avoir de l'honneur, il peut avoir des sacrements, il peut chanter Alléluia, il peut répondre Amen, il peut adhérer à l'Évangile, il peut avoir la foi et la prêcher au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, mais nulle part, sauf dans l'Église catholique, il ne pourra trouver le salut ». (P. L., 43, 695. — R. J., 1858).[/I]
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 137. Comment l'Église instituée par Jésus-Christ se distingue-t-elle des autres Églises qui se disent chrétiennes?
R. L’Église instituée par Jésus-Christ se distingue des autres Églises qui se glorifient du nom de chrétiennes par ces notes : l'unité, la sainteté, la catholicité et l'apostolicité, dont Jésus-Christ a marqué son Église et qui ne se trouvent que dans l’Église catholique dont le Pontife Romain est la tête (1).
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(1) Par notes de l'Eglise on entend des propriétés visibles et stables de l’Eglise instituée par Jésus-Christ. Elles sont nombreuses, mais le Symbole de Constantinople n’énumère que les quatre que nous avons citées : l’Eglise de Jésus-Christ, de par la volonté même de son divin Fondateur, doit être uned’une unité de gouvernement, de foi et de communion qui fait de tous ses membres un seul corps social, c’est-à-dire le corps mystique de Jésus-Christ, nonobstant la diversité de rites. (Saint Jean, X 16; saint Paul, Ep. aux Romains, XII, 5, 6; Ire Ep. aux Corinth. I, 10; XII, 12, 13; Ep. aux Ephés. IV, 2-16); elle doit être sainte, en raison de la sainteté de sa fin (qui est le salut des âmes) et de la sainteté de sa doctrine théorique et pratique; de cette sainteté dérive la sainteté de beaucoup de ses membres, sainteté souvent héroïque, que prouvent des miracles. (Saint Jean, XVII, 17-19; saint Paul, Ep. aux Ephés., V, 25-27; Ep. à Tite 2,14); elle doit être catholique, c’est-à-dire universelle de par sa destination, ou mission, qui s’adresse à tous les hommes, sur toute la terre, ainsi que par sa merveilleuse diffusion actuelle, commencée dès les temps apostoliques et qui n’a jamais cessé, malgré des difficultés de tout genre, bien que cette diffusion s’opère par des moyens de propagande humains, avec l’assistance de Dieu, et s’accroisse ainsi progressivement. (Saint Matth. XXVIII, 19; saint Luc, XXIV, 47; Actes, I, 8; Pie XI, Encycl. Rerum Ecclesiae, 28 février 1926); enfin, l’Église doit être apostolique, par son origine, étant édifiée sur le fondement des Apôtres et spécialement sur Pierre et par conséquent régie et gouvernée sans aucune interruption par leurs successeurs légitimes. (Saint Paul, Ep, aux Ephésiens, II, 20; Apocalypse, XXI, 14).
Or il est certain d’une part que ces propriétés conviennent à l’Eglise catholique, dont le chef est le Pontife Romain; d’autre part, qu’elles ne se rencontrent dans aucune des fausses religions qui se glorifient du nom de chrétiennes. (Saint Augustin, Contra epist. Manichaei, 5, et De Symbolo, sermo ad catechum., 14; Catéch. du Concile de Trente, p. I, ch. X, n. II et suiv.).
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Pie XI, Encyclique Rerum Ecclesiae, du 28 février 1626 :
a) « C'est un fait qui ne peut échapper à qui étudie attentivement l'histoire de l’Église : depuis les premiers siècles de l’ère chrétienne, les Pontifes Romains ont donné le meilleur de leurs soins et de leurs préoccupations à faire dispenser la lumière de la doctrine évangélique et les bienfaits des mœurs chrétiennes aux peuples assis « dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort », sans que les difficultés ou les obstacles aient pu jamais les en détourner. En effet, l’Église n’a point d’autre mission que de faire participer tous les hommes à la rédemption qui les sauve, en étendant sur toute la terre le règne du Christ. Aussi, quel que soit celui qui, par le choix divin, tient sur terre la place de Jésus, Prince des Pasteurs, il ne peut se contenter de garder et de protéger le troupeau du Seigneur confié à son gouvernement. Bien au contraire, il manquerait à son premier devoir, s’il ne mettait tous ses efforts à gagner et à joindre au Christ toutes les âmes étrangères ou éloignées de lui ».(Acta Apostolicae Sedis, XVIII,65).
Saint Augustin, Contra epist. Manichaei, ch. IV, 5 :
b) « Dans l'Eglise...catholique... il y a quantité de choses qui me tiennent très étroitement serré contre son sein. C’est le consentement des peuples et des nations; c’est son autorité, commencée par les miracles, nourrie par l’espérance, accrue par la charité, affermie par l’ancienneté; c’est, à partir du siège même de l'Apôtre Pierre à qui le Seigneur après sa résurrection confia ses brebis à paître, jusqu’à l’évêque actuel, c’est la succession des prêtres; c’est enfin ce nom même de catholique. Ce n’est pas sans motif qu’entre tant d’hérésies, cette Église est la seule à le posséder; car, bien que tous les hérétiques veuillent se dire catholiques, si un voyageur cherche à se rendre à l’église catholique, aucun hérétique n’osera lui montrer sa basilique ou sa maison».(P. L., 42, 175.— R. J., 1580).
Du même, De Symbolo sermo ad Catechumenos, 14 :
c) « C'est elle l'Église sainte, l'Église une, l'Église vraie, l’Église catholique, qui combat contre toutes les hérésies; elle peut combattre, et pourtant elle ne peut pas être mise hors de combat. Toutes les hérésies sont parties d’elle, comme les sarments inutiles retranchés de la vigne; mais elle, elle demeure dans sa racine, dans sa vigne, dans sa charité». (P. L., 40, 635. — R.J., 1535).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 184. Que croyons-nous par le dernier article du Symbole: La vie éternelle ?
R. Par le dernier article du Symbole : La vie éternelle, nous croyons qu’un bonheur parfait et sans fin attend au Paradis les élus après leur mort, tandis que les réprouvés souffrirons des châtiments éternels (1).
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(1) Saint Matth., XXV, 46. — Saint Pierre Canisius écrit dans son De fide et Symbolo fidei, n. XXI : « Aux yeux du vrai croyant, il n’est aucune œuvre de piété qui paraisse ardue, aucun travail pénible, aucune souffrance amère, jamais il ne trouve trop long ou ennuyeux le temps qu’il faut passer dans l’effort et la douleur, quand il fait tout en vue de la vie éternelle. Si la vie d’ici-bas, remplie pourtant de calamités de toute sorte, nous semble si douce et si bonne, que ne faut-il point dire de cette autre vie d’où sera bannie toute douleur et jusqu’à la crainte même de la douleur, de cette vie qui abondera de toute part en joies ineffables et éternelles, en délices et en bonheur » ?
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 185. Que signifient ces mots : Ainsi soit-il, qui se trouvent à la fin du Symbole?
R. Ces mots : Ainsi soit-il, qui se trouvent à la fin du Symbole, signifient que tous et chacun des enseignements contenus dans le Symbole sont vrais et que nous les croyons et les professons sans aucune hésitation.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 186. Suffit-il, pour parvenir à la vie éternelle, de croire les vérités imposées à notre foi?
R. Non, il ne suffit pas, pour parvenir à la vie éternelle, de croire les vérités imposées à notre foi; il faut encore observer les commandements de Dieu et de l’Église (2).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 278. Qu'est-ce que la grâce?
La grâce est un don surnaturel accordé gratuitement par Dieu à la créature raisonnable et destiné à obtenir la vie éternelle (2).
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(2) Le surnaturel est ce qui dépasse la nature. Il se divise en deux espèces : certaines choses dépassent la nature par le mode selon lequel elles se produisent, mais de soi appartiennent à l'ordre naturel, par exemple, la vie rendue à un mort; d’autres dépassent tout l'ordre de la nature, prises en elles-mêmes et selon leur essence, parce qu’elles participent de la vie intime de Dieu, ainsi la grâce sanctifiante, les vertus infuses et leurs actes et la vie éternelle elle-même, c’est-à-dire la vision intuitive et l’amour béatifique de Dieu.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 279. Combien y a-t-il de sortes de grâce?
R. Il y a deux sortes de grâce, la grâce habituelle, appelée encore sanctifiante ou justifiante ou « rendant agréable », et la grâce actuelle.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 280. Qu'est-ce que la grâce habituelle?
R. La grâce habituelle est une qualité surnaturelle inhérente, à l’âme, par laquelle l’homme devient participant de la nature divine, temple de l'Esprit-Saint, ami et fils adoptif de Dieu, héritier de la gloire céleste et ainsi capable de produire des actes qui méritent la vie éternelle (1).
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(1) Sagesse, VII, 14; saint Jean, I, 4,12, 13; III, 5; XV, 4,14; saint Paul, Ep. aux Rom., V, 5; VIII, 14-17; Ie Ep. aux Cor., IV, 7; XII, 5; Ep. aux Ephés., II, 8 et suiv.; 2e Ep. de saint Pierre, I, 4; Ie Ep. de saint Jean, III, 1; Concile de Trente, session VI, De la justification, canon 11; saint Cyrille d’Alexandrie, Sur saint Jean, 1,9.
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Concile de Trente, session VI, De justificatione, can. 11 :
a) « Si quelqu’un dit que les hommes sont justifiés par la seule imputation de la justice du Christ ou par la seule rémission des péchés, à l’exclusion de la grâce et de la charité qui est répandue dans leur cœur par l’Esprit-Saint et qui leur est inhérente; ou même s’il dit que la grâce qui nous justifie est seulement la faveur de Dieu : qu’il soit anathème ». (D.-B., 821).
Saint Cyrille d’Alexandrie, In Ioannem, I, 9 :
b) « Devenus par l’Esprit-Saint participants de [Dieu], nous avons été frappés à sa ressemblance et nous nous haussons jusqu’à la figure du modèle à l’image de qui, selon la divine Écriture, nous avons été créés. Ainsi donc, ayant retrouvé la beauté originelle de notre nature et reçu en outre la forme de cette nature divine, nous vaincrons les maux que la transgression nous avait valus.
Donc nous nous élevons à cette beauté surnaturelle par le Christ. Cependant nous ne serons pas fils de Dieu comme lui, sans aucune différence, mais seulement par la grâce qui nous permet de l’imiter. Car il est lui le Fils véritable procédant du Père, tandis que nous sommes les fils adoptifs procédant de sa bonté, recevant comme une grâce la parole : J'ai dit : vous êtes des dieux et les fils du Très-Haut, tous (Psaume LXXXI, 6). La nature humaine créée et esclave est appelée à l'ordre surnaturel uniquement par le consentement et la volonté du Père. Mais le Fils, qui est Dieu et Seigneur, ne possède pas son être de Fils par les décrets du Dieu et Père, ni parce que celui-ci l'a seulement voulu : c’est parce qu’il est la splendeur de la substance même du Père qu’il revendique pour soi, par nature, la propriété de celle-ci ». (P. G., 73, 153. — R. J., 2106).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 281. La grâce habituelle est-elle nécessaire pour obtenir la vie éternelle?
R. La grâce habituelle est absolument nécessaire à tous les hommes, même aux petits enfants, pour obtenir la vie éternelle.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 282. Que méritons-nous par les bonnes œuvres que nous faisons, quand nous sommes justifiés par la grâce de Dieu et les mérites de Jésus-Christ?
R. Par les bonnes œuvres que nous faisons, quand nous sommes justifiés par la grâce de Dieu et les mérites de Jésus-Christ, nous méritons un accroissement de grâce, l’obtention de la vie éternelle (à condition que nous mourions en état de grâce) et même une augmentation de notre gloire céleste (1).
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(1) 3e Concile d’Orange, can. 18; Concile de Trente loc. cit., canon 32.
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IIe Concile d’Orange (529), can. 18 :
a) « Bien qu’aucun mérite ne précède la grâce, une récompense est due aux bonnes œuvres qu’on accomplit; mais la grâce, qui n’est pas due, précède les œuvres pour permettre leur accomplissement ». (Mansi, VIII, 8, 715. — D.-B., 191).
