Nulle part les maximes du livre divin ne revivent avec plus d'éclat et dans une intensité plus saisissante que dans ce touchant martyrologe de la Vendée. C'est surtout l'Évangile de la passion de Jésus-Christ, qui est mis en scène et dramatisé par nos martyrs, qui s'anime et qui revit dans les souffrances, dans les supplices, dans la résignation tranquille et invincible des prêtres, des nobles, des paysans, des vieillards, des femmes, des jeunes filles et des enfants.
Et en étudiant chaque page de cette histoire sanglante, nos lecteurs verront une fois de plus comment l'Église catholique est inébranlable sur le rocher où son divin fondateur l'a bâtie. Du haut de son trône invulnérable, elle voit avec tristesse mais sans crainte se heurter à ses pieds les flots tumultueux des passions humaines et les assauts continus de toutes les puissances conjurées du monde et de l'enfer.
Comme Jésus-Christ son auteur, l'Eglise est patiente parce qu'elle est immortelle. Comme lui, elle a le privilège de vaincre par la douleur et de triompher par la mort. C'est là l'empreinte de la main de Dieu sur elle, empreinte qui défie toute contrefaçon dans les sociétés que le temps fait périr : divina nec imitabilis tessera.
C'est une des leçons que nous aimons à recueillir des Actes de nos héros de la foi.
« La Révolution française, écrivait Joseph de Maistre, est avant tout une grande et solennelle épreuve de la force propre et de la divinité du christianisme. Privé de tous ses appuis terrestres, combattu à outrance, il vivra par cette force intime, et du même coup s'affirmera divin.
« Le Christ commande, il règne, il est vainqueur (1) » dans son Église toujours persécutée et toujours triomphante.
Mais avec ces vives leçons de doctrine, la jeune Vendée viendra respirer encore un souffle d'héroïsme sur les tombes de ces martyrs qui sont ses ancêtres.
Car ces morts que la Révolution croyait anéantir, sont pleins de vie dans le sein de Dieu (2) ; ils parlent toujours et nous couvrent de la puissance de leurs prières, de leurs mérites et de leur patronage.
Par eux, la Vendée d'autrefois est toujours vivante et présente devant la Vendée d'aujourd'hui.
Après les effroyables boucheries des colonnes infernales…
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(1) Considérations sur la France, p. 61, Édit. de Bruxelles.
(2) Visi sunt oculis insipientium mori ; illi autem sunt in pace. Sap. III. 2, 3.— Defunctus adhuc loquitur, Heb. XI. 4.
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