GALILÉE
IV. INFRACTION AU DÉCRET DE 1616.
(SUITE)
(col. 1069)
Aussi voyons-nous, dès la première quinzaine d'août (1632), Urbain VIII déférer le Dialogo à l'examen d'une commission extraordinaire. Par égard pour l'auteur et peut-être surtout pour son protecteur, le grand-duc de Toscane, le Saint-Office n'en fut pas d'abord saisi. La commission n'eut en quelque sorte qu'un caractère officieux. Dépêche de Niccolini. 18 septembre 1632, Alberi, Le opere, t. IX, p. 427.
Urbain VIII était pourtant très irrité. Le 5 septembre, apercevant Niccolini, ambassadeur de Toscane, il éclata en violents reproches :
« Galilée, dit-il, a, lui aussi, la hardiesse d'entrer où il ne doit pas entrer, et d'aborder les matières les plus graves et les plus dangereuses que l'on puisse agiter en ce moment-ci. »
« Mais il a imprimé son livre avec autorisation, » fit observer l'ambassadeur.
« Oui, reprit le pape avec animation, Ciampoli et le maître du sacré palais ont été circonvenus : Ciampoli, sans avoir jamais vu et lu l'ouvrage, m'a affirmé que Galilée voulait se conformer en tout aux ordres du pape et que tout était bien. »
Et Urbain VIII se plaignit de Ciampoli et du maître du sacré palais. « On donnera du moins à Galilée le temps de se justifier ? » demanda Niccolini.
« En ces matières du Saint-Office, on ne fait que censurer, reprit le pape, puis on demande une rétractation. »
« Galilée ne pourrait-il pas savoir auparavant ce qu'on lui reproche ? » objecta Niccolini.
« Je vous le dis, répliqua vivement le pape, le Saint-Office ne procède pas ainsi; jamais on ne prévient personne auparavant, d'autant plus que Galilée sait très bien, s'il veut le savoir, en quoi consistent les difficultés, car nous en avons causé ensemble et le lui avons dit nous-même... » Dépêche de Niccolini, 5 septembre, Alberi, Le opere, t. IX, p. 420.
Le rapport de la commission ne se fit pas attendre : en voici les conclusions : …
Marcadores