Concile de Trente, session VI, Décret. de justificatione, can. 32 :
b) « Si quelqu’un dit que les bonnes œuvres d’un homme justifié sont tellement des dons de Dieu qu’elles ne soient pas aussi les mérites de cet homme justifié ou que les bonnes œuvres qu’il fait par la grâce de Dieu et par le mérite de Jésus-Christ dont il est un membre vivant ne lui méritent pas en justice une augmentation de grâce, la vie éternelle, la possession de cette même vie, pourvu qu’il meure en état de grâce, et même une augmentation de gloire : qu’il soit anathème ». (D.-B., 842).
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Q. 283. Comment perd-on la grâce habituelle?
R. On perd la grâce habituelle par le péché mortel (2).
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(2) Saint Paul, Ep. aux Rom., VI, 23; Ire Ep. aux Cor., VI, 9 et suiv.; Ep.de saint Jacques, I, 15; Ire Ep. de saint Jean, III, 8; Concile de Trente, loc.cit, can. 27; saint Basile, Sermo asceticus, I.
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Concile de Trente, session VI, Décret. de justificatione, can. 27 :
a) Si quelqu’un dit qu'il n’y a pas d'autre péché mortel que le péché d’infidélité, ou que la grâce une fois reçue ne se perd par aucun péché, quelque grave et quelque énorme qu’il soit, autre que le péché d’infidélité : qu’il soit anathème » (D.-B., 837).
Saint Basile, Sermo asceticus, I :
b) : « L’homme a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu (Genèse I, 26) : mais le péché, en inclinant l’âme à des concupiscences coupables, lui a fait perdre la beauté de cette image. Or Dieu, qui a créé l’homme, est la vraie vie. Aussi celui qui a perdu la ressemblance divine a perdu la participation à la vie; celui qui est hors de Dieu ne peut mener une vie heureuse. Revenons donc à notre grâce initiale dont le péché nous a séparés; et redevenons beaux par la ressemblance avec Dieu ». (P. G. 31, 869 et suiv.— R-J., 973).
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Q. 284. Comment recouvre-t-on la grâce habituelle?
R. On recouvre la grâce habituelle en renonçant aux péchés mortels et en se servant en même temps des moyens que Jésus-Christ a établis pour obtenir la justification (2).
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(2) Saint Paul, Ep. aux Rom., VI, 23; Ire Ep. aux Cor., VI, 9 et suiv.; Ep.de saint Jacques, I, 15; Ire Ep. de saint Jean, III, 8; Concile de Trente, loc.cit, can. 27; saint Basile, Sermo asceticus, I.
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Concile de Trente, session VI, Décret. de justificatione, can. 27 :
a) Si quelqu’un dit qu'il n’y a pas d'autre péché mortel que le péché d’infidélité, ou que la grâce une fois reçue ne se perd par aucun péché, quelque grave et quelque énorme qu’il soit, autre que le péché d’infidélité : qu’il soit anathème » (D.-B., 837).
Saint Basile, Sermo asceticus, I :
b) : « L’homme a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu (Genèse I, 26) : mais le péché, en inclinant l’âme à des concupiscences coupables, lui a fait perdre la beauté de cette image. Or Dieu, qui a créé l’homme, est la vraie vie. Aussi celui qui a perdu la ressemblance divine a perdu la participation à la vie; celui qui est hors de Dieu ne peut mener une vie heureuse. Revenons donc à notre grâce initiale dont le péché nous a séparés; et redevenons beaux par la ressemblance avec Dieu ». (P. G. 31, 869 et suiv.— R-J., 973).
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Q. 285. Dans l'état de péché mortel peut-on faire quelques bonnes œuvres?
R. Dans l’état de péché mortel on peut faire quelques bonnes œuvres, mais elles ne méritent point la vie éternelle, bien que par elles et avec le secours d’une grâce actuelle le pécheur se dispose à la justification (3).
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(3) Ecclésiastique, XXI, 1; Ezéchiel, XVIII, 30; Daniel, IV, 24; saint Paul, Ep. aux Rom. II,14; Concile de Trente, loc. cit.; saint Augustin, De l'esprit et de la lettre, 48.
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Concile de Trente, session VI, Décret. de justificatione, cap. 6.
a) « [Voici comment les adultes] se disposent à être justifiés : premièrement, lorsqu'excités et aidés par la grâce de Dieu, instruits de la foi, ils se portent librement vers Dieu, croyant vrai ce qui a été révélé et promis par Dieu et surtout que Dieu justifie le pécheur par sa grâce, par la rédemption dans le Christ Jésus. Ensuite lorsque, se reconnaissant eux-mêmes pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui a servi à les ébranler, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s’élèvent à l’espérance, ayant confiance que Dieu leur sera propice à cause du Christ, et commencent à l’aimer comme la source de toute justice. Pour ce motif, ils sont pris de haine et de colère contre leurs péchés; c’est là cette pénitence qui doit précéder le Baptême. Enfin lorsqu’ils se décident à recevoir le Baptême, à commencer une vie nouvelle et à garder les commandements de Dieu.
A cette disposition se rapportent les textes suivants: Pour s'approcher de Dieu, il faut croire que Dieu existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. (Epître aux Hébreux, XI, 6). — Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis. (Saint Matthieu, IX, 2; saint Marc, II,5). — La crainte du Seigneur chasse le péché. (Ecclésiastique, l, 27). — Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit-Saint. (Actes des Apôtres, II, 38). — Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, leur enseignant de garder tout ce que je vous ai commandé. (Saint Matthieu, XXVIII, 19, 20). — Enfin : Préparez vos cœurs au Seigneur. (Ier livre des Rois, VII, 3) » (D.-B., 798).
Saint Augustin, De spiritu et littera, 48 :
b) « Ceux qui accomplissent naturellement ce que prescrit la loi (Epître aux Romains, II, 14) ne doivent pas pour autant être comptés parmi ceux que justifie la grâce du Christ, mais parmi ceux-là, — voire des impies et qui n’honorent pas véritablement et comme il faut le vrai Dieu, — dont nous lisons, nous connaissons par nous mêmes ou nous entendons raconter des actions que notre idéal de justice ne nous permet pas de blâmer, mais que, au contraire, nous avons raison de louer. Et pourtant, si l’on examine pour quelle fin ces actions s’accomplissent, on n’en trouve guère qui méritent l’éloge ou la défense que l'on doit à la justice. Cependant l’image de Dieu n’a pas été effacée de l’âme humaine par la souillure des affections terrestres au point qu’il n’en reste pas même comme les derniers traits; aussi peut-on dire que, même dans une vie impie, elle produit des actes ou des pensées conformes à la loi. Si tel est le sens de la parole : Les gentils, qui n'ont pas de loi, c’est-à-dire qui n’ont pas la loi de Dieu, accomplissent naturellement ce que prescrit la loi,... cela ne bouleverse nullement la différence qui sépare le Nouveau Testament de l’Ancien... Certains péchés véniels qu’on ne peut éviter en cette vie ne privent pas le juste de la vie éternelle. De même, quelques bonnes œuvres, dont il est bien difficile de trouver dénuée la vie de l’homme le plus méchant, ne profitent nullement au salut éternel de l’impie ». (P. L., 44, 229 et suiv.— R-J., 1733).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 286. Qu'est-ce que la grâce actuelle?
R. La grâce actuelle est un secours surnaturel de Dieu, par lequel Dieu éclaire notre intelligence et meut notre volonté à faire le bien et à éviter le mal en vue de la vie éternelle (1),
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(1) Saint Ephrem, Sur l'Epiphanie, X, 14; saint Cyrille d'Alexandrie, De l'adoration en esprit et en vérité, I. La grâce intérieure seule se divise en grâce habituelle et en grâce actuelle, mais sous le nom général de grâce on peut entendre, et on entend souvent, tout don de Dieu aux hommes, donné gratuitement en vue du salut éternel; telles sont notamment les grâces extérieures, comme une bonne éducation. les sacrements, le magistère de l’Église, les prédications, la lecture de bons livres, les avertissements, les peines ; ainsi encore les maladies, ce que l’on nomme les maux et les difficultés de la vie et la mort elle-même peuvent être appelés grâces actuelles, en ce sens que par la volonté ou la permission divine ils sont destinés à procurer notre salut ou permis en vue du salut. Il est très important que le chrétien considère tous les événements de sa vie sous cette lumière surnaturelle.
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Saint Ephrem, De Epiphania, X, 14 :
a) « Notre bon Seigneur est pris dans ce dilemme : il ne veut pas contraindre notre liberté, et il ne permet pas que nous soyons passifs. Car, s’il nous contraint, il supprime le pouvoir de notre arbitre, et, s’il nous abandonne, il prive l'âme de son secours. Sachant que, s’il nous contraint, il nous diminue, que, s’il retire son secours, il nous perd, que, s’il nous enseigne, il nous gagne; il ne nous contraint ni ne nous retire son secours, comme fait le Mauvais, mais, comme il est bon, il nous enseigne, il nous instruit et il nous gagne ». (Lamy, sancti Ephr. Hymni et sermones, I,102. — R. J., 704).
Saint Cyrille d’Alexandrie, De adoratione in spiritu et veritate, I :
b) « Comme la nature de l'homme n'est pas extrêmement robuste et qu’elle n’est pas suffisamment forte pour pouvoir traverser les flots du mal, Dieu lutte en quelque sorte à côté d’elle, à cet effet. Aussi voit-on qu’il lui accorde une double grâce : il la stimule par des avertissements et il lui accorde des secours; ainsi la rend-il supérieure au mal imminent et qui l’entraîne ». (P.G., 68, 173.— R. J., 2091).
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Q. 287. La grâce actuelle nous est-elle nécessaire?
R. La grâce actuelle nous est absolument nécessaire pour faire le bien et éviter le mal en vue de la vie éternelle, parce que, cette vie étant de l'ordre surnaturel, nous ne pouvons par nos seules forces naturelles absolument rien concevoir, vouloir ou accomplir comme il convient pour l’obtenir (2).
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(2) Saint Paul, 2e Ep. aux Cor., III, 5; Ep. aux Philipp. II, 13; 2e Concile d’Orange, can. 3 et suiv.; Concile de Trente, session VI, De la justification, can. 1-3; saint Grégoire de Nazianze, Sermon XXXVII, 13; saint Jean Chrysostome, Sur la Genèse, XXV, 7.
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IIe Concile d’Orange (529), contre les Semipélagiens:
a) « Can. 3. Si quelqu'un dit que la grâce de Dieu peut être accordée à l’invocation de l'homme, mais que ce n’est pas Dieu qui donne la grâce pour être invoqué par l’homme, il contredit le Prophète Isaïe, ainsi que l’Apôtre qui dit lui aussi : J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas. Je suis devenu évident à ceux qui ne m'interrogeaient pas (Epître aux Romains, X, 20; cf. Isaïe, LXV, I).
« Can. 4. Si quelqu’un prétend que, pour que nous soyons délivrés du péché, Dieu attend notre volonté, et ne confesse pas que même notre volonté d’être délivrés est produite par l’infusion et l’opération du Saint-Esprit en nous, il résiste au Saint-Esprit lui-même qui dit par la bouche de Salomon : La volonté est préparée par le Seigneur (Prov., VIII, 35, Sept.) et de l’Apôtre qui prêche cette saine doctrine : C'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon qu'il lui plaît (Epître aux Philippiens, II, 13).
« Can. 5. Si quelqu’un dit que l’augmentation comme le début de la foi, et le sentiment même de croyance par lequel nous croyons en celui qui justifie l’impie, et par lequel nous parvenons à la régénération du saint baptême, ne se trouvent pas en nous par un don de la grâce, c’est-à-dire par une inspiration du Saint-Esprit qui ramène notre volonté de l’infidélité à la foi, de l’impiété à la piété, mais que cela se trouve naturellement en nous, il s’avère opposé aux dogmes apostoliques, puisque saint Paul dit : Nous avons confiance que celui qui a entrepris en nous cette belle œuvre en poursuivra l'achèvement jusqu'au jour du Christ Jésus (Epître aux Philippiens, I, 6);et encore : Il vous a été donné, par rapport au Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui (Phil., I,29), et : C'est par grâce que vous avez été sauvés par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous; car c'est un don de Dieu ( Epître aux Ephésiens, II, 8 ). Car ceux qui disent que la foi par laquelle nous croyons en Dieu est naturelle définissent que tous ceux qui sont étrangers à l’Eglise du Christ sont en quelque manière fidèles.
