« En voyant sur nos têtes cette nuée éblouissante de témoins, de patrons et de célestes amis, nous marcherons d'un pas plus rapide et plus vaillant vers le but suprême qui nous est proposé, les regards toujours fixés sur Jésus, le Roi des martyrs, qui, en vue des joies triomphantes qui l'attendaient au ciel, a subi la mort de la croix, en a bravé les tourments ignominieux, et par son supplice, est monté s'asseoir à la droite de Dieu son Père (1). »

En face des persécutions hypocrites, de l'indifférence ou des lâchetés contemporaines, nous aimerons à retremper nos âmes et à raviver l'esprit de notre baptême dans les religieux et héroïques souvenirs de notre Vendée antique. Nous garderons une sainte et patriotique fierté de sa foi indomptable, des immenses douleurs qu'elle a supportées pour la défendre et pour la confesser en face des bourreaux.

Nous conserverons dans nos cœurs le respect, l'amour et l'orgueil de sa grande et navrante histoire. Nous en serons fiers, comme l'était saint Ambroise de son Martyrologe milanais.

« Nous avons à nous des légions de martyrs, s'écriait-il ; ecce nos populos martyrum possidemus ! Que notre patrie se réjouisse d'avoir été la mère de tant de célestes soldats et la nourrice de si hautes vertus.

« Et dans l'auréole radieuse de ces saints martyrisés qui sont nos compatriotes, vénérons la grandeur et la majesté de notre foi (2).»

C'est par son martyre que la Vendée de 1793 est entrée dans sa gloire. Et la beauté sublime de son martyrologe nous permet de lui appliquer la parole célèbre par laquelle on caractérisait une royale infortune : « Les malheurs de la Vendée sont montés si haut qu'ils sont devenus une des gloires de la France et du monde catholique. »
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(1) Heb.XII 1,2.
(2) S. AMBROISE, T. IV, p. 716. Edit. Migne.

A suivre : Chapitre I. L'HÉROÏSME EN VENDÉE PENDANT LA RÉVOLUTION.