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Tema: Introduction au Nouveau Testament

  1. #21
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    21 jul, 17
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    LE
    SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
    SELON SAINT JEAN

    INTRODUCTION

    La tradition est unanime à attribuer le quatrième Évangile à l'apôtre S. Jean. Tous les Pères qui parlent de l'auteur de cet évangile désignent S. Jean. Il en est de même des manuscrits et des canons, à commencer par celui de Muratori. S. Théophile, septième évêque d'Antioche († 180), S. Irénée († 202), Clément d'Alexandrie († 217), Tertullien (190) nomment sans hésitation l'Apôtre bien-aimé. S. Irénée nous apprend qu'il composa ce livre à Éphèse, où il vécut jusqu'au règne de Trajan (98-117). Suivant S. Jérôme, il fut le dernier des écrivains sacrés, et il se mit à l'œuvre au retour de Patmos, à la prière des pasteurs et des fidèles de l'Asie-Mineure. Il avait 90 ans suivant S. Épiphane, et probablement davantage.

    Dès le milieu du second siècle, cinquante ans après sa publication, le quatrième évangile était partout connu comme l'œuvre de S. Jean.

    Le témoignage de la tradition se trouve confirmé de tout point par les caractères de l'ouvrage. Il suffit de l'étudier avec attention pour se convaincre qu'il a paru après les trois autres, sur la fin du premier siècle, que celui qui l'a écrit, bien qu'il vécût parmi les Gentils, était né en Judée, qu'il avait été témoin des faits qu'il rapporte, et qu'il faisait partie du collège apostolique, enfin qu'il ne saurait être que S. Jean.

    Cet évangile a été composé après les trois synoptiques.…

  2. #22
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    LE
    SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
    SELON SAINT JEAN

    (suite)

    Cet évangile a été composé après les trois synoptiques. — Il en révèle l'existence de deux manières : par son silence sur certains points et ses allusions sur d'autres.

    — 1° D'abord son silence le suppose. Quoiqu'il sache très bien la durée de la prédication du Sauveur et qu'il en distingue les années par l'indication des solennités pascales, les faits qu'il rapporte ne remplissent qu'une petite partie de ce temps. On voit qu'il se tient dispensé de tout dire ou plutôt qu'il ne cherche qu'à suppléer aux omissions des synoptiques relativement au but qu'il se propose. Aussi est-il très bref sur le ministère du Sauveur en Galilée, et passe-t-il sous silence des périodes entières de son ministère, tandis qu'il rapporte longuement ses voyages à Jérusalem à l'époque des principales fêtes.

    Aussi, quoiqu'il ait en vue d'établir la divinité de Jésus-Christ, quoiqu'il en donne pour preuve ses miracles et qu'il les suppose très nombreux, il se borne à en décrire un petit nombre, sept seulement, la plupart passés sous silence par ses devanciers. Il omet la délivrance des possédés, la déclaration du Père éternel au Jourdain et au Thabor, l'adjuration du grand-prêtre, la prophétie sur Jérusalem, etc.

    — 2° Il fait plusieurs fois allusion aux autres évangélistes. Par exemple, au chapitre I, il met sur les lèvres de Jean-Baptiste ces paroles : « J'ai vu l'Esprit-Saint descendre sur la tête du Sauveur. » Or, ce fait n'est connu que par S. Matthieu et S. Luc.

    Au chapitre III, après avoir dit que Jean-Baptiste et Notre Seigneur baptisaient en même temps, il fait observer que le Précurseur n'était pas encore incarcéré : or l'emprisonnement de Jean-Baptiste n'est rapporté que par les synoptiques, et l'observation faite en cet endroit ne parait avoir d'autre fin que d'écarter l'idée, qui pourrait venir en les lisant, que le ministère de S. Jean a fini aussitôt qu'a commencé celui du Sauveur.

    Au chapitre XI, il dit que Lazare était de Béthanie, bourg de Marie et de Marthe. Or, il n'a pas encore parlé de ces deux sœurs, et elles ne peuvent être connues du lecteur que par d'autres récits.

    Au chapitre XVIII, les premiers versets semblent renvoyer aux synoptiques pour la scène de l'agonie, et le trente-deuxième rappelle expressément une prédiction qui n'est rapportée que par eux. Il parle des douze, en divers endroits, comme d'une société bien connue, sans en mentionner l'origine nulle part; seulement, on voit qu'il entend par là ceux que les synoptiques placent dans le canon des Apôtres.

    Enfin on peut remarquer que dans tout son récit, il est attentif à deux choses : à ne pas redire ce que les autres ont dit, ou bien à les confirmer et à les compléter par de nouveaux détails. Ainsi il ne répétera pas le récit de l'institution de l'Eucharistie; mais il rapportera la promesse que Notre Seigneur en avait faite, après la multiplication des pains. Il passera sous silence la naissance du Sauveur à Bethléem, la confession de S. Pierre à Césarée, les paroles du Père éternel au Jourdain et au Thabor, la résurrection de la fille de Jaïre et du fils de la veuve de Naïm, l'entrée triomphante du Sauveur à Jérusalem et l'application qu'il se fait de la figure de Jonas; mais il mentionnera la croyance où l'on était sur le lieu où le Messie devait naître, le nom de Céphas imposé à S. Pierre, la mission que son Maître lui donne de paître les agneaux et les brebis, la promesse qu'il fait de relever en trois jours le temple de son corps, la résurrection de Lazare qui donne lieu au triomphe du Fils de Dieu, la voix du Père éternel s'engageant à le glorifier.

    C'est ainsi que nos évangiles, loin de se combattre, s'expliquent et se soutiennent les uns les autres.

    Il a écrit vers la fin du premier siècle.…

  3. #23
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    LE
    SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
    SELON SAINT JEAN

    (suite)

    Il a écrit vers la fin du premier siècle.

    — 1° En effet, il suppose que tout est changé à Jérusalem et dans la Judée. Quand il parle des ennemis du Sauveur, il ne dit pas le peuple ou la foule, mais les Juifs, comme pour rappeler un peuple qui a perdu sa nationalité et auquel il a cessé d'appartenir. Il dit la Pâque des Juifs, comme s'il en connaissait déjà une autre, et il nomme les chrétiens, les frères, sans crainte d'équivoque.