« Can. 6. Si quelqu’un dit que la miséricorde nous est divinement accordée, lorsque, sans la grâce de Dieu, nous croyons, voulons, désirons, peinons, travaillons, veillons, étudions, demandons, cherchons, frappons, et ne confesse pas que tout cela est produit par l’opération et l’inspiration du Saint-Esprit en nous pour que nous croyons, veuillons ou puissions faire tout cela comme il faut, mais qu’il subordonne le secours de la grâce à l’humilité ou à l’obéissance humaine, et qu’il n’accorde pas que ce don de la grâce elle-même est fait pour que nous devenions obéissants et humbles, il résiste à l’Apôtre qui dit : Qu’as-tu que tu n’aies reçu? (IreEpître aux Corinthiens, IV, 7), et: C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis (Ib., XV, 10) ». (Mansi, VIII, 713 et suiv. — D.-B., 176-179).
Concile de Trente, session VI, De justificatione :
b) « Can. 1. Si quelqu’un dit qu’un homme peut être justifié devant Dieu par ses propres œuvres, accomplies par les forces de la nature humaine ou selon la doctrine de la loi, sans la grâce de Dieu méritée par Jésus-Christ : qu’il soit anathème.
« Can. 2. Si quelqu’un dit que la grâce de Dieu méritée par le Christ Jésus est donnée seulement pour que l’homme puisse plus facilement vivre dans la justice et mériter la vie éternelle, comme si, par son libre arbitre, sans la grâce, il pouvait faire l’un et l’autre, quoique cependant avec peine et difficulté : qu’il soit anathème.
« Can. 3. Si quelqu’un dit que, sans l’inspiration prévenante de l’Esprit-Saint et sans son secours, l’homme peut faire des actes de foi, d’espérance, de charité ou de repentir, tels qu’il faut les faire pour obtenir la grâce de la justification : qu’il soit anathème » (D.-B., 811-3).
Saint Grégoire de Nazianze, Oratio 37,13 :
c) « Il y en a quelques-uns qui s’enorgueillissent de leurs bonnes actions au point d’en rapporter tout [le mérite] à eux-mêmes et rien à leur créateur, à celui qui leur a donné la sagesse et qui est le pourvoyeur de tout bien; aussi la parole [de l'Epître aux Romains, IX, 16 : Il ne s'agit pas de vouloir ni de courir, mais que Dieu fasse miséricorde] leur enseigne-t-elle que le bon vouloir a besoin du secours de Dieu : mieux que cela, que le choix du parti qu’il convient de prendre est divin et est un don de la bonté divine. Si nous sommes sauvés, il faut que ce soit et par nous et par Dieu. D’où la parole : il ne s'agit pas de vouloir , c’est-à-dire non pas seulement de vouloir, ni de courir seulement, mais encore que Dieu fasse miséricorde. Ainsi, puisque le vouloir lui-même dépend de Dieu, on a parfaitement raison de tout attribuer à Dieu. Cours tant que tu voudras, combats tant que tu voudras, tu as besoin de celui qui donne la couronne ». (P. G., 36, 297 et suiv.— R. J., 1003).
Saint Jean Chrysostome, In Genesim homilia XXV, 7.
d) « Il n'est pas possible que nous accomplissions comme il faut quelque chose de bien, si nous ne bénéficions de l’impulsion d’en haut ». (P. G., 53,228. — R. J., 1153).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 288. Dieu donne-t-il à tous les grâces dont ils ont besoin pour la vie éternelle?
R. Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés, donne à tous les grâces dont ils ont besoin pour la vie éternelle; mais pour que l’homme parvienne à la vie éternelle il est nécessaire, s'il est adulte, qu’aidé du secours de Dieu, il coopère librement avec Lui, qui prévient ses bonnes œuvres en les inspirant et en poursuit l’exécution en les aidant (1).
(1) Ézéchiel, XXXIII, 11; saint Jean, I, 9; saint Paul, Ire Ep. à Timothée, II, 4; IV, 10; 2eEp. de saint Pierre, III, 9; Concile de Trente, loc. cit., ch. 11;Innocent X, Condamnation des erreurs de Jansénius, 31 mai 1653, Ière proposition; saint Jean Chrysostome, Sur l'Ep. aux Héb., XVI, 4.
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Concile de Trente, session VI, Decretum de justificatione, ch. II :
a) « Personne, quelque justifié qu’il soit, ne doit s’estimer exempt de l’observation des commandements; personne ne peut prononcer cette parole téméraire et interdite par les Pères sous peine d’anathème : l’observation des préceptes de Dieu est impossible à l’homme justifié. Car Dieu ne commande pas l’impossible, mais en commandant il avertit de faire ce qu’on peut, de demander ce qu’on ne peut pas et, pour qu’on puisse, il donne son secours, lui, dont les commandements ne sont pas pesants (saint Jean, V,9), dont le joug est doux et le fardeau léger (saint Matthieu, XI, 30). En effet ceux qui sont fils de Dieu aiment le Christ; or ceux qui l’aiment , comme il le témoigne lui-même, gardent sa parole (saint Jean, XIV, 23), ce qu’ils peuvent certainement accomplir avec le secours divin ». (D.-B.,804).
Innocent X, Constitution Cum occasione, du 31 mai 1653, contre les erreurs de Jansénius, Ireproposition condamnée :
b) « Certains préceptes de Dieu sont impossibles, dans l'état présent de leurs forces, aux hommes justes qui ont la volonté et qui entreprennent [de les accomplir]; en outre, la grâce leur manque, qui les leur rendrait possibles ». (Du Plessis, Collectio Iudiciorum, III, II, 261. — D.-B., 1092).
Saint Jean Chrysostome, In Epistola ad Hebraeos homilia XVI, 4 :
c) « Il n'est pas permis de dire : je ne peux pas. C’est accuser le Créateur. Car, s’il nous avait faits incapables pour ensuite nous donner des ordres, il mériterait d’être accusé. Comment, alors, dites-vous, tant d’hommes ne peuvent-ils pas [bien faire] ? Parce qu’ils ne veulent pas. D’où vient qu’ils ne veulent pas? De leur paresse. S’ils voulaient, ils pourraient parfaitement... Nous avons en effet un Dieu qui nous aide et travaille avec nous; il nous suffit de choisir, il nous suffit de nous rendre vers l’action à faire comme on se rend au travail, il nous suffit de nous en soucier, il nous suffit d’y avoir l’esprit présent, et le reste vient tout seul ». (P. G., 63, 127 et suiv. — R. J., 1220).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 289. Quels sont les principaux moyens d’obtenir la grâce de Dieu?
Les principaux moyens d’obtenir la grâce de Dieu sont la prière, par laquelle en demande la grâce, et les Sacrements, qui la contiennent et la donnent.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 59. Qu'est-ce-que l'homme?
R. L’homme est une créature composée d’un corps organisé et d’une âme raisonnable (1).
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(1) Genèse, II, 7.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 60. Qu'est-ce qu'une âme raisonnable?
R. L’âme raisonnable est une substance spirituelle, douée d’intelligence et de volonté libre, immortelle et unie substantiellement au corps en sorte qu’elle soit le principe de toute vie en l’homme (2).
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(2) 5e Concile de Latran, sess. VIII; Pie IX, Lettre à l'évêque de Breslau, 30 avril 1860; saint Jean Damascène, De fide orthodoxa, II, 12.
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Ve Concile de Latran (1512-1517), session VIII, De anima humana :
a) « Comme de nos jours, nous le disons avec douleur, le semeur d’ivraie, l’antique ennemi du genre humain, a osé semer et faire croître dans le champ du Seigneur quelques erreurs très pernicieuses, et toujours repoussées par les fidèles, notamment sur la nature de l’âme rationnelle, qui serait mortelle, ou unique pour tous les hommes; et comme certains philosophes téméraires donneraient ces erreurs comme vraies, au moins selon la philosophie : désirant porter des remèdes opportuns à cette maladie, avec l’approbation du sacré Concile, nous condamnons et réprouvons tous ceux qui soutiennent que l’âme intellectuelle est mortelle, ou unique en tous les hommes, [ et ? ] qui mettent ces questions en doute. Car non seulement elle est vraiment par soi et essentiellement la forme du corps humain, comme le dit un canon de notre prédécesseur le Pape Clément V, d’heureuse mémoire, édicté par le Concile [œcuménique] de Vienne; mais encore elle est immortelle et, selon la multitude des corps auxquels elle est unie, autant de fois multipliable, multipliée et destinée à être multipliée... Comme le vrai ne contredit nullement le vrai, nous définissons donc que toute assertion contraire à la vérité révélée de foi est absolument fausse; et, pour qu’il ne soit pas permis de développer d’autres opinions, nous l’interdisons très sévèrement; tous ceux qui adhèrent aux affirmations relatives à cette erreur, semant partout des hérésies absolument condamnées, nous décrétons qu’ils doivent être évités et punis comme des hérétiques et des infidèles détestables et abominables, qui ruinent la foi catholique ». (Mansi, XXXII, 842. — D.-B., 738).
Pie IX, Lettre Dolore haud mediocri, du 30 avril 1860, à l'évêque de Breslau.
(b) « On a remarqué que Baltzer, après avoir, dans son livre, ramené toute la controverse à la question de savoir si le principe propre de la vie du corps est réellement distinct de l'âme rationnelle, a poussé si loin la témérité qu’il qualifie l’opinion opposée d’hérétique et soutient avec prolixité qu’il faut la tenir pour telle. Nous ne pouvons que réprouver vivement cette attitude, car nous considérons que l’opinion qui pose dans l’homme un seul principe de vie, à savoir l'âme rationnelle, qui donne au corps le mouvement, la vie tout entière et la connaissance, cette opinion est très générale dans l’Église de Dieu et semble à la plupart et aux plus estimés des docteurs être si liée au dogme de l’Église qu’elle en est la seule légitime et véritable interprétation; et par suite qu’elle ne peut être niée sans erreur dans la foi ». (Acta Pii IX, ex quibus exceptus est Syllabus, Rome, 1863, p. 178. — D.-B., 1655, note I).
Saint Jean Damascène, De fide orthodoxa, II, 12 :
(c) « L’âme est donc une substance vivante, simple et incorporelle, de sa nature invisible aux yeux du corps, immortelle, rationnelle et intelligente..., usant d’un corps organisé auquel elle donne la vie, l’accroissement, la sensation et la puissance d’engendrer; possédant un esprit indépendant, mais qui ne lui est pas étranger (car l’esprit n’est rien d’autre que sa partie la plus subtile : l’esprit est dans l'âme ce que les yeux sont dans le corps), douée de libre arbitre et de la puissance de vouloir et d’agir ». (P. G., 94, 923 et suiv. — R. J., 2357).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 61. Pour quelle fin l'homme a-t-il été créé par Dieu?
R. L’homme a été créé par Dieu pour Le connaître, L’aimer, Le servir et, par ce moyen, Le posséder après la mort par la vision béatifique et en jouir éternellement dans le Paradis (3).
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(3) Deut., VI, 13; saint Jean, XVII, 3; Ire Ep. de saint Jean, III, 2.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 62. En quoi consiste la vision béatifique de Dieu?
R. La vision béatifique de Dieu consiste en la vision de l’essence divine, se présentant sans intermédiaire ni voile, clairement et à découvert; l’âme ne peut atteindre à cette vision que par la lumière de gloire; mais, par cette vision et cette jouissance, l’homme parvient au bonheur véritable, plénier et indéfectible, c’est-à-dire la vie éternelle (1).
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(1) Benoît XII, Constitution Benedictus Deus, 29 janvier 1336; saint Jean Damascène, De fide orthodoxa, IV, 27; Catéchisme du Conc. de Trente, p. I, chap. XIII, n. 7 et suivants.
