D. Comment est-ce que Jésus appelait Joseph et Marie ?
R. Il appelait la Sainte Vierge sa Mère, et Saint Joseph son Père, et eux l'appelaient leur fils.
D. Mais Saint Joseph n'était pas son Père ?
R. Il ne l'était pas en une manière puisqu'il n'avait pas fourni de sa substance pour la formation de son corps ; mais il l'était véritablement en une autre puisque Jésus lui appartenait comme le fils de Marie sa légitime épouse. Aussi ce divin Enfant le reconnaissait pour son père en toutes choses, et Joseph pour son fils.
D. Quels étaient leurs entretiens ?
R. Saint Joseph parlait peu, la Sainte Vierge moins, et Jésus presque point du tout ; leurs entretiens n'étaient que de Dieu, ou des choses nécessaires. Tout autre discours était banni.
D. comment se comportaient-ils à l'égard des voisins, parents et amis ?
R. Ils sortaient rarement pour faire des visites, qu'ils ne faisaient que quand la charité, la nécessité, ou la bienséance le requéraient ; et lorsqu'on les venait voir, ils recevaient tout le monde fort honnêtement, et leur présence aussi bien que leurs entretiens portaient toujours à la vertu, en gagnant les cœurs par leur affabilité.
D. Combien de temps a subsisté une si aimable Famille ?
R. Jusqu'à la mort de Saint Joseph, qui mourut, comme l'on croit, lorsque Jésus était âgé d'environ trente années, qui est le nombre des années de la Sainte Famille.
D. Pourquoi Jésus qui était venu au monde pour travailler au salut des âmes, a-t-il demeuré si longtemps caché et inconnu, et ne s'est manifesté que les trois dernières années de sa vie ?
R. Pour enseigner, par exemple avant que de le faire en parole, que notre principal soin doit être de combattre toute notre vie, le désir de paraître et résister sans cesse à l'esprit d'orgueil, principe de tout péché, qui nous porte toujours à nous montrer aux hommes, et à nous rendre indépendants. Jésus-Christ au contraire a voulu que l'Écriture ne dit de toute sa vie jusqu'à l'âge de trente ans que ces deux mots, ( il leur était soumis ) afin que nous sussions que dans l'humilité et l'obéissance, consiste le point essentiel de toute notre perfection.
D. Revenons à la mort de Saint Joseph, je souhaiterais en savoir les circonstances ?
R. Il est croyable qu'il ne mourut pas de maladie, mais par la volonté de Dieu, à laquelle il se soumit par une parfaite résignation, quoiqu'il lui dût être fort sensible de quitter ce cher Enfant, qu'il avait élevé par ses sueurs et ses travaux, dans le temps où il allait commencer à paraître. Il fut assisté en ce passage de Jésus et de Marie, qui ne l'abandonnèrent point qu'il n'eut rendu le dernier soupir. Jésus lui ferma les yeux, et lui rendit après sa mort tous les derniers devoirs qu'un enfant doit à son père.
D. Quelle remarque faites-vous sur cette mort ?
R. La remarque qu'il est doux à la mort d'avoir été de la Sainte Famille, puisque l'on meurt entre les bras de Jésus et de Marie.
D. que pensez-vous de la béatitude de Saint Joseph ?
R. Je crois qu'il tient un rang dans le Ciel avec Jésus et Marie, au-dessus de tous les Saints, correspondant à celui qu'il avait auprès d'eux sur la terre, et que l'on peut tout espérer de son crédit, quand on a recours à lui avec la confiance que l'on doit.
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