    — 2° Il rappelle les principales prophéties dont on vit l'accomplissement dans la dernière partie du premier siècle : le martyre de S. Pierre; la réprobation des Juifs; la vocation des Gentils; l'universalité du christianisme. Sur tous ces points il est plus exprès que S. Paul lui-même, et nul n'est plus attentif à montrer comment les Juifs ont mérité leur malheureux sort.

    — 3° Le style de cet évangile et ses analogies avec celui des trois épitres qui portent le nom de S. Jean donnent lieu de penser qu'il est de la même époque, ou que S. Jean l'a écrit lorsqu'il était déjà d'un âge fort avancé. Déjà le bruit courait qu'il ne mourrait pas. Déjà l'on voyait s'accomplir les prédictions de S. Paul à Milet : on commençait à parler d'Antéchrist, les mots Verbe, vie, lumières, ténèbres, devenaient familiers aux Gnostiques, et l'on voyait se propager les erreurs que l'évangile réfute.

    L'auteur vivait parmi les Gentils et il écrivait pour eux.…

  4. #24
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
    SELON SAINT JEAN

    (suite)

    L'auteur vivait parmi les Gentils et il écrivait pour eux. — De là plusieurs particularités, qu'on chercherait en vain dans le premier évangile.

    Ainsi il a soin de traduire en grec tous les noms hébreux qu'il emploie.

    Il dit la mer de Galilée, la même que celle de Tibériade.

    Il donne un grand nombre de détails géographiques qui eussent été superflus, s'il s'était adressé à des habitants de la Judée.

    Quand il parle des Juifs, il entend, non les vrais Israélites, ni même simplement les habitants de la Palestine, mais les ennemis du Sauveur, les aveugles volontaires qui ont refusé de le reconnaître pour le Messie et qui l'ont fait attacher à la croix.

    Enfin il a soin de relever, dans les discours ou dans la vie de Notre Seigneur, tout ce qui a trait aux Gentils et qui est de nature à leur donner confiance.

    Il était Hébreu d'origine.…

  5. #25
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
    SELON SAINT JEAN

    (suite)

    Il était Hébreu d'origine. — C'est ce que prouvent :

    1° Les idiotismes de son langage. Quoique le dernier évangile ait moins d'hébraïsmes que l'Apocalypse, il en contient pourtant un grand nombre. Citons : Amen, amen , qui revient vingt-cinq fois et qu'on ne trouve ainsi redoublé que chez lui ; « se réjouir de joie, les fils de perdition, etc., » et les passages de l'Ancien Testament cités assez librement, mais d'après l'original.

    — 2° Le caractère profondément hébraïque de sa composition. On peut remarquer l'uniformité des phrases, l'emploi fréquent du parallélisme, l'absence de toute période, des séries de propositions juxtaposées à la suite l'une de l'autre, sans coordination, sans liaison exprimée, ou qui ne se lient que par un mot commun, parfois des phrases répétées comme des refrains, certaines irrégularités dans la construction, les sens les plus inusités donnés aux particules. Pour toutes conjonctions et et donc. Et est mis pour mais, pour car, pour c'est pourquoi, pour ainsi, pour comme, pour c'est-à-dire, etc.

    — 3° La foi religieuse, les idées, les sentiments, les images dont l'âme de l'écrivain est remplie. On sent que l'auteur a été élevé dans l'attente du Messie et dans la méditation de l'Ancien Testament. Les figures de la Loi et les oracles des prophètes abondent, comme dans l'Apocalypse. Le Sauveur est le vrai temple, le serpent d'airain, la manne du désert, l'Agneau pascal, etc.

    Il avait habité la Palestine.…

  6. #26
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    (suite)

    Il avait habité la Palestine. — C'est ce que prouve la connaissance qu'il a de la langue hébraïque, presque étrangère aux Israélites de la dispersion, jointe à celle qu'il montre de la topographie et des usages de la Terre Sainte.

    La Galilée, les bords du lac de Génésareth, son étendue, l'existence simultanée de deux localités du nom de Cana et de Bethsaïde, l'élévation relative de Cana et de Capharnaüm lui sont connus.

    Il connaît également la Judée et la Samarie.

    Il dit la distance de Jérusalem à Béthanie.

    Il indique avec précision la vallée de Cédron et le jardin de Gethsémani, l'étang de Siloé, la porte des brebis, les travaux faits dans le temple, le gazophylacium, le portique de Salomon, le Prétoire et le Golgotha.

    En fait de mœurs, il sait les sentiments des Juifs à l'égard des Samaritains et des infidèles, l'opposition et le caractère des partis qui divisaient la nation, le mépris des pharisiens pour la multitude ignorante, les usages introduits par la conquête et la domination romaines, l'usage des ablutions chez ses compatriotes, celui des excommunications dans la synagogue, etc.

    Il faisait, partie du collège apostolique.…

  7. #27
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    SELON SAINT JEAN

    (suite)

    Il faisait, partie du collège apostolique.

    — 1° Il se donne pour témoin des faits qu'il retrace, et l'on ne saurait douter qu'il ne le fût, quand on considère la fraîcheur de ses tableaux, la vivacité de ses traits, la précision de tous les détails. Nul ne caractérise mieux les scènes et les acteurs; nul n'indique avec plus de détails les circonstances de temps, de lieux, de nombre. Tous les portraits sont vivants; tous les faits localisés. Telle parole fut dite à Béthanie, à Ennon ou sur les bords du Jourdain, telle autre auprès du puits de Jacob. Telle discussion eut lieu sous le portique de Salomon, à cause de la rigueur de la saison. Pour plusieurs incidents, il indique l'heure de la journée. Si ces remarques sont vraies, elles ne peuvent venir que d'un témoin oculaire. Or, elles sont d'autant moins suspectes qu'elles étaient indifférentes au but de l'auteur et qu'elles eussent compromis son succès, si l'on eût pu les trouver fausses.