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Benoît XII, Constitution Benedictus Deus, du 29 janvier 1336 :
a) « Dans cette constitution, qui restera à jamais en vigueur, de par notre autorité apostolique, Nous définissons ce qui suit : selon la disposition générale établie par Dieu, les âmes de tous les Saints qui ont quitté ce monde avant la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et celles des saints apôtres, martyrs, confesseurs, vierges et autres fidèles morts après réception du saint baptême du Christ, qui n’ont rien eu à purifier à leur mort, ou qui à l'avenir n'auront rien à purifier à leur mort; celles aussi qui ont eu ou auront à se purifier, lorsqu'après leur mort elles auront achevé de le faire; de même encore les âmes des enfants régénérés par le même baptême du Christ ou encore à baptiser, quand ils l'auront été, s'ils meurent avant l'usage de leur libre arbitre; toutes, aussitôt après leur mort, ou après la purification susdite pour celles qui en avaient besoin, même avant la réunion à leurs corps et le jugement général, et cela depuis l'ascension de Jésus-Christ notre Sauveur, sont et seront au ciel, au royaume des cieux et au céleste paradis, avec le Christ, admises dans la société des Anges; et, depuis la mort et la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, elles ont vu et voient la divine essence d'une vision intuitive et même face à face, sans qu'aucune créature s'interpose dans l'idée de l’objet vu, mais immédiatement, grâce à la divine essence qui se manifeste elle-même à nu, clairement et ouvertement. Et dans cette vision les âmes de ceux qui sont déjà morts jouissent de la divine essence et, par le fait même de cette vision et de cette jouissance, elles sont vraiment bienheureuses et possèdent la vie et le repos éternel; de même en sera-t-il [des âmes] de ceux qui, mourant dans la suite, verront la divine essence et en jouiront avant le jugement général. De plus cette vision et cette jouissance de la divine essence font cesser dans ces âmes les actes de foi et d’espérance, en tant que foi et espérance s’entendent des vertus théologiques au sens propre. En outre, depuis le moment où elles ont commencé ou auront commencé dans ces âmes, cette même vision intuitive et face à face et cette même jouissance ont duré et dureront, sans interruption et sans fin, jusqu’au jugement dernier et dès lors à jamais.
« Nous définissons encore ce qui suit : d’après la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent dans le péché mortel actuel descendent aussitôt après leur mort en enfer, pour y subir la torture des peines infernales; et néanmoins, au jour du jugement, tous les hommes comparaîtront devant le tribunal du Christ avec leurs corps, pour rendre compte de leurs actes personnels, afin que chacun soit récompensé en son corps suivant qu'il aura fait le bien ou le mal ». (2e Épître aux Corinthiens, V, 10). (Bullarium Romanum, ed. Taurinen.n IV, 346 et suiv. — D.-B., 530, 531).
Saint Jean Damascène, De fide orthodoxa, IV, 27 :
b) Ceux qui ont fait le bien brilleront comme le soleil, avec les anges, dans la vie éternelle, avec Notre Seigneur Jésus-Christ; le voyant toujours et vus de lui, ils jouiront d’une joie qui ne cessera pas, le louant avec le Père et l’Esprit-Saint dans l’éternité des siècles ». (P. G., 94,1228. — R. J., 2376).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 63. La vision béatifique de Dieu est-elle due à la nature ?
R. La vision béatifique n’est pas due à la nature, mais elle est surnaturelle, dépassant absolument toute nature créée, et accordée librement à la créature raisonnable par la seule bonté de Dieu (2).
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(2) Le bonheur parfait, où tendent naturellement tous les hommes, ne peut être obtenu qu’en l’autre vie dans la possession de Dieu par une connaissance intellectuelle parfaite et l’amour qui en découle dans la volonté, selon ce mot de saint Augustin, Confessions, l. I, chap. 1, n. I : « Vous nous avez fait pour vous [Seigneur] et notre cœur est inquiet tant qu’il ne se repose pas en vous ». Dieu cependant, dans sa bonté infinie, a daigné élever les hommes à la parfaite félicité surnaturelle, qui consiste en la possession de Dieu vu tel qu’il est en Lui-même, et qui constitue notre vie éternelle. Saint Paul, Ire Ep. aux Corinthiens, II, 9, 10; saint Pie V, Constitution Ex omnibus afflictionibus, Ier octobre 1567, contre les erreurs de Baïus;Clément XI, Constitution Unigenitus, contre les erreurs de Quesnel, 8 sept. 1713, prop. 35; Pie VI, Constit. Auctorem fidei, 28 août 1794, prop. 16.
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S. Pie V, Constitution Ex omnibus afflictionibus, du Ier octobre 1567, condamnant les erreurs suivantes de Baïus.
a) « 1. Ni les mérites de l'ange, ni ceux du premier homme avant sa chute ne sont à juste titre appelés grâce.
« 2. Comme la mauvaise action mérite de sa nature la mort éternelle, ainsi la bonne action mérite de sa nature la vie éternelle.
« 3. Pour les bons anges et pour le premier homme, s’il avait persévéré dans l’état d’innocence jusqu’à la fin de sa vie, la félicité aurait été un salaire et non pas une grâce.
« 4. La vie éternelle a été promise à l’homme — en état d’intégrité — et à l’ange en vue de leurs bonnes œuvres, et les bonnes œuvres, en vertu d’une loi naturelle, suffisent d’elles-mêmes pour l’obtenir.
« 5. La promesse faite à l’ange et au premier homme contient la loi constitutive de la justice naturelle, suivant laquelle la vie éternelle est promise aux justes pour leurs bonnes œuvres, sans aucune autre considération.
« 6. C’est par une loi naturelle qu’il a été statué que, si l'homme persévérait dans l'obéissance, il passerait à une vie immortelle.
« 7. Les mérites du premier homme dans l’état d’intégrité ont été les dons de la première création; mais selon le langage de l’Écriture Sainte c’est à tort qu’on leur donne le nom de grâce; il faut donc les appeler seulement mérites, et non pas grâce.
« 8. Dans ceux qui ont été rachetés par la grâce de Jésus-Christ, on ne peut trouver aucun bon mérite qui n’ait été conféré gratuitement à un indigne.
« 9. Les dons accordés à l’homme innocent et à l'ange pourraient peut-être, par une raison qui ne serait pas improbable, s’appeler grâce, mais, comme, selon l’usage de la sainte Ecriture, on entend seulement par le nom de grâce les dons accordés par Jésus-Christ à ceux qui ne les méritent pas et qui s’en sont rendus indignes, on ne doit appeler grâce ni les mérites, ni la récompense qui leur est donnée.
«10. Si, après avoir persévéré jusqu’à la fin de cette vie mortelle dans la piété et la justice, nous obtenons la vie éternelle, ce n’est pas proprement à la grâce de Dieu, mais à l’ordre naturel, établi au début même de la création par un juste jugement de Dieu, qu’il le faut attribuer; et dans cette récompense des bonnes œuvres il n’y a point d’égard aux mérites de Jésus-Christ, mais seulement à la première institution du genre humain où, suivant une loi naturelle, il a été établi par un juste jugement de Dieu que la vie éternelle serait accordée à l’observation des commandements »... (Du Plessis, Collectio Iudiciorum III,11, 110 et suiv. — D.-B., 1001-1009, 1011).
Clément XI, Constitution Unigenitus, du 8 septembre 1713, contre les erreurs de Quesnel, 35e proposition condamnée :
b) « La grâce d'Adam est conséquence de la création et était due à la nature saine et innocente ». (Id., ibid., III, 11, 462. — D.-B., 1385).
Pie VI, Constitution Auctorem fidei, du 28 août 1794, contre les erreurs du Synode de Pistoie, 16e proposition condamnée.
c) « La doctrine du synode sous l'heureux état d’innocence, tel qu’elle le représente chez Adam avant le péché, comme comportant non seulement l’intégrité, mais encore la justice intérieure avec l’élan vers Dieu par l’amour de charité et, dans sa perfection primitive, cette sainteté qui n’a été rétablie après la chute que dans une certaine mesure, — en tant que prise dans son ensemble, insinue que cet état fut la conséquence de la création, un droit possédé en vertu d’une exigence naturelle et de la condition de la nature humaine, et non un bienfait gratuit de Dieu : cette doctrine est fausse, condamnée d’ailleurs chez Baïus et Quesnel, erronée, favorisant l’hérésie pélagienne ». (Bullarii Romani Continuatio, ed. Prati, t. VI,p. III, 2710. — D.-B., 1516).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 65. Comment Dieu a-t-il formé les premiers parents du genre humain?
R. Dieu forma le corps d’Adam du limon de la terre, et le corps d'Ève d’une côte d’Adam; quant à leur âme, Il la créa du néant et l’unit à leur corps dans une admirable union substantielle (2).
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(2) Genèse, l. c. saint Jean Chrysostome, In Genesim, XIII, I.
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Saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Genèse, XIII, 1 :
« Voyez-vous comment tout a été créé par une seule parole ? Mais remarquons ensuite ce qu’on dit de la création de l’homme : Et Dieu forma l'homme (Genèse, II,7).Voyez comment cette expression, qui se proportionne à notre faiblesse, nous enseigne à la fois le mode de notre création et sa supériorité sur les créations antérieures, car elle nous montre, pour parler humainement, que l’homme est comme façonné par les mains de Dieu, selon la formule d’un autre prophète : Vos mains m'ont fait et m'ont formé ». (Job, X, 8). (P. G., 53, 106. — R. J., 1149).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 66. En quel sens l'Ecriture Sainte dit-elle que Dieu fit l'homme à son image et à sa ressemblance?
R. L'Écriture Sainte dit que Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance , parce qu’Il l'a doué d’intelligence et de volonté libre, par lesquelles l’homme imite de manière spéciale la nature de Dieu, et aussi parce qu’Il l’élevait en même temps à l'ordre surnaturel (3).
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(3) Genèse, I, 26, 27; Sagesse II, 23; Psaume VIII, 5-8; saint Ephrem, In Genesim, chap. 2; saint Basile, Sermo asceticus, I; saint Augustin, Enarr. in Psalmos, 49, 2; saint Thomas, p. Ia, q. 93. — L'image et la ressemblance de Dieu se perfectionne de plus en plus par le don de la grâce sanctifiante, car l’homme devient ainsi participant de la nature divine, temple du Saint-Esprit, ami et fils adoptif de Dieu, héritier de la gloire du ciel.
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S. Ephrem, In Genesim, I :
a) Qu’Adam ait été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, cela s’entend à un triple chef. Ne croyez pas qu’on appelle image de Dieu chez Adam son aspect extérieur, mais son âme douée de libre arbitre et possédant la puissance et l’empire sur le reste de la création ; car, de même que toutes choses sont placées dans la main de Dieu et sous son pouvoir, ainsi le monde fut soumis à Adam. En outre il reçut une âme pure et intègre, capable de recevoir toutes les vertus, tous les dons divins. Enfin il a une intelligence et une raison par laquelle il comprend toutes choses, les divise et les assemble : ainsi il se répand partout, il forme une représentation de tout, si bien qu’il paraît tout contenir en soi-même ». (Saint Ephrem, Opera omnia, ed. Romana, I [en syriaque et en latin], 128. — R. J., 722).
Saint Basile, Sermo asceticus, I :
b) « L’homme a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu (Genèse I, 26) : mais le péché, en inclinant l’âme à des concupiscences coupables, lui a fait perdre la beauté de cette image. Or Dieu, qui a créé l’homme, est la vraie vie. Aussi celui qui a perdu la ressemblance divine a perdu la participation à la vie; celui qui est hors de Dieu ne peut mener une vie heureuse. Revenons donc à notre grâce initiale dont le péché nous a séparés; et redevenons beaux par la ressemblance avec Dieu ». (P. G. 31, 869 et suiv. — R. J., 973).
Saint Augustin, Enarratio in Psalmos, XLIX, 2 :
c) « C'est évident : [ Dieu] a appelé les hommes des dieux parce que sa grâce les a déifiés et non parce qu’ils seraient naturellement de substance divine. C’est lui en effet qui justifie, qui est juste par lui-même et non par un autre; c'est lui qui déifie, qui est Dieu lui-même et non en participant à la divinité d’autrui. Or c’est le même qui justifie et qui déifie, car ceux qu’il justifie, il les rend par là même fils de Dieu. Il leur a donné puissance d'être faits fils de Dieu (Saint Jean, I, 12). Si nous avons été faits fils de Dieu, nous avons été faits dieux; mais cela, nous le tenons de la grâce qui nous adopte, non de la nature qui nous engendre ». (P. L., 36, 565. — R. J., 1468).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 68. Quels sont les dons que Dieu accorda à nos premiers parents dans le paradis terrestre?
R. Voici les dons que Dieu accorda à nos premiers parents dans le paradis terrestre :
1° Il les forma avec un corps et une âme parfaites, et avec la science qui convenait à leur état (1);
2° Il daigna les ordonner à une fin surnaturelle en leur conférant la justice et la sainteté, avec le don de l’intégrité de nature qui soumettait parfaitement à la raison les puissances inférieures, et celui de la préservation de la mort et des autres douleurs et misères de cette vie (2).
