GALILÉE
IV. INFRACTION AU DÉCRET DE 1616.
(SUITE)
(col. 1069-1070)
Le rapport de la commission ne se fit pas attendre : en voici les conclusions :
« 1° Galilée a transgressé les ordres qu'on lui avait donnés, en abandonnant l'hypothèse pour affirmer absolument la mobilité de la terre et la stabilité du soleil;
2° il a mal rattaché l'existence du flux et du reflux de la mer à la stabilité du soleil et de la mobilité de la terre, qui n'existent pas;
3° il a frauduleusement passé sous silence l'ordre, que le Saint-Office lui avait intimé en 1616, d'abandonner entièrement, de ne plus enseigner ni défendre, de quelque manière que ce fût, par la parole ou par les écrits, l'opinion d'après laquelle le soleil est le centre du monde et la terre se meut. » Von Gebler,
Die Acten, p. 53; ms. du procès, fol. 387 V°.
A côté de ce document, le recueil manuscrit des pièces du procès contient un rapport du même genre où se retrouvent les mêmes conclusions, un peu plus détaillées, sous huit chefs différents. Von Gebler, Die Acten, p. 56; ins. du procès, fol. 389.
En fait, l'accusation se ramène à ces deux chefs : Galilée a désobéi aux ordres du Saint-Office et violé son engagement de 1616; Galilée, bien qu'il déclare vouloir traiter la question du mouvement de la terre hypothétiquement, procède par voie d'affirmation et enseigne sa théorie de façon absolue. Ce sont les reproches qu'Urbain VIII formula expressément dans un nouvel entretien qu'il eut avec Niccolini. Alberi, Le opere, t. IX, p. 435.
Le rapport de la commission concluait qu'il y avait lieu de délibérer sur la procédure à suivre « tant contre Galilée que contre son ouvrage. » Von Gebler, Die Acten, p. 53; ms. du procès, fol. 387 V°.
V. Le PROCÈS DE 1633…
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