    — 2° Il paraît se donner positivement pour Apôtre. C'est ce qui semble résulter des détails minutieux où il entre sur la vie intime du Sauveur, sur ses rapports secrets avec ceux qui lui sont le plus unis, sur ses dispositions personnelles. Depuis les premiers jours de sa prédication, jusqu'aux derniers moments de son séjour sur la terre, rien de ce que le divin Maître a dit ou fait ici-bas n'a échappé à ses regards. Il rapporte de préférence les incidents les plus secrets, ses paroles à André, à Nathanaël, à la Samaritaine; ses avis à Judas, ses prières à son Père, ses confidences de la dernière Cène, etc. Comment eût-il connu tous ces détails, s'il n'avait vécu dans l'intimité du Sauveur, avec ses plus familiers amis ?

    Enfin, il ne peut être que l'auteur de l'Apocalypse et de l’Épître catholique…

  8. #28
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    (suite)

    Enfin, il ne peut être que l'auteur de l'Apocalypse et de l’Épître catholique, dite ad Parthos, le second des fils de Zébédée, le disciple bien-aimé, le fils adoptif de Marie, en un mot l'apôtre S. Jean.

    1° Tout le monde convient aujourd'hui de l'authenticité de l'Apocalypse, et jamais on n'a mis en doute celle de la première Épître attribuée à S. Jean. Or, il y a entre ces écrits et le quatrième évangile des rapports aussi nombreux que frappants. On trouve dans chacun les mêmes préoccupations, les mêmes tendances dogmatiques et polémiques. Le style présente les mêmes caractères, la même naïveté unie à la même élévation et à la même profondeur. C'est le même langage au fond, sauf, dans l'Apocalypse, plus de poésie et des irrégularités plus nombreuses.

    2° Si l'évangéliste est un des fils de Zébédée, c'est le second, sans aucun doute, le premier ayant été mis à mort avant la dispersion des Apôtres. Or, il ne parait pas douteux que l'auteur du quatrième évangile n'eût cette qualité. Ce qui le prouve, c'est surtout le silence qu'il garde sur ces deux frères. Quoiqu’ils aient dû intervenir bien des fois dans les scènes qu'il retrace, comme étant des amis privilégiés du Sauveur, quoiqu'ils tiennent une place si considérable dans l’Évangile et dans les Actes, jamais il ne les signale dans ses récits. II ne nomme pas même leur mère parmi les personnes qui assistèrent au crucifiement, bien que nous soyons assurés de sa présence par les synoptiques.

    Une fois seulement il mentionne les enfants de Zébédée; mais c'est au dernier chapitre, dans une sorte d'appendice; et il ne les met pas à la tête des apôtres, comme ils sont toujours ailleurs, mais au dernier rang, entre les apôtres et de simples disciples. Comment expliquer cette particularité? Elle ne peut avoir pour cause, ce semble, que la modestie de l'auteur, qui veut imiter celle de son Maître et s'effacer autant qu'il lui est possible.

    3° On peut par le même procédé dégager plus directement encore du récit évangélique la personnalité de S. Jean.

    En effet, son nom ne paraît nulle part. Dans les endroits où l'on croit devoir le trouver, on lit : un disciple, l'autre disciple, celui qui a vu le fait de ses yeux. Non seulement il évite de mêler le nom de S. Jean à ceux des apôtres, il semble même oublier qu'on le lui donne; car toutes les fois qu'il parle du Précurseur, il l'appelle simplement Jean, sans ajouter à ce nom, comme les synoptiques, comme Josèphe lui-même, le titre qui le caractérise, le Baptiste, singularité d'autant plus remarquable que cet évangéliste a coutume de désigner ses personnages de la manière la plus précise : Thomas Didyme, Céphas qu'on appelle Pierre, Judas non l'Iscariote, Nicodème qui vint à Jésus la nuit.

    La raison de cette différence est la même que nous avons indiquée plus haut. Ce n'est pas que l'évangéliste avait connu le Précurseur avant qu'on lui donnât ce surnom ; car S. Matthieu ne l'avait-il pas aussi connu à la même époque? C'est que tandis que les synoptiques croient devoir distinguer Jean-Baptiste de Jean l'Apôtre, lui n'a pas cette idée : il n'imagine pas que personne puisse confondre avec lui, ou seulement rapprocher de sa personne, l'illustre précurseur du Messie.

    4° Un dernier indice, plus convaincant encore…

  9. #29
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
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    Enfin, il ne peut être que l'auteur de l'Apocalypse et de l’Épître catholique, dite ad Parthos, le second des fils de Zébédée, le disciple bien-aimé, le fils adoptif de Marie, en un mot l'apôtre S. Jean.

    (suite)

    4° Un dernier indice, plus convaincant encore, c'est l'amour tendre, délicat, religieux, qui respire dans cet évangile pour Jésus et pour Marie. Il suffit de lire le récit du miracle de Cana, celui de la résurrection de Lazare ou de la dernière Cène, et surtout l'entrevue suprême du Sauveur et de sa mère, au Calvaire, pour reconnaître l'affection pieuse, émue, reconnaissante de l'Apôtre bien-aimé et de l'enfant adoptif. C'est bien lui qui a dû nous transmettre ces touchants détails. Lui seul devait y attacher cette importance, les recueillir avec cette sollicitude et nous les transmettre avec cette fidélité.

    Ainsi l'étude du quatrième évangile confirme pleinement le témoignage de la tradition. Il ne faut donc pas s'étonner si nos rationalistes n'osent plus en nier ouvertement l'authenticité, s'ils se réduisent à dire que les disciples de S. Jean ont pu l'écrire quelques années après sa mort, une trentaine d'années au plus. Ewald, plus décidé dans son langage dit qu'il faut avoir perdu l'esprit pour en contester la propriété à celui dont il porte le nom.