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(1) Ecclésiastique, XVII, 1-12. — (2) Genèse, I, 28; II, 17, 25; III, 3, 7, 19; Sagesse, I, 13; II, 23; Ecclésiastique, XXV, 33; saint Paul, Ep. aux Rom., V, 12-19; Ire Ep. aux Corinthiens, XV,45-49.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 69. Dans quelle intention Dieu conféra-t-il à nos premiers parents la justice, la sainteté et les autres dons?
R. En conférant à nos premiers parents la justice et la sainteté ainsi que les autres dons, Dieu entendait les conférer à la nature humaine elle-même, comme un don divinement accordé à cette nature tout entière, et qu’Adam, souche du genre humain, transmettrait à ses descendants, par génération, en même temps que sa nature (1).
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(1) Saint Thomas, Ia 2æ q. 81, a. 2.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 70. Quelle défense fit Dieu à nos premiers parents déjà constitués dans l'ordre surnaturel?
R. A nos premiers parents déjà constitués dans l'ordre surnaturel, Dieu défendit de manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal (2).
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(2) Genèse, II, 17; III, 3.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 71. Nos premiers parents observèrent-ils la défense de Dieu?
R. Non, nos premiers parents n’observèrent point la défense de Dieu, et, pour ce grave péché d’orgueil et de désobéissance, ils perdirent la justice et la sainteté, ils furent chassés du paradis terrestre et dès lors sujets à la concupiscence, à la mort et aux autres douleurs et misères de cette vie (3).
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(3) Genèse, II, 17; III, 1-24; saint Paul, Ep. aux Romains, V, 19.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 75. Quelqu'un a-t-il été préservé de la tache du péché originel?
R. Seule la Bienheureuse Vierge Marie, par un privilège unique de Dieu, et en vue des mérites de Jésus-Christ, a été préservée de la tache du péché originel dès le premier instant de sa conception : c’est pourquoi on l’appelle : Conçue sans péché (1).
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(1) Genèse, III, 15; saint Luc, I, 28; Concile de Trente, Sess. V, à la fin; Sixte IV, Const. Cum prae-excelsa, 28 février 1476 ; Pie IX, Const. Ineffabilis Deus, 8 déc. 1854; saint Ephrem, Carmina Nisibena, XXVII, 8; saint Augustin, De natura et gratia, 42.
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Concile de Trente, sess. V, Decretum de peccato originali, canons I à 6:
a) « I. Si quelqu'un ne confesse pas que le premier homme, Adam, ayant transgressé dans le Paradis le commandement de Dieu, perdit aussitôt la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été établi, et, par l’offense d’une telle prévarication, encourut la colère et l'indignation de Dieu, et en conséquence la mort, dont Dieu l'avait menacé auparavant, et, avec la mort, la captivité sous la puissance de celui qui a eu depuis l’empire de la mort, et qui est le Diable, et que, par l'offense de cette prévarication, Adam tout entier tomba dans un état pire selon le corps et l'âme : qu'il soit anathème.
« 2. Si quelqu'un soutient que la prévarication d’Adam n’a été nuisible qu’à lui et non pas à sa postérité, qu'il n'a perdu que pour lui et non pas aussi pour nous la sainteté et la justice, reçues de Dieu, et dont il est déchu, ou que, souillé personnellement par le péché de désobéissance, il n’a transmis à tout le genre humain que la mort et les peines du corps, et non pas le péché, qui est la mort de l’âme : qu’il soit anathème; en effet c’est contredire l’affirmation de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché (Epître aux Romains, V, 12).
« 3. Si quelqu’un soutient que ce péché d’Adam, qui est un dans sa source, et qui est transmis à tous par propagation, non par imitation, et donc qui est propre à chacun, peut être enlevé soit par les forces de la nature humaine, soit par un autre remède que par le mérite du seul médiateur Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a réconciliés avec Dieu dans son sang, s'étant fait pour nous justice, sanctification, et rédemption (Ire Epître aux Corinthiens, I. 30); ou nie que le mérite même du Christ Jésus soit appliqué, tant aux adultes qu’aux enfants, par le sacrement de Baptême, conféré rituellement selon la forme de l’Église : qu’il soit anathème; parce qu'il n’y a pas sous le ciel un autre nom qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Actes des Apôtres, IV, 12). D’où cette parole : Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde (Saint Jean, I, 29). Et cette autre ; Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ (Epître aux Galates, III, 27).
« 4. Si quelqu’un nie que les enfants récemment sortis du sein de leur mère, même s’ils sont nés de parents baptisés, doivent être baptisés; ou dit qu’ils sont vraiment baptisés pour la rémission des péchés, mais ne tirent rien du péché originel d’Adam qu’il soit nécessaire d’expier par le bain de la régénération, pour obtenir la vie éternelle; d’où il s’ensuivrait que pour eux la forme du Baptême en vue de la rémission des péchés serait comprise faussement et non pas véritablement : qu’il soit anathème; car la parole de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché (Epître aux Romains, V, 12), ne peut être entendue d’une autre manière que celle dont l’a toujours entendue l’Église catholique répandue partout. En effet, à cause de cette règle de foi, selon la tradition des Apôtres, même les petits enfants, qui n’ont pu encore commettre aucun péché personnel, sont pourtant véritablement baptisés pour la rémission des péchés, afin que ce qu’ils ont contracté par la génération soit purifié par la régénération. Car nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu, (Saint Jean, III, 5).
« 5. Si quelqu’un nie que la faute du péché originel soit remise par la grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur, conférée au Baptême; ou même soutient que tout ce qui a raison vraie et propre de péché n’est pas ôté; mais dit que cela est seulement gratté, ou n’est pas imputé : qu’il soit anathème. Car Dieu ne hait rien dans ceux qui sont régénérés, parce qu’il n’y a point de damnation pour ceux qui vraiment sont ensevelis dans la mort avec le Christ par le Baptême (Epître aux Romains, VI, 4); qui ne marchent point selon la chair(ib., VIII, I), mais qui, dépouillant le vieil homme et se revêtant du nouveau, qui est créé selon Dieu (Epître aux Ephésiens, IV, 22), sont devenus innocents, immaculés, purs, sans péché, et agréables à Dieu, héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ (Epître aux Romains, VIII, 17); en sorte qu’il ne reste plus rien qui les empêche d’entrer au ciel. Cependant ce saint Concile confesse et reconnaît que la concupiscence, ou foyer du péché, reste dans les baptisés; laissée pour le combat, elle ne peut nuire à ceux qui n’y consentent pas, mais qui résistent courageusement par la grâce du Christ Jésus : bien mieux, celui qui aura lutté selon les règles sera couronné(2e Epître à Timothée, II, 5). Le saint Concile déclare que cette concupiscence, appelée quelquefois péché par l'Apôtre ( Epître aux Romains, VI, 12), n’a jamais été entendue par l’Église catholique au sens d’un péché qui serait véritablement et proprement péché dans ceux qui sont régénérés, mais [elle est appelée péché] en ce sens qu’elle vient du péché et y incline. Si quelqu’un pense le contraire : qu’il soit anathème.
« 6. Cependant ce même saint Concile déclare qu’il n’est pas dans son intention de comprendre, dans ce décret sur le péché originel, la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu; mais il entend qu’à ce sujet les Constitutions du pape Sixte IV, d’heureuse mémoire, soient observées sous les peines qui y sont portées, et qu’il renouvelle ».(D. B., 788-792).
Sixte IV, Constitution Cum praeexcelsa, du 28 février 1476 :
b) « Nous considérons comme une convenance, bien plus comme un devoir, d’inviter tous les fidèles du Christ à rendre grâces et louanges au Dieu tout-puissant... pour l’admirable conception de la Vierge immaculée, à dire les messes et autres divins offices institués à cette fin dans l’Église de Dieu, ou à y assister, de les y inviter, donc, par la concession d’indulgences et de pardons pour leurs péchés ».(Extr. Comm. III,12, 1 et 2. — D.-B., 734).
Pie IX, Constitution Ineffabilis Deus, du 8 décembre 1854 :
c) « Pour l’honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et la beauté de la Vierge Mère de Dieu, pour l’exaltation de la foi catholique et l’accroissement de la religion chrétienne, par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre, nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège unique du Dieu tout puissant, en prévision des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, a été préservée et exempte de toute tache de la faute originelle, est [une doctrine] révélée de Dieu et que par conséquent elle doit être crue fermement et d’une manière inviolable par tous les fidèles. C’est pourquoi ceux qui auraient la présomption de penser différemment, ce qu’à Dieu ne plaise, doivent apprendre et savoir que, condamnés par leur propre jugement, ils ont fait naufrage dans leur foi et se sont séparés de l’unité de l’Église; qu’en outre, par le fait même, ils encourent les peines établies par le droit, s’ils osent manifester leur opinion de vive voix ou par écrit, ou de toute autre manière extérieure ». (Acta Pii IX, pars I, I, 616. — D.-B., 1641).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 76. Que signifie donc l'immaculée conception de la Bienheureuse Vierge Marie?
R. L’immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie signifie que, dès le premier instant de sa conception, la Bienheureuse Vierge Marie posséda la justice et la sainteté ou grâce sanctifiante, et même une plénitude de grâce, avec les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit, et l'intégrité de nature, bien qu’elle demeurât sujette à la mort et aux autres peines et misères de la vie, que son Fils lui-même voulut aussi subir.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 77. Quelle est la croyance de l'Église touchant le passage en l’autre vie de la Bienheureuse Vierge Marie?
R. Sur le passage en l’autre vie de la Bienheureuse Vierge Marie, l’Église tient que son corps fut séparé de son âme — et c’est là mourir; puis que son âme fut réunie à son corps intact de toute corruption et que, par le ministère des Anges, la Bienheureuse Vierge Marie fut enlevée au ciel et exaltée par-dessus tous les chœurs des Anges.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 78. Est-ce que Dieu abandonna le genre humain dans l'état de péché originel?
R. Non, Dieu n’abandonna pas le genre humain dans l’état de péché originel, mais, poussé par sa miséricorde infinie, Il lui promit aussitôt et lui donna au temps voulu un Rédempteur, qui est Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, pour que, par la foi en Lui et par ses mérites, les hommes qui Lui seraient unis de foi et de charité pussent être sauvés, même avant sa venue (1).
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(1) Genèse, III, 15; saint Matthieu, IX, 13 ; saint Paul, 1re Ep. à Timothée, I, 15.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 335. Pourquoi appelle-t-on le Baptême et la Pénitence les sacrements des morts et tous les autres les sacrements des vivants?
R. Le Baptême et la Pénitence sont appelés les sacrements des morts parce qu'ils ont été avant tout institués pour ceux qui, à cause du péché, sont privés de la vie surnaturelle, c’est-à-dire de la grâce sanctifiante; les autres sont appelés les sacrements des vivants parce qu’il n’est pas permis de les recevoir, si l’on n’a déjà la vie surnaturelle.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 337. Ne peut-on acquérir la grâce sanctifiante, c'est-à-dire la réconciliation avec Dieu, avant de recevoir un sacrement des morts ?
R. Même avant de recevoir un sacrement des morts, on peut acquérir la grâce sanctifiante, ou réconciliation avec Dieu, par un acte de contrition parfaite; mais même en ce cas on ne peut imputer la réconciliation à la contrition parfaite sans le vœu du Baptême ou de la Pénitence, inclus dans cette contrition (1).
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(1) Conc. de Trente, XIV e sess., ch. 4.
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Concile de Trente, session XIV, De Sacramento Poenitentiae, chap. 4 :
« Le [Saint Concile] enseigne en outre que, quoiqu’il arrive quelquefois à la contrition d’être charité parfaite et de réconcilier l'homme avec Dieu avant qu'il n'ait en fait reçu ce Sacrement [de Pénitence], néanmoins on ne doit pas attribuer cette réconciliation à la contrition seule, indépendamment du désir de recevoir ce Sacrement, désir qui y est inclus ». (D.B. 898).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 338. Quel est ce vœu du sacrement?
R. Ce vœu du sacrement, c’est la volonté vraie, sérieuse et ferme de recevoir le sacrement.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 348. Qu'est-ce que le sacrement de Baptême?