    Plusieurs Pères ont dit que le premier dessein de S. Jean a été de combler une lacune des synoptiques, en retraçant la partie de la prédication du Sauveur qui a précédé l'emprisonnement de son Précurseur, et en mettant en relief le côté spirituel et mystique de sa vie et de sa doctrine. Mais si l'on étudie l'évangile même, on sera convaincu que la principale intention de l'auteur a été de venger la personne du divin Maître des attaques des premiers hérétiques, ou plutôt de fortifier la foi des chrétiens à l'égard des dogmes contestés à cette époque, la divinité de Jésus-Christ, son union substantielle avec son Père et celle qu'il veut avoir avec nous par son esprit et par sa grâce. L'évangéliste l'affirme lui-même expressément : « Ceci a été écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et afin que croyant, vous ayez la vie en son nom. »

    Il n'avait pas besoin, pour arriver à son but, d'écrire l'histoire du Sauveur en entier, ni de reproduire tout son enseignement. Aussi fait-il un choix et s'attache-t-il de préférence à ce que les autres ont omis. Les discours qu'il rapporte sont ceux où le divin Maître atteste sa dignité de Fils de Dieu, et l'union que ses membres doivent avoir avec lui; les miracles qu'il retrace, ceux ou paraissent avec le plus d'éclat ses perfections et ses desseins. Les autres faits sont en petit nombre et destinés presque uniquement à lier ensemble les discours et les miracles, et à faire des uns et des autres une démonstration lumineuse du christianisme. Divinité du Sauveur, rédemption des âmes par la vertu de son sang, adoption des fidèles comme enfants de Dieu, justification intérieure par la grâce, à la seule condition d'une foi sincère et pratique : tels sont les dogmes auxquels il s'attache et sur lesquels il s'efforce d'affermir la foi du lecteur.

    Tous les récits comme tous les discours se rapportent là. Croire à Jésus-Christ comme au Messie et au Fils de Dieu, croire à sa nature divine, à sa puissance, à sa charité, à sa résurrection : voilà le but constant et la conclusion inévitable de tous les chapitres.

    Quelles que soient les limites dans lesquelles il se resserre et les lacunes que présente son récit, l'œuvre répond au dessein de l'auteur…

  10. #30
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    Enfin, il ne peut être que l'auteur de l'Apocalypse et de l’Épître catholique, dite ad Parthos, le second des fils de Zébédée, le disciple bien-aimé, le fils adoptif de Marie, en un mot l'apôtre S. Jean.

    4° Un dernier indice, plus convaincant encore,…

    (suite)

    Quelles que soient les limites dans lesquelles il se resserre et les lacunes que présente son récit, l'œuvre répond au dessein de l'auteur. II est difficile de trouver un livre qui offre plus d'unité, une marche plus droite, un progrès plus constant, une cohésion plus étroite de toutes les parties.

    1° Dans un prologue aussi bref que sublime, l'évangéliste dit ce que le Verbe a toujours été dans l'éternité et ce qu'il a voulu devenir dans le temps. Lumière et vie par essence, connaissance et activité infinies, il s'est fait par l'Incarnation principe de foi et source de vie surnaturelle pour les âmes. Telle est la grande vérité, tel est le mystère dont l'ouvrage offre le développement et la preuve. L'auteur entre aussitôt en matière. Rien sur l'origine temporelle ni sur la jeunesse du Sauveur. Il commence par l'histoire de sa prédication. Les faits et les discours dont elle se compose sont en harmonie avec le programme de l'évangéliste.

    Mais de cette révélation progressive du Verbe fait chair, résultent deux effets contraires : dans les âmes droites une foi qui devient de plus en plus ferme ; dans les esprits prévenus et orgueilleux une hostilité toujours croissante. Le Sauveur apparaît comme source de vie à Cana, au puits de Jacob, dans la multiplication des pains, dans la guérison des malades, dans la résurrection des morts. Il s'annonce comme principe de lumière dans la guérison de l'aveugle-né, mais surtout dans son enseignement et dans ses révélations, lorsqu'il fait voir que rien ne lui est caché, lorsqu'il dit qu'il vient rendre témoignage de la vérité, qu'il est la Vérité même, qu'il donnera son esprit à ses apôtres pour instruire le monde entier.

    L'opposition ne tardant pas à éclater, ses auditeurs se divisent en deux partis contraires. Un certain nombre, destinés à former le noyau de son Eglise et à lui fournir des ministres, ouvrent leur cœur à ses paroles et se montrent dociles à ses enseignements. Les autres, les plus nombreux, ceux qui possèdent l'autorité et l'influence, ferment les yeux à la lumière et s'irritent contre le prédicateur. Le divin Maître s'efforce de dissiper leurs ténèbres et de désarmer leur hostilité : eux ne songent qu'à le prendre en défaut et à le convaincre d'erreur.

    C'est une lutte continuelle de la lumière coutre les ténèbres, de la vie contre la mort.

    A la fin, leur malice toujours déjouée, éclate d'une manière terrible. Ils se décident à le mettre à mort : ils le crucifient. Mais son immolation devient son triomphe. En sortant vivant du tombeau, il confirme la foi de ses disciples et fonde inébranlablement son Eglise.

    2° La liaison des parties n'est pas moins parfaite que l'unité du but…

  11. #31
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

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    Enfin, il ne peut être que l'auteur de l'Apocalypse et de l'Epitre catholique, dite ad Parthos, le second des fils de Zébédée, le disciple bien-aimé, le fils adoptif de Marie, en un mot l'apôtre S. Jean.

    4° Un dernier indice, plus convaincant encore…

    (suite)

    Il aime les sentences brèves et détachées, il se plaît à énoncer ses pensées simplement, à la suite l'une de l'autre, comme autant d'intuitions, sans conjonctions ni pronoms relatifs, ce qui n'empêche pas qu'étant unies par le fond, elles ne produisent dans leur ensemble un grand effet. Au lieu de déduire, il affirme, ou plutôt il atteste ce qu'il voit ou ce qu'il a vu, et il se plaît à répéter les mots et les pensées, comme les vieillards, dit Michaëlis, qui ont recours à ce moyen pour graver leurs maximes dans les esprits.

    En fait de figures, il emploie souvent l'antithèse, pour faire ressortir ses idées. Il oppose les lumières aux ténèbres, ceux qui sont nés de Dieu à ceux qui sont nés des hommes, Jésus-Christ à Moïse, la loi à la grâce, les fidèles aux incrédules; ou bien après avoir affirmé une chose, il nie la chose opposée. Il paraît aimer aussi l'apposition, qui se formule par c'est-à-dire, à savoir.
    Mais ce qui caractérise S. Jean, c'est moins la forme extérieure du langage que le fond de la pensée.

    La simplicité, la naïveté, la négligence même se joignent chez lui à une finesse, à une pénétration, à une profondeur, à une élévation sans égales.