R. Le sacrement de Baptême est un sacrement institué par Jésus-Christ sous forme d'ablution. Par ce sacrement le baptisé est fait membre du Corps Mystique du Christ, qui est l’Église; il obtient la rémission du péché originel et de tous les péchés actuels qu'il aurait commis, avec toute la peine qui leur est due ; enfin il devient capable de recevoir les autres sacrements (2)
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(2) Saint Marc, XVI, 16; Act. II, 38; saint Paul, Ep. aux Rom., VI, 3 ; Ire Ep. aux Corinth., VI, 11; Ep. aux Coloss., II,11-13; Ep. à Tite, ÏII, 5; Ire Ep. de saint Pierre, III, 21; Pie X, Décret Lamentabili, 3 juillet 1907, 42me proposition condamnée; saint Basile, Homélie 13,5. Saint Matth., XXVIII, 19; saint Jean, III, 5; Actes, VIII, 36; saint Paul, Ep. aux Ephés, V, 26; Ep. aux Hébreux, X, 22; Conc. de Vienne, Const. de Trinit. et fide; Conc. de Florence, Décr. aux Arméniens; Conc. de Trente, sess. VII, can. 2; Innocent III, Lettre Non ut apponeres, 1er mars 1206; Doctrine des douze Apôt., VII, I. — Dans l’Eglise Orientale les paroles sont : « Le serviteur du Christ X... est baptisé (ou : que soit baptisé le serviteur du Christ X...) au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».
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Pie X, Décret Lamentabili. du 3 juillet 1907, 42e proposition condamnée :
a) « C’est la communauté chrétienne qui a introduit la nécessité du Baptême en l'adoptant comme un rite nécessaire et en liant à lui les obligations de l'état de chrétien ». (Acta S. Sedis, XL, 471. — D.-B., 2042).
S. Basile, Homélie 13, 5 :
b) « Le Baptême est la rançon pour les captifs, la remise des dettes, la mort du péché, la renaissance de l'âme, le vêtement lumineux, le sceau impossible à briser, le char qui mène au ciel, ce qui procure le royaume, [c'est] le don de l'adoption ». (P. G., 31, 433. — R. J., 968).
Concile de Vienne (1311-1312), Constitution de Trinitate et fide, contre les erreurs de Pierre d’Olive :
c) « Tous les fidèles doivent confesser qu’il y a un Baptême unique, régénérant dans le Christ tous les baptisés, de même qu’il y a un seul Dieu, et une seule foi (Epître aux Ephésiens IV, 5). Célébré avec de l’eau au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, nous croyons qu’il est pour tous, adultes et enfants, le parfait remède en vue du salut » (Mansi, XXV, 411. — D.-B.,482).
Concile de Florence, Decretum pro Armenis:
d) « La première place entre tous les Sacrements appartient au Baptême, qui est la porte de la vie spirituelle : car c’est lui qui nous faits membres du Christ, comme appartenant à l'Église, son corps. Et comme, par le premier homme, la mort est entrée en tous, nous ne pouvons pas, dit la Vérité (saint Jean,III, 5), entrer dans le royaume des cieux, si nous ne renaissons de l’eau et de l’Esprit.
La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle; peu importe qu’elle soit froide ou chaude. Sa forme, c’est : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Nous ne nions pas cependant que les paroles : Un tel, serviteur du Christ, est baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ou bien : Un tel est baptisé de mes mains au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit confèrent un Baptême véritable. En effet, la cause principale, d’où le Baptême tire sa vertu, est la Sainte Trinité, et la cause instrumentale est le ministre qui confère extérieurement le sacrement : si donc on exprime l’acte accompli par le ministre, en y joignant l’invocation de la Sainte Trinité, le Sacrement est réellement donné. (Voir avertissement). Le ministre de ce sacrement est le prêtre, baptiser lui revient d’office. Mais en cas de nécessité, non seulement le prêtre ou le diacre, mais même un laïque, ou une femme, même un païen et un hérétique peut baptiser, pourvu qu’il observe la forme prescrite par l’Église et qu’il ait l’intention de faire ce que fait l’Église.
L’effet de ce sacrement est la rémission de toute faute originelle et actuelle, comme de toute peine due pour la faute. C’est pourquoi on ne doit imposer aux baptisés aucune satisfaction pour leurs péchés passés; et, s’ils meurent avant d’avoir commis aucune faute, ils parviennent aussitôt au royaume des cieux et à la vision de Dieu ». (Mansi, XXXI, 1059. — D.-B., 696).
Concile de Trente, session VII, Canones de Baptismo, can. 2 :
e) « Si quelqu’un dit que l’eau vraie et naturelle n’est pas nécessaire pour le Baptême et si par conséquent il détourne ces paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Si quelqu'un ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint (saint Jean, III, 5) dans le sens d’une métaphore quelconque : qu’il soit anathème ». (D.-B., 858).
Innocent III, Ep. Non ut apponeres, ad Thoriam Archiep. Nidrosiensem, du Ier mars 1206 :
f) « Vous demandez si l’on doit tenir pour chrétiens les petits enfants à l’article de la mort que des personnes simples, à cause du manque d’eau et de l’absence d’un prêtre, ont mouillés de salive sur la tête, sur la poitrine et entre les épaules, en guise de Baptême. Voici notre réponse : étant donné que dans le baptême deux choses sont toujours requises nécessairement, à savoir la formule et la matière employée, selon la parole de la Vérité — quant à la formule : Allez dans le monde, etc. (saint Marc, XVI, 15; saint Matthieu, XXVIII, 19) et quant à la matière : Si quelqu'un, etc. (saint Jean, III. 5) — vous ne devez pas hésiter à croire qu’ils n’ont pas reçu réellement le Baptême tous ceux pour lesquels non pas même les deux conditions ont manqué, mais seulement l’une des deux ». (Decretales Gregorii IX, III, 42, 5. — D.-B., 412).
Didachè, VII, 1 :
g) « Quant au Baptême, baptisez ainsi après avoir donné tous les enseignements préalables, baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit dans l’eau vive ». (Patres Apostolici, ed. Funk, I, 17 et suiv.— R. J., 4)
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 349. Quelle est la matière et quelle est la forme du sacrement de Baptême?
R. La matière éloignée du sacrement de Baptême est l’eau naturelle, la matière prochaine est l’ablution du corps avec cette même eau. La forme en est constituée par ces paroles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (1).
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(1) Pour qu’il y ait ablution du corps il est nécessaire que le corps, et ici plus spécialement la tête, soit touché par l’eau et que celle-ci coule assez abondamment pour qu’on puisse dire de la personne qu’elle a été lavée.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 350. Que signifie l'expression de l'Écriture sainte selon laquelle les Apôtres avaient donné le Baptême au nom du Christ?
R. Quand dans l’Écriture Sainte on dit des Apôtres qu’ils baptisaient au nom du Christ, on veut signifier par là que les Apôtres conféraient non pas le baptême de Jean, mais bien le baptême institué par Jésus-Christ, et selon la forme même que Notre Sauveur et Seigneur avait ordonné d’observer (2).
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(2) Catéchisme du Concile de Trente, 2ep., ch. II, n. 16.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 351. Quel est le ministre du Baptême?
R. Le prêtre est le ministre ordinaire du Baptême, mais c’est au curé de la paroisse, ou à un autre prêtre délégué par lui ou par l’Ordinaire du lieu, qu’en est réservée l’administration; le diacre est ministre extraordinaire du Baptême, mais il lui faut une délégation de l’Ordinaire du lieu ou du curé, délégation qui ne peut lui être accordée sans raison grave.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 352. Qui peut conférer le Baptême en cas de nécessité?
R. Dans le cas de nécessité, toute personne peut conférer le Baptême sans solennité; mais, si un prêtre est présent, il doit l’administrer de préférence au diacre, le diacre de préférence au sous-diacre, le clerc de préférence au laïque, un homme de préférence à une femme, à moins que, pour une raison de décence, il ne convienne mieux de le faire conférer par une femme, ou bien que celle-ci connaisse mieux la forme du Baptême et la manière de baptiser (1).
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(1) Conc. de Lat., ch. I; Conc. de Florence, Décret aux Arméniens; saint Augustin, Contra epist. Parmeniani, II, 29; Code de dr. can., can. 738, 741, 742.
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IVe Concile de Latran(1215), ch. I, De fide catholica contra Albigenses :
a) « Le sacrement de Baptême (qui est administré dans l’eau en vertu de l’invocation de Dieu et de l’indivisible Trinité, c’est-à-dire du Père, et du Fils et du Saint-Esprit), s’il est régulièrement conféré, par qui que ce soit, dans la forme voulue par l’Église, procure le salut aux enfants aussi bien qu’aux adultes ». (Mansi, XXII, 982. — D.-B., 430).
Concile de Florence, Decretum pro Armenis:
b) « La première place entre tous les Sacrements appartient au Baptême, qui est la porte de la vie spirituelle : car c’est lui qui nous faits membres du Christ, comme appartenant à l'Église, son corps. Et comme, par le premier homme, la mort est entrée en tous, nous ne pouvons pas, dit la Vérité (saint Jean,III, 5), entrer dans le royaume des cieux, si nous ne renaissons de l’eau et de l’Esprit.
La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle; peu importe qu’elle soit froide ou chaude. Sa forme, c’est : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Nous ne nions pas cependant que les paroles : Un tel, serviteur du Christ, est baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ou bien : Un tel est baptisé de mes mains au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit confèrent un Baptême véritable. En effet, la cause principale, d’où le Baptême tire sa vertu, est la Sainte Trinité, et la cause instrumentale est le ministre qui confère extérieurement le sacrement : si donc on exprime l’acte accompli par le ministre, en y joignant l’invocation de la Sainte Trinité, le Sacrement est réellement donné. Le ministre de ce sacrement est le prêtre, baptiser lui revient d’office. Mais en cas de nécessité, non seulement le prêtre ou le diacre, mais même un laïque, ou une femme, même un païen et un hérétique peut baptiser, pourvu qu’il observe la forme prescrite par l’Église et qu’il ait l’intention de faire ce que fait l’Église.
L’effet de ce sacrement est la rémission de toute faute originelle et actuelle, comme de toute peine due pour la faute. C’est pourquoi on ne doit imposer aux baptisés aucune satisfaction pour leurs péchés passés; et, s’ils meurent avant d’avoir commis aucune faute, ils parviennent aussitôt au royaume des cieux et à la vision de Dieu ». (Mansi, XXXI, 1059. — D.-B., 696).
Saint Augustin, Contra epistolam Parmeniani, II,29 :
c) « Si un laïque, pressé par un danger de mort, a donné [le baptême] — il a bien appris comment l’administrer, lorsqu’il l’a reçu lui-même — je ne sache pas qu’on ait raison de dire qu’il faut recommencer. Si cela s’est fait sans nécessité, c’est une usurpation de fonctions; mais si la nécessité s’imposait, la faute est nulle, ou vénielle. En tout cas, que la fonction ait été usurpée sans nécessité et que le baptême ait été donné par qui que ce soit à qui que ce soit, on ne peut pas dire que ce qui a été donné n’a pas été donné, quoiqu’on puisse dire peut-être à juste titre qu’il a été illicitement donné ». (P. L., 43, 71. — R. J., 1618).
Ch. Raoul Naz, Traité de Droit canonique, 1955, t. II, Livre III, p. 41, a écrit:
38. En dehors du péril de mort. — CAN. 759, §2. En dehors du péril de mort, l'Ordinaire du lieu ne peut permettre le baptême privé que s'il s'agit d'hérétiques adultes qui sont baptisés sous condition.
En rigueur de droit, si le premier baptême douteux de l'hérétique a compris toutes les cérémonies requises selon le rituel romain (ce qui sera rarement le cas), l'intervention de l'Ordinaire du lieu ne devra pas être demandée pour l'omission de ces cérémonies lors du second baptême (can. 760), mais elle le sera pour d'autres motifs (can. 744; 2314, § 2).
En dehors du péril de mort, seuls un prêtre ou un diacre administrent le baptême privé, avec de l'eau baptismale.
L'Ordinaire de lieu ne peut accorder d'autre permission que celles prévues par ce can. 759, § 2. Néanmoins celui-ci ne réprouve pas les coutumes contraires, centenaires ou immémoriales. L'Ordinaire pourra donc les tolérer, s'il peut difficilement les supprimer. Une telle coutume existe notamment : dans certains pays où il y a fort peu de prêtres, lorsque, l'enfant étant exposé à rester des mois sans baptême, le baptême est conféré de façon privée par un laïque, par ex. un catéchiste 1 ; là où, à la demande des familles, le prêtre confère le baptême privé à domicile, soit parce que la famille ne veut pas de cérémonies 2, soit parce qu'elle désire remettre à plus tard, lorsque tous les invités et surtout le parrain et la marraine pourront facilement venir, le reste des cérémonies et la fête profane qui suivra 3 : le prêtre ne peut se conformer à cette demande des familles que pour éviter de plus grands maux.