    Tout ce qu'il décrit est sensible et vivant. On croirait assister aux scènes qu'il retrace et avoir sous les yeux les acteurs. Ses récits sont autant de drames, pleins de vérité et de mouvement. Il fait parler ses personnages, comme S. Marc, et quelques mots lui suffisent pour les faire connaître.

    Avec le talent de peindre, au degré le plus éminent, S. Jean a le don d'éveiller la pensée et de s'énoncer d'une manière frappante. Il sait donner un corps aux choses les plus abstraites et faire apparaître le monde idéal et surnaturel à travers les réalités de l'ordre naturel et terrestre. Chez lui, tous les tableaux sont des emblèmes; l'importance des faits qu'il rapporte est dans les idées qu'ils suggèrent; le présent figure l'avenir; chaque mot renferme une prophétie, une leçon, un mystère.

    Autant il est profond dans ses symboles, autant est-il sublime dans ses conceptions. Nul n'a le regard aussi hardi et aussi sûr. Tout ignorant qu'il est des choses de la terre, ce pêcheur de Galilée, inspiré par l'Esprit-Saint, ne craint pas de traiter de celles du ciel. Il ne veut voir dans l'Homme-Dieu lui-même que ce qu'il a de plus divin; et les vérités qu'il nous révèle suffisent pour éclairer la foi, nourrir l'espérance et animer la charité jusqu'à la fin des siècles.

    Vivacité, profondeur, sublimité, voilà, en résumé, ce qui distingue cet évangile, ce qui l'a fait appeler par les Saints Pères l'Evangile de l'Esprit, ce qui fait que les cœurs purs y trouvent tant de charmes. Il n'est pas de livre où la divinité du Verbe rayonne avec tant d'éclat. Œuvre merveilleuse, sans modèle comme sans égale, qui porte en elle la preuve de son inspiration et de sa véracité, et qu'on ne pouvait mieux caractériser que par cette figure d'aigle qu'on lui a donnée pour emblème. (L. BACUEZ.)

  12. #32
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    ACTES DES APÔTRES

    INTRODUCTION

    On a donné le nom d'Actes des Apôtres à des Mémoires divinement inspirés sur l'établissement de l'Eglise et sur ses premiers développements parmi les Juifs et parmi les Gentils. Ce titre, qui parait aussi ancien que l'ouvrage, le caractérise parfaitement. L'auteur y rapporte tout ce qu'il a vu ou appris sur ce sujet d'intéressant pour les chrétiens. C'est moins une histoire proprement dite qu'une suite de récits, ayant pour objet les travaux des Apôtres (surtout ceux de S. Pierre et de S. Paul), et pour but l'affermissement des âmes dans la foi et leur progrès dans la ferveur.

    Par leur objet, les Actes des Apôtres complètent les Evangiles ; ils en sont la suite et le couronnement. C'est pourquoi S. Luc les donne pour la seconde partie de son principal écrit. De plus, ils confirment l'histoire évangélique, en rappelant le souvenir des mystères principaux du Sauveur, en constatant l'accomplissement de ses prophéties et le fruit merveilleux de son œuvre. Si l'Evangile disparaissait, il serait facile, à l'aide des Actes, de le reconstruire, au moins en substance ; et, sans ce livre, l'œuvre des évangélistes serait inachevée.

    Pour la composition, on trouve dans les Actes la même simplicité et la même brièveté que dans l'Evangile. On y remarque aussi la même absence de dates. Nulle époque n'est indiquée, même pour les faits principaux, et on n'en saurait fixer aucune que par approximation. Celle de l'Ascension, qui sert de point de départ, n'est pas mieux déterminée que les autres : le sentiment des auteurs oscille de l'an 29 à l'an 33. Il est vrai que nul écart ne saurait aller au delà de cinq ou six années. On convient, d'ailleurs, que l'auteur suit en général l'ordre des temps, que les faits qu'il rapporte se sont passés sous quatre empereurs, Tibère (An. 33-37), Caligula (37-41), Claude (41-54), Néron; et que la durée totale du récit est d'une trentaine d'années.

    Les Actes sont la meilleure introduction aux Épîtres des Apôtres, à celles de S. Paul en particulier. Nous n'avons guère d'autre document de cette époque sur les faits, les lieux, les personnes et les circonstances au milieu desquelles elles furent écrites. C'en est aussi le plus sûr commentaire. Sans les renseignements que ce livre fournit, bien des passages des Épîtres resteraient obscurs et donneraient lieu à des discussions de toutes sortes. On aurait peine à s'expliquer le caractère de S. Paul, les persécutions qu'il a souffertes, ses controverses, ses apologies, ses voyages, etc.

    L'auteur ne se nomme nulle part; mais, dès le début, il se donne pour évangéliste. On voit, au milieu de son récit, qu'il est un des disciples et des compagnons de S. Paul, et la tradition nous fait connaître son nom. C'est sans raison et contrairement à tous les témoignages que certains critiques ont donné cet ouvrage pour une compilation ou une juxtaposition d'écrits de provenances diverses. Dès le temps de S. Irénée, on l'attribuait tout entier à S. Luc, quoiqu'il eût la même étendue et la même forme qu'aujourd'hui; et nous verrons que l'unité du livre atteste celle de son origine.

    Il est probable qu'en faisant ses recherches sur la vie du Sauveur, S. Luc..

  13. #33
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    ACTES DES APÔTRES

    INTRODUCTION

    (suite)

    Il est probable qu'en faisant ses recherches sur la vie du Sauveur, S. Luc eut soin de recueillir tout ce qui lui fut communiqué d'intéressant sur les premiers disciples. Outre les notes qu'on avait dû prendre et garder sur certains faits, par exemple, les délibérations du sanhédrin au sujet des Apôtres, les premiers discours de S. Pierre, le jugement et le supplice de S. Etienne, outre certains documents officiels, comme la lettre synodale du Concile de Jérusalem, cet auteur fut à même de consulter et d'entendre les témoins les plus compétents : S. Paul, avec lequel il passa seize années entières et dont il avait les Épîtres entre les mains, S. Pierre, qu'il eut plusieurs fois occasion de voir, S. Jacques le Mineur, auprès duquel il séjourna à Jérusalem, S. Philippe, qu'il visita en passant à Césarée et qu'il entretint à loisir dans les deux premières années de la captivité de son Maître, S. Marc à Rome, et une foule de disciples dont on ignore les noms. Pour les faits qui remplissent les douze derniers chapitres, il n'avait qu'à se rappeler ses propres souvenirs; car après avoir quitté son pays pour s'attacher à S. Paul, il ne s'en est presque jamais séparé : d'Antioche il l'a suivi à Troade, à Philippes, à Milet, à Césarée, à Jérusalem et enfin à Rome.