Il est aussi admis qu'en cas de grave nécessité (cf. can. 98, § 1), qui n'est cependant pas un péril de mort, le prêtre ou diacre qui est d'un autre rite que celui auquel doit appartenir le baptisé se contente de faire l'ablution baptismale avec les paroles requises.
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1 Cf. la réponse particulière de la S. Congr. de la Propagande du 16 janvier 1804, qui approuve même cette coutume (Fontes, n. 4677). — 2 Cf. l'instruction particulière de la S. Congr. de la Propagande du 30 août 1775 (Fontes, II, 4569). — 3 Cf. les réponses particulières de la S. Congr. du Concile des 28 septembre 1868 et 14 avril 1894 (F. Cimetier, Consultations de droit canonique, t. I, p. 30-31).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 353. Comment peut-on faire l'ablution requise pour la validité du Baptême?
R. L’ablution requise pour la validité du Baptême peut être faite soit par immersion dans l’eau, soit par infusion d’eau, soit par aspersion, selon le rite approuvé dans sa propre Église(2).
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(2) Code de dr. can., can. 758; Catéch. du Concile de Trente. 2e p., ch. II, n. 17 et suiv. — Le Baptême par aspersion est tombé en désuétude parce qu’il prête trop à mettre en doute si l’ablution du corps, qui est nécessaire, a été réelle ou non; aussi a-t-on pris l’habitude de rebaptiser sous condition ceux qui ont été baptisés par aspersion. — Ceux qui enseignent le catéchisme doivent prendre soin d’exposer comment il faut administrer le Baptême en cas de nécessité.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 354. Quand doit-on baptiser les enfants?
R. Les enfants doivent être baptisés le plus tôt possible, et il y aurait un péché grave pour les parents, et pour toute personne qui aurait la charge des enfants, s’ils les laissaient mourir par leur faute sans Baptême, ou s’ils différaient longuement, sans raison grave, de les faire baptiser (1).
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(1) Concile de Florence, Décr. pour les Jacobites; Pie X, loc. cit., 43me proposition condamnée; Cod. dr. can., can. 770.
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Concile de Florence, Decretum pro Jacobitis :
a) « A tous... ceux qui se glorifient du nom de chrétien, on ordonne absolument, en quelque temps que se soit, soit avant, soit après le Baptême, de renoncer à la circoncision; car, qu’on mette en elle son espoir ou non, on ne peut absolument pas l’observer sans perdre son salut éternel. Quant aux enfants, en raison du danger de mort qui peut souvent se présenter et puisqu’à leur égard en ne peut user d’un autre remède que le sacrement de Baptême qui les ravit à la domination du diable pour les faire fils adoptifs de Dieu, on avertit de ne pas faire attendre le saint Baptême pendant quarante ou quatre-vingts jours, ou tout autre délai, selon la pratique de certains. Il devra donc être conféré aussitôt qu’on le pourra commodément; mais, si le danger de mort est imminent, les enfants devront être baptisés sans aucun retard et même, s’il n’y a pas de prêtre par un laïque ou par une femme, pourvu que ce soit dans la forme voulue par l'Église, ainsi que le décret pour les Arméniens l’expose avec plus de détail ». (Mansi, XXXI, 1738 et suiv. — D.-B., 712).
Pie X, Décret Lamentabili, du 3 juillet 1907, 43e proposition condamnée :
b) « L'usage de conférer le baptême aux enfants est une évolution de la discipline, causée en partie par la division du sacrement [primitif] en deux sacrements : le Baptême et la Pénitence ». (Acta S. Sedis, XL, 472. — D.-B., 2043).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q.355. Dans quelles dispositions un adulte doit-il s'approcher du Baptême?
R. L’adulte qui s’approche du Baptême doit le faire en toute connaissance de cause et volontairement; il faut en outre qu’il soit instruit convenablement et bien disposé; enfin, s’il a commis des péchés mortels, il est nécessaire qu’il en ait au moins l’attrition (2).
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(2) Actes, II, 38; Rituel Romain, titre I, chap. III, n. I; Cod. dr. can., can. 752, § I; Catéch. du Conc. de Trente, l. c, n. 40; saint Thomas, in 4. d. 6, q. 1, a. 5, ad 5m.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 356. Qu'arrive-t-il, si un adulte reçoit le Baptême avec la conscience chargée d'un péché grave dont il n'a pas même l'attrition?
R. Si un adulte reçoit le Baptême avec la conscience chargée d’un péché grave dont il n’a pas même l’attrition, son Baptême est valide et il reçoit le caractère, mais il commet un péché grave de sacrilège et n’obtient pas la grâce; il ne la recevra que lorsqu'il aura obtenu, par sa contrition ou son attrition, et en vertu de ce même Baptême, la rémission du péché (1).
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(1) Saint Thom., p. 3a q. 69, a. 10; saint Alph., Théol. Morale, liv. VI, traité I, chap. III, n. 87.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 357. Le baptisé contracte-t-il des devoirs en vertu de son Baptême?
R. En vertu de son Baptême le baptisé est tenu de professer la foi du Christ dans l’Église Catholique et d’observer les commandements du Christ et de l’Église Catholique (2).
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(2) Saint Paul, Ep. aux Rom., VI, 3-13; Ep. aux Galat., III, 27; Ep. aux Coloss., II, 12; Conc. Trente, l. c, can. 7.
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Concile de Trente, session VII, Canones de Baptismo, can. 7 :
« Si quelqu’un dit que par le Baptême en tant que tel les baptisés sont tenus à la foi seule, mais non à observer toute la loi du Christ : qu’il soit anathème ». (D.-B., 863).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 358. Le Baptême est-il nécessaire à tous pour être sauvé?
R. Le Baptême est nécessaire à tous pour être sauvé, puisque, selon la parole de Jésus-Christ : « Nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (3).
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(3) Saint Jean, III, 5; Conc. Carthage, can. 2; Conc. Florence, l. c; Conc. Trente, l. c., can. 5; saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse III, 10.
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a) Concile de Carthage (418) approuvé par le pape S. Zosime, 2e canon contre les Pélagiens :
« En outre on a décidé ce qui suit : quiconque nie que les enfants nouveau-nés doivent être baptisés ou dit qu’ils sont bien baptisés pour la rémission des péchés, mais qu’ils n'ont rien pris à Adam du péché originel qui soit purifié par le bain de régénération et que par conséquent, appliquée à eux, la formule du baptême : « en rémission des péchés », doit être tenue pour fausse et non pas vraie : qu’il soit anathème. Car la parole de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché (Epître aux Romains, V, 12),ne doit pas s’entendre autrement que l’Église catholique, universellement répandue, l’a toujours entendue. Et, selon cette règle de foi, même les petits enfants qui par eux-mêmes n’ont pu encore commettre aucun péché sont vraiment baptisés en rémission des péchés, et la régénération purifie en eux la souillure que la génération leur a infligée ». (Mansi, III, 811. — D.-B., 102).
b) Concile de Florence, Decretum pro Armenis :
« Entre ces Sacrements il y en a trois : le Baptême, la Confirmation et l’Ordre, qui impriment dans l’âme le caractère, c’est-à-dire un signe distinctif pour ceux qui l’ont reçu, indélébile. C’est pourquoi ils ne sont pas renouvelés à la même personne. Les quatre autres n’impriment pas de caractère, et admettent le renouvellement ». (Mansi, XXXI, 1054. — D.-B., 695).
Concile de Trente, session VII, Canones de Baptismo, can. 5 :
c) « Si quelqu'un dit que le Baptême est libre, c’est-à-dire qu’il n'est pas nécessaire pour le salut : qu’il soit anathème ». (D.-B., 861).
Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, III, 10 :
d) « Si l'on ne reçoit pas le Baptême, on n’est pas sauvé, exception faite seulement pour les martyrs qui, même sans eau, obtiennent le royaume». (P. G. 33, 440. — R. J., 811).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 359. Qu'adviendra-t-il aux âmes de ceux qui seront morts sans Baptême, mais avec le seul péché originel?
R. Les âmes de ceux qui meurent sans Baptême et avec le seul péché originel sont privées de la vision béatifique de Dieu, à cause de ce péché originel, mais elles ne souffrent pas des autres peines par lesquelles sont châtiés les péchés personnels (1).
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(1) Innoc. III, Lettre Majores, à l'Archev. d'Arles; Pie VI, Const. Auctorem fidei, propos. 26; Pie IX, Lettre aux Evêq. d'Italie, 10 août 1863; saint Th., in 2 d. 33, q. 2, a. 1 et 2, et De Malo, q. 5, a. 2 et 3. — Communément on appelle Limbes le lieu ou l'état de ces âmes, mais il faut se garder de l'entendre du lieu ou de l'état des justes morts avant le Christ. Cf. q. 106.
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Innocent III, Ep. Majores Ecclesiae causas, (1201) ad Ymbertum, Archiep. Arelatensem :
a) « ...La peine du péché originel est l'absence de la vision de Dieu; la peine du péché actuel est la torture de la géhenne perpétuelle ». (Decretales Gregorii IX, l. III, tit. 42, cap. 3. — D.-B., 410).
Pie VI Constitution Auctorem fidei, du 28 août 1794, contre les erreurs du Synode de Pistoie, 26e proposition condamnée :
b) « La doctrine qui rejette comme une fable pélagienne cet endroit des enfers (que les fidèles appellent souvent limbes des enfants) dans lequel les âmes de ceux qui meurent avec le seul péché originel sont punis de la peine du dam sans la peine du feu; comme si écarter de ces âmes la peine du feu, c'eût été remettre en honneur la fable pélagienne d'après laquelle il y aurait un lieu et un état intermédiaire, exempt de faute et de peine, entre le royaume de Dieu et la damnation éternelle : — cette doctrine est fausse, téméraire, injurieuse aux écoles catholiques ». (Bullarii Romani Continuatio, ed. Prati, t. VI, p. III, 2711 et suiv. — D.-B., 1526).
c) Pie IX, Encyclique Quanto conficiamur, du 10 août 1863, aux évêques d’Italie :
« Et ici, Fils chéris et vénérables Frères, il faut rappeler de nouveau et blâmer l'erreur très grave où sont malheureusement tombés quelques catholiques : ils croient que les hommes vivants dans l'erreur et séparés de la vraie foi et de l'unité catholique peuvent parvenir à la vie éternelle. Cela est tout à fait contraire à la doctrine catholique. Nous le savons et vous le savez, ceux qui souffrent d’une ignorance invincible à l'égard de notre très sainte religion, et qui observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes gravés par Dieu dans le cœur de tous, qui sont disposés à obéir à Dieu, qui mènent une vie honnête et juste, ceux-là peuvent, par l'efficacité de la lumière divine et de la grâce, acquérir la vie éternelle; puisque Dieu, qui voit parfaitement les esprits, les âmes, les pensées et les habitudes de tous, les scrute et les connaît, ne souffre pas, dans sa bonté et dans sa clémence souveraines, que quelqu’un qui n’est point coupable d’une faute volontaire soit puni par des supplices éternels. Mais parfaitement connu aussi est le dogme catholique : hors de l'Église catholique nul ne peut être sauvé, et les contumaces rebelles à l'autorité et aux définitions de l'Église, ceux qui demeurent opiniâtrement hors de l'unité de cette Église et séparés du Pontife romain, successeur de Pierre, à qui la garde de la vigne a été confiée par le Sauveur, ceux-là ne peuvent obtenir le salut éternel ». (Acta Pii IX, I, III, 613. — D.-B., 1677).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 360. Le Baptême peut-il être suppléé?
R. Le Baptême peut être suppléé par le martyre et par un acte d’amour de Dieu, cet acte contenant nécessairement la contrition parfaite des péchés et le désir du Baptême, mais seul le Baptême d’eau imprime le caractère et rend capable de recevoir les autres sacrements (2).