    C'est dans cette dernière ville, probablement, que S. Luc acheva sa rédaction. Il avait pu commencer son travail auparavant, prendre des notes à mesure qu'il voyait les faits se succéder; mais tout porte à croire qu'il termina son écrit dans l'intervalle qui sépare la publication du troisième Évangile des derniers faits rapportés dans les Actes, c'est-à-dire entre l'an 58 et l'an 63, trente ans au plus après la mort de Jésus-Christ, huit ou dix avant la ruine de Jérusalem. Ainsi s'expliquent la précision, la vivacité, la fraîcheur de souvenir qu'on remarque dans ses derniers récits, par exemple, la comparution de l'Apôtre devant Agrippa, son voyage sur mer, sa rencontre avec les chrétiens de Rome sur la voie Appienne, sa première conférence avec les Juifs de cette ville.

    Au moins, le livre fut-il achevé avant la ruine de Jérusalem, qui est toujours supposée debout, et avant le martyre de l'Apôtre dont l'auteur ne fait aucune mention, qu'il ne fait pas même pressentir. Bien plus, si l'on compare ce que S. Paul dit aux anciens d'Ephèse, qu'ils ne doivent plus le revoir, avec les assurances qu'il donne aux Philippiens et à Philémon, on est porté à croire que l'écrit de S. Luc a été publié avant la fin de la première captivité; car s'il l'avait été plus tard, il est probable que l'auteur n'aurait pas manqué d'écarter toute prévision funeste, en avertissant le lecteur que l'Apôtre avait recouvré sa liberté et que ses disciples de Philippes et de Colosses avaient vu se réaliser les espérances qu'il leur donnait du fond de sa prison.

    Si l'on trouve dans les Actes quelques indications géographiques, c'est sur Jérusalem et la Palestine. On n'y voit aucune particularité sur l'Italie, ni sur le séjour que S. Paul a fait à Rome. C'est une raison de penser que l'auteur destinait son écrit particulièrement aux fidèles de cette ville et aux chrétiens d'Europe convertis par son Maître.

    La tradition a toujours attribué les Actes des Apôtres à S. Luc.

    On trouve, dans toutes les Introductions à la sainte Ecriture, les témoignages les plus convaincants de la foi de l'Eglise à cet égard : — le Canon de Muratori (160-170), qui place ce livre à la suite des Évangiles; — la Version italique et la Version syriaque, dont les Actes ont toujours fait partie ; — des citations des auteurs les plus graves et des Pères les plus anciens, depuis S. Augustin, qui nous apprend l'usage où était l'Eglise latine de faire lire ce livre durant le temps pascal, comme un monument assuré de la résurrection du Sauveur, jusqu'à Origène (230), qui en a fait l'objet de vingt Homélies dont il reste quelques fragments, jusqu'à Tertullien (207), qui le cite en cinquante endroits de ses écrits, jusqu'à Clément d'Alexandrie (193), qui trouve un certain rapport entre le style des Actes et celui de l'Epître aux Hébreux, jusqu'à S. Irénée (180), qui fait valoir, en les citant, l'autorité de S. Luc, jusqu'aux Pères apostoliques eux-mêmes, en particulier S. Polycarpe, qui y fait visiblement allusion dans son Epître aux Philippiens, dès la première partie du second siècle.

    L'étude critique des Actes démontre de la manière la plus certaine : — que ce livre est l'œuvre d'un seul auteur ; — que cet auteur était contemporain des Apôtres ; — qu'il était disciple et compagnon de S. Paul ; — qu'il a écrit le troisième Évangile ; — enfin, qu'il ne peut être différent de S. Luc.

    C’est l'œuvre d'un seul auteur.…

  14. #34
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    ACTES DES APÔTRES

    (suite)

    C'est l'œuvre d'un seul auteur. — L'unité de la composition est manifeste. C'est d'un bout à l'autre la même doctrine, le même dessein, la même marche, la même mise en scène. Les particularités dont le style abonde, se retrouvent dans toutes les parties des Actes, partout les mêmes et dans une mesure à peu près égale. Cette observation s'applique spécialement à trente-quatre expressions singulières qu'on y a relevées et qu'on ne trouve dans aucune autre partie de la Bible, par exemple, voie pour religion, — à une vingtaine de termes favoris, fort rares ailleurs, fréquents ici : main pour puissance, en quatorze endroits; parole ou discours pour évangile, hérésie, etc.; — à certains mots écrits d'une manière inusitée, par exemple, Hierosolyma, répété quarante-deux fois en grec, pour Hiérousalêm; à l'emploi fréquent de cette formule : il fut fait que, quatorze fois répétée, du mot se levant, dix-neuf fois ; se tenant dehors, six fois; — aux citations de l'Ancien Testament, toujours conformes aux Septante, pour le sens au moins, etc.

    L'auteur était des temps apostoliques.…

  15. #35
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    ACTES DES APÔTRES

    (suite)

    L'auteur était des temps apostoliques. — La nature des faits qui le frappent, les discussions qu'il rapporte sur l'incorporation des Gentils à l'Eglise, sur les rites judaïques, sur les aliments prohibés; les renseignements qu'il donne sur Jérusalem, sur les croyances et le culte juif; la manière dont il parle des prophéties anciennes et des prophètes de la loi nouvelle; l'importance qu'il y attache; les dispositions d'esprit dont son écrit porte l'empreinte; les détails nombreux et circonstanciés où il entre à l'égard des personnages, des emplois, des usages, des lois de cette époque; ses allusions aux faits contemporains, aux sectes de la Judée, aux divisions territoriales; son grec mêlé d'hébraïsmes, le fiel de l'amertume, etc., et de latinismes, colonia, etc. ; la justesse de ses indications, leur accord parfait avec l'histoire et la géographie du temps, sont autant d'indices qui dénotent un auteur du premier siècle, contemporain des apôtres.

    Il a été disciple et compagnon de S. Paul.…

  16. #36
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    ACTES DES APÔTRES

    (suite)

    Il a été disciple et compagnon de S. Paul.

    — Son disciple : car il est animé du même esprit et préoccupé des mêmes pensées. Ce qu'il aime surtout à mettre en relief, c'est la nécessité et le mérite de la foi, l'universalité de la rédemption, la miséricorde de Dieu sur les Gentils, leurs bonnes dispositions qui contrastent avec l'endurcissement des Juifs, les conversions qui s'opèrent parmi eux, la divinité du Sauveur, qu'il appelle habituellement le Seigneur, à l'exemple de l'Apôtre. Le mot grâce, que les autres évangélistes n'emploient jamais, et qui revient si souvent en S. Paul, est répété par S. Luc dix-sept fois dans les Actes et trente fois dans le troisième Évangile.

    — Son compagnon dans ses courses apostoliques : car la part qu'il fait à S. Paul dans ses récits, l'abondance et la justesse des détails politiques et topographiques, l'indication d'une foule de circonstances et de personnages sans importance par eux-mêmes, surtout l'harmonie parfaite qui règne entre toutes les indications qu'il fournit et les Épîtres de S. Paul, ne permettent pas de révoquer en doute ce que suppose l'auteur, en se mêlant au récit, qu'il l'a suivi dans une grande partie de ses voyages et qu'il ne fait que rapporter ce qu'il a vu de ses yeux : « Il écrivit l’Évangile d'après ce qu'il avait entendu, dit S. Jérôme, il composa les Actes des Apôtres d'après ce qu'il avait vu. »

    II est l'auteur du troisième Evangile.…

  17. #37
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    CTES DES APÔTRES

    (suite)

    II est l'auteur du troisième Évangile. — Il suffit de citer en preuve, après les premiers versets des Actes, la conformité qu'on remarque entre ces deux livres pour les sentiments, les dispositions d'esprit, les tendances, le langage. D'un côté comme de l'autre, on reconnaît l'influence de S. Paul. C'est la même attention à ne rien dire de blessant pour les Gentils, à ménager l'autorité romaine et même à relever ce qui est à son avantage. C'est le même respect pour les cérémonies judaïques, avec la même conviction que l’Évangile est pour tous les peuples et le même soin de rattacher les faits aux actes publics de l'empire. C'est la même insistance sur la nécessité du détachement, la même horreur de l'avarice. Ce sont aussi les mêmes qualités descriptives, la même manière de citer l'Ecriture, les mêmes expressions, les mêmes tournures. Enfin ce sont les mêmes particularités de style, des périphrases fréquentes, souvent identiques; une trentaine de mots qu'on ne rencontre jamais ou presque jamais dans le Nouveau Testament et qui se montrent également dans l'un et dans l'autre de ces livres ; des locutions semblables ou d'une analogie frappante : le fruit du ventrepour fils, la main de Dieu pour la puissance de Dieu, etc. Pour être fortuites et peu saillantes dans le détail, ces coïncidences ne sont que plus décisives. Mais c'est dans le texte grec qu'il les faut chercher.

    5° Enfin, c'est S. Luc lui-même.…

  18. #38
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    Re: Introduction au Nouveau Testament

    ACTES DES APÔTRES

    (suite)

    5° Enfin, c'est S. Luc lui-même. — Nous savons que S. Luc a composé le troisième Évangile et qu'il était médecin, par conséquent qu'il avait fait quelques études. Or, le livre des Actes témoigne ;

    — 1° Que l'auteur avait l'esprit cultivé. Tout mêlé qu'il est d'hébraïsmes, son grec est plus pur que celui des autres écrivains du Nouveau Testament.

    — 2e Qu'il distinguait très bien les maladies et les infirmités. II les caractérise parfaitement et emploie pour les désigner des termes qui lui sont propres et qui appartiennent à la langue médicale de l'époque.

    — 3° Qu'il a écrit un Évangile, qui ne peut être que le troisième.

    On ne saurait exiger des marques d'authenticité plus nombreuses ni plus convaincantes. Réunies aux témoignages de la tradition, elles mettent absolument hors de doute l'origine du livre des Actes.

    L'intégrité des Actes est déjà prouvée par ce que nous avons dit de l'unité de la composition; de plus, elle a une garantie certaine dans le caractère du livre et la notoriété de l'auteur. Les Actes des Apôtres, ayant la même origine que le troisième Évangile, reçurent la même publicité ; ils furent l'objet du même respect. Les chrétiens devaient donc veiller également à la conservation de ces deux écrits. Altérer les Actes dans ce qu'ils ont d'essentiel, y glisser furtivement par exemple les prodiges dont ils sont remplis ou remplacer les faits naturels par des événements miraculeux eût offert plus de difficultés encore que de supposer le livre tout entier.

    Il ne s'agit ici, bien entendu, que d'altérations essentielles, de nature à porter atteinte à la doctrine. Quant aux simples changements de termes, aux substitutions, additions ou transpositions de mots, il a pu s'en produire, et il en est survenu un certain nombre; mais les variantes sont sans importance.

    La véracité des Actes des Apôtres résulte aussi de leur authenticité et de leur intégrité ; car on ne peut supposer en S. Luc ni erreur ni imposture sur les faits qu'il rapporte.

    — 1° Il ne pouvait être dans l'erreur. Pour les faits les plus récents, il atteste les avoir vus de ses yeux : comment prétendre qu'il est dans l'illusion, ou que ces faits, donnés par lui pour merveilleux, n'ont rien que de naturel? Pour ceux qui précèdent, il les tient de S. Paul, des Apôtres, de leurs disciples, les témoins les mieux informés et les plus sûrs.

    — 2° Il ne cherchait pas à tromper, car quel intérêt pouvait l'y porter? Et comment eût-il réussi, dans un temps où S. Jean, d'autres Apôtres, une foule de disciples étaient là pour contrôler ses récits, et où tant de chrétiens étaient disposés à mourir pour l'intégrité de leur foi?