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(2) Saint Matth., X, 32; XVI, 25; saint Marc, VIII, 35; saint Luc, IX, 24; XII, 8 ; saint Jean, XIV, 21, 23; Innoc. II, Lettre Apostolicam Sedem, à l'Evêque de Crémone; saint Fulgence, De fidei, 41; saint Thomas, p. 3a, q. 68, a. 2; et q, 69, a, 4, ad, 2m. On appelle le martyre Baptême de sang, et l’acte de charité, Baptême de désir.
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Innocent II (1130-1143), Lettre Apostolicam Sedem, à l'évêque de Crémone :
a) « Voici notre réponse à votre question : le prêtre que vous nous signalez comme ayant achevé son dernier jour sans avoir reçu l’eau du baptême a persévéré dans la foi de notre sainte mère l’Eglise et dans la confession du nom du Christ. Nous affirmons donc sans hésiter, en nous appuyant sur l’autorité des saints Pères Augustin et Ambroise, qu’il a été délivré du péché originel et qu’il a reçu la joie de la céleste patrie. Reportez-vous au huitième livre de la Cité de Dieu, de saint Augustin; on y lit entre autres choses : « Le Baptême est administré invisiblement à celui qu’exclut non pas le mépris de la religion, mais la contrainte de la nécessité ». Ouvrez encore le livre du bienheureux Ambroise Sur la mort de Valentinien, il soutient la même opinion. Voilà donc vos doutes apaisés, tenez-vous en à l’opinion des savants Pères et faites offrir à Dieu dans votre église des prières et des sacrifices continuels pour ce prêtre ». (P. L., 179, 624. — D.-B., 388).
Saint Fulgence, De fide, 41 :
b) « Depuis le jour où notre Sauveur a dit : Si quelqu’un ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu (saint Jean, III,5), sauf ceux qui sans baptême ont versé leur sang pour le Christ dans l'Église catholique, nul ne peut obtenir le royaume des cieux ni la vie éternelle sans le sacrement de Baptême. Car si quelqu’un a reçu le sacrement de Baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, — que ce soit dans l’Église catholique, ou dans n’importe quelle hérésie ou schisme, il a reçu le Sacrement complet. Mais il n’aura pas le salut, qui est l’effet du Sacrement, s’il a reçu ce Sacrement hors de l’Église catholique. Il doit donc revenir à l’Église, non pour recevoir de nouveau le sacrement de Baptême dont personne ne doit exiger la répétition chez un homme déjà baptisé, mais pour recevoir, dans la communauté catholique, la vie éternelle, que nul n’est jamais capable d’obtenir, si, muni du sacrement de Baptême, il reste cependant séparé de l’Église catholique ». (P. L., 65, 692. — R. J., 2269).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 361. En quoi consiste le martyre, qui peut suppléer au Baptême?
R. Le martyre qui peut suppléer au Baptême consiste dans la mort infligée injustement et subie par un adulte, à cause du Christ, en témoignage de la foi ou de la vertu chrétienne (3).
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(3) Saint Thom., 2a 2æ, q. 124, a. I.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 362. Pourquoi impose-t-on au baptisé le nom d’un Saint?
R. On impose le nom d’un Saint au baptisé afin qu’il ait en lui un protecteur particulier et qu'il trouve dans sa vie un exemple de vertu (1).
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(1) Code de dr. can., can. 761.— N’oubliez pas ce que vous avez promis à Dieu dans le Baptême, ni pourquoi le prêtre, lorsqu’il vous a imposé un vêtement blanc, vous a exhorté par les paroles suivantes : « Recevez ce vêtement blanc que vous devrez présenter immaculé devant le tribunal de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour obtenir la vie éternelle ».
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 290. Qu'est-ce que la prière?
R. La prière est une pieuse élévation de l’âme vers Dieu, pour L’adorer, Lui rendre grâces de ses bienfaits, obtenir le pardon des péchés et solliciter ce qui est nécessaire ou utile à notre prochain ou à nous-mêmes.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 291. Est-il nécessaire de prier?
R. Il nous est nécessaire de prier, parce que telle est la volonté de Dieu et parce que Dieu n’accorde généralement les secours dont nous avons un perpétuel besoin que si nous les lui demandons (1).
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(1) Ecclésiastique, XVIII, 22; saint Matth., VII, 7, 8; saint Luc, XI, 9-13; XVIII, 1; saint Paul, Ep. aux Rom., XII, 12; Ep. aux Eph., VI,18; Ep. aux Coloss., IV, 2; Ire Epître aux Thessal, V, 17; saint Jean Chrysost., Sur la Genèse, XXX, 5; Catéchisme du Concile de Trente, 4e p., ch. I, n. 2. La prière est nécessaire à la vie de l'âme comme la respiration à la vie du corps : celui qui a coutume de prier engendre son salut; celui qui n'a pas l'habitude de prier engendre sa damnation. Implorez souvent Dieu, chrétiens, des lèvres et plus souvent encore du cœur; servez-vous pieusement des formules des prières du matin et du soir. Suppliez Dieu dans les tentations et les difficultés de la vie et gravez ceci dans votre esprit : Celui qui a su bien vivre, c'est celui qui a su bien prier.
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Saint Jean Chrysostome, In Genesim homilia XXX, 5 :
« C’est un grand bien que la prière. Car, si on ne retire pas peu de fruit de la conversation avec un homme vertueux, quels biens ne recevra pas celui qui a eu une conversation avec Dieu ? Car la prière est une conversation avec Dieu... Ne pourrait-il pas donner avant que nous lui demandions ? Mais non, il attend pour trouver l’occasion de nous rendre, en toute justice, dignes de sa providence ». (P. G. 53,280. — R. J., 1154).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 292. Combien y a-t-il de sortes de prière?
R. Il y a deux sortes de prière : la prière mentale, par laquelle nous conversons avec Dieu de cœur et d’esprit et par laquelle nous méditons les vérités éternelles;— la prière vocale, prononcée par les lèvres avec l’attention de l’esprit et la dévotion du cœur.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 293. Combien y a-t-il de prières vocales?
R. Il y a deux prières vocales : la prière privée, individuelle ou dite en famille, sans intervention des ministres de l’Église, qu'elle soit faite à l’intention du prochain ou pour soi-même; — la prière publique, faite par les ministres de l’Église et au nom de l’Église; on l’appelle prière liturgique, lorsqu’elle est fixée par les livres de l’Église.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 294. Que devons-nous principalement demander dans la prière?
R. Dans la prière nous devons principalement demander la gloire de Dieu, notre salut éternel et celui des autres, ainsi que les moyens nécessaires ou opportuns pour l’obtenir (1).
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(1) Saint Matth., VI, 9-13; XXI, 22; XXVI, 41.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 295. Est-il permis de demander des biens temporels?
R. Il est permis de demander des biens temporels conformément à la volonté divine, s’ils doivent servir à la gloire de Dieu ou être utiles, de quelque façon, à l’acquisition de la vie éternelle pour notre prochain ou pour nous-mêmes, — ou au moins s’ils n’y mettent pas obstacle (1).
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(1) Saint Matth., VIII, 2, 6, 25; IX, 18; XV, 22; XVII, 14; saint Marc, I, 40-42; VII, 32; saint Thomas, 2a 2ae q. 83, a. 6; Catéchisme du Conc. de Trente, 4e p., ch. IV, n. I et suiv.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 296. A qui la prière est-elle adressée?
R. Toute prière est adressée à Dieu, qui seul peut accorder ce que nous demandons; mais nous pouvons prier ceux qui sont au ciel, spécialement la Très Sainte Vierge Marie, et même les âmes du Purgatoire, afin qu’ils intercèdent pour nous auprès de Dieu (2).
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(2) Tobie, XII, 12; Job, XLII, 8; II Mach., XV, 14; Apoc., V, 8; VIII, 3.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 297. A quelles conditions une prière est-elle efficace?
R. Pour qu’une prière soit efficace, elle doit être faite : au nom du Christ Jésus, car elle s’appuie sur ses mérites, — avec piété, confiance, espérance, humilité et persévérance (3).
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(3) Tobie, XII, 8; Ecclésiastique, XXXV, 21; saint Matth., VI, 5, 6; VII 7-11; XVII, 20; XXI, 22; saint Marc, XI, 24; saint Jean, XVI, 23, 24; Ep. de saint Jacques, I, 5, 6; IV, 3; V, 16-18; saint Augustin, Tract 102 in Ioannem; saint Thomas, 2a 2ae, q. 83, a. 4.
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Saint Augustin, Tractatus 102 in Ioannem, I :
« Il faut maintenant examiner ces paroles (saint Jean, XVI, 24) : En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous demandez quelque chose au Père en mon nom, il vous le donnera. On l’a déjà dit dans des parties précédentes de ce discours du Seigneur, à l’intention de ceux qui demandent certaines choses au Père, au nom du Christ, et qui ne reçoivent rien : on ne demande pas au nom du Sauveur tout ce qu’on demande de contraire au plan du salut. Car lorsqu’il dit en mon nom, on ne doit pas croire qu’il désigne le son des lettres et des syllabes [de ce nom], mais ce que ce son lui-même signifie et l’intelligence orthodoxe et véritable qu’on en a.
Donc celui qui a sur le Christ une pensée qu’on ne doit pas avoir sur le Fils unique de Dieu ne demande pas en son nom, même s’il ne manque pas d’articuler les lettres et les syllabes du mot; car il demande au nom de celui à qui il pense lorsqu’il fait sa demande. Mais celui qui pense de lui ce qu’on en doit penser, celui-là demande en son nom, et il reçoit ce qu’il demande pourvu qu’il ne demande rien de contraire à son salut éternel. Seulement il reçoit quand il doit recevoir. Car certaines choses ne sont pas refusées : elles sont seulement différées, pour être données au temps convenable. Telle est la saine interprétation de la parole : Il vous le donnera; en ce sens que les bienfaits dont il s’agit et que ces paroles désignent sont ceux qui regardent personnellement ceux qui les demandent. Tous les Saints sont exaucés en ce qui les regarde, mais non en ce qui regarde tous les autres, qu’ils soient leurs amis ou leurs ennemis. Car il n’a pas été dit simplement : Il donnera, mais : Il vous donnera ». (P. L., 35,1896).
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 298. Pourquoi n'obtenons-nous pas toujours ce que nous demandons dans la prière?
R. Il arrive que nous n’obtenions pas ce que nous demandons dans la prière, lorsque nous n’avons pas bien prié ou lorsque nous avons demandé des choses qui ne nous convenaient pas, mais en ce cas nous pouvons être sûrs que Dieu nous comblera en temps opportun de grâces différentes ou même de grâces plus grandes (1).
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(1) Catéchisme du Concile de Trente, 4e p., ch. II, n. 4.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 299. Quelle est la prière la plus parfaite?
R. La plus parfaite des prières est l'Oraison Dominicale ou Notre Père; on lui ajoute d'ordinaire la Salutation angélique ou Ave Maria.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 300. Pourquoi le Notre Père est-il appelé Oraison Dominicale?
R. Le Notre Père est appelé Oraison Dominicale (du mot latin Dominus, Seigneur) parce qu'il nous a été enseigné par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui même (2).
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(2) Saint Matth. VI, 9-13; saint Luc, XI, 2-4.
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Re: Catéchisme catholique de Cardinal Gasparri
Q. 301. Pourquoi l'Oraison Dominicale est-elle la plus parfaite des prières?
R. L’Oraison Dominicale est la plus parfaite des prières parce qu'elle contient tout ce que nous devons demander tant par rapport à Dieu (les trois premières demandes) que par rapport à notre prochain et à nous-mêmes (les autres demandes) (3).
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(3) « L'Oraison Dominicale est la plus parfaite parce que, comme le dit saint Augustin (Ep. 130, al. 121, ad Probant, ch. 12) : Si nous voulons prier comme il faut, nous ne pouvons dire autre chose que ce qui est contenu dans cette Oraison dominicale. Puisqu'en effet la prière est l’expression de notre désir auprès de Dieu, nous prions bien, lorsque nous demandons à Dieu les choses que nous devons désirer. Or dans l’Oraison Dominicale non seulement toutes les choses que nous pouvons justement désirer sont demandées, mais elles le sont dans l’ordre où nous devons les désirer, de sorte que cette prière nous apprend à prier, bien plus, elle informe et instruit tout notre amour ». Saint Thomas, 2a 2ae, q. 83, a. 9. Récitons donc souvent l’Oraison dominicale dignement, attentivement et dévotement.