    Pour apprécier la valeur du livre des Actes, on peut le considérer sous plusieurs aspects…

  19. #39
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    ACTES DES APÔTRES

    5° Enfin, c'est S. Luc lui-même.

    (suite)

    Pour apprécier la valeur du livre des Actes, on peut le considérer sous plusieurs aspects :

    — 1° Au point de vue de l'édification. S. Chrysostome affirme que la lecture des Actes n'est pas moins salutaire que celle de l'Evangile. Aucun écrit n'est plus propre à faire connaître et à inspirer le véritable esprit du christianisme. On y voit briller toutes les vertus chrétiennes, surtout les vertus sacerdotales, le détachement, la charité, le zèle de la gloire de Dieu, le mépris des souffrances, le désir du ciel.

    — 2° Au point de vue de la doctrine. Ce livre est doublement précieux, soit parce que les miracles qui y sont rapportés confirment hautement la prédication du Sauveur et le récit des évangélistes, soit parce que la plupart des dogmes révélés s'y trouvent établis, par l'enseignement des Apôtres et la pratique des fidèles.

    — 3° Au point de vue de l'histoire ecclésiastique. C'est un monument d'une valeur incomparable. Il n'embrasse qu'une période assez courte et il a bien des lacunes ; mais il est le seul de cette époque, et cette période a une importance exceptionnelle. Comme la constitution de l'Eglise est divine et invariable, savoir ce qu'elle fut à son origine ou sur quel plan son fondateur voulut qu'elle s'établit, c'est savoir ce qu'elle a été depuis et ce qu'elle doit être jusqu'à la fin des temps.

    Les vingt-huit chapitres dont ce livre est composé forment deux parties bien distinctes.

    — 1° La première contient douze chapitres et comprend un espace de douze années environ. On y voit le christianisme prêché à Jérusalem et dans la Palestine. Le personnage qui domine dans ces récits, c'est S. Pierre. Il y est nommé plus de cinquante fois, tandis qu'il n'est fait mention de S. Jean que six fois, et que les autres Apôtres, sauf S. Jacques le Majeur, son frère, sont simplement énumérés au commencement.

    — 2° La seconde partie comprend dix-sept chapitres et embrasse environ vingt ans, durant lesquels l'Evangile est prêché aux Gentils. C'est S. Paul qui parait ici en première ligne. De XII à XVI l'auteur décrit les premiers progrès du christianisme parmi les païens, spécialement à Antioche, dans l'Ile de Chypre et en Asie. A partir du chapitre XVI, 10, il rapporte les prédications de l'Apôtre en Europe, dans la Macédoine, dans l'Achaïe, enfin à Rome, dans la capitale du monde.

    Cette division n'était pas expressément dans l'esprit de l'auteur; elle n'a pas donné sa forme à l'ouvrage, mais elle en résulte et peut servir à le résumer. Les deux parties réunies font voir l'accomplissement de la dernière parole de Notre Seigneur à ses Apôtres : « Vous me rendrez témoignage à Jérusalem, dans la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités du monde. » (L. BACUEZ.)

    « Je ne vous le cache pas, écrivait Lacordaire, les Actes des Apôtres m'émeuvent plus que l'Evangile. En celui-ci, tout est trop divin, si l'on peut parler de la sorte; en celui-là l'homme paraît; mais en quel moment et sous quel souffle! Jésus-Christ vient de quitter la terre...

    Les voilà seuls en face de l'univers, qui ne croit rien de ce qu'ils croient, qui n'en sait même rien encore, et qu'ils doivent convertir à leur foi du pied de la croix qui a vu périr leur Maître. Y eut-il jamais pour des hommes un semblable moment? Et quels hommes? des artisans, des pêcheurs. Ils vont dire au monde les premières paroles de la prédication chrétienne; ils vont faire dans les âmes, après la leur, les premiers miracles de la toute-puissance apostolique, et tracer dans la corruption du siècle les premiers linéaments de ces mœurs où la charité s'enflammera des glaces de la pureté. Toutes les origines et toute l'éloquence du Christianisme sont dans ces courtes pages où S. Paul, qui n'avait pas vu le Christ et qui le persécutait, se lève à côté de S. Pierre; désormais inséparable de lui, moins grand par l'autorité, plus éclatant par la parole, égaux tous les deux en trois choses, leur amour, leur supplice et leur tombeau...

    C'est à Jérusalem qu'a commencé ce drame surnaturel; c'est à Rome qu'il se termine, après avoir passé par Antioche, Athènes et Corinthe. S. Paul, tout chargé de chaînes, apporta aux Romains la liberté de l'univers, et le bruit de ses pas dans la capitale future du Christianisme est la dernière parole qu'on entende de lui. »
    A suivre : Épître aux Romains.

  20. #40
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    ÉPÎTRE DE SAINT PAUL

    AUX ROMAINS

    INTRODUCTION

    Quand S. Paul écrivit cette Épître, il était pour la troisième fois à Corinthe et logeait chez un chrétien nommé Caïus, qu'il avait baptisé de sa main. Après trois mois passés dans cette ville ou aux environs, il allait partir pour Jérusalem, afin d'y porter la collecte qu'il avait faite parmi ses disciples de Corinthe et dans les autres églises d'Europe. C'était l'an 58, probablement. La fête de la Pentecôte approchait. Tandis que Néron, empereur depuis quatre ans, mais à peine arrivé à sa vingtième année, commençait à se signaler par sa fureur pour les jeux du Cirque et par ses courses nocturnes, jointes à l'enlèvement de Poppée et à l'exil d'Othon, l'Apôtre, après avoir évangélisé une bonne partie de l'Asie-Mineure et de la Grèce, se disposait à passer en Occident et à porter la foi dans les contrées les plus reculées de l'empire. Avant de quitter Cenchrée, il achève sa Lettre, et l'envoie aux chrétiens de Rome, par une veuve, nommée Phébée, qu'il désigne comme diaconesse de l'Eglise de Corinthe. Ainsi cette Épître le devance de trois ans dans la capitale du monde.

    L'authenticité de l’Épître aux Romains est incontestable, et, si l'on excepte les deux derniers chapitres, universellement reconnue, même par les rationalistes les plus outrés.

    Une colonie de Juifs était établie à Rome depuis près d'un siècle…

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