LE
SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC
(suite)
1° On reconnaît la profession de l'auteur à la manière dont il parle des maladies et de leur guérison; et il est facile de constater la culture de son esprit aux qualités de sa composition.
— Cet évangile décrit les maladies guéries par le Sauveur avec bien plus de précision que les autres, en des termes qui lui sont propres et qui appartiennent au langage médical de l'époque. En outre, il a plus qu'aucun autre la forme de l'histoire.
— Il commence, comme Josèphe, par un prologue, suivant l'usage des Grecs, et par une dédicace à un Théophile qu'il nomme Excellence, ou excellent. Ce Théophile pourrait être un chrétien de Rome ou d'Achaïe, honoré d'un emploi civil. Ce pourrait bien être aussi, comme le pense Origène et comme on en trouve des exemples vers cette époque, un personnage fictif, représentant tous les fidèles, désireux de servir et d'aimer Dieu, « Si tu aimes Dieu, c'est à toi qu'il est écrit, » dit S. Ambroise, qui suivait ce sentiment.
— L'auteur remonte au commencement des faits évangéliques, et il conduit son récit jusqu'à la fin, en le rattachant aux événements contemporains, et en suivant autant qu'il peut la chronologie. C'est un soin que S. Matthieu avait négligé et dont l'importance commençait à se faire sentir. Déjà S. Marc avait essayé de rétablir cet ordre. S. Luc profite de son travail et cherche à le compléter. Il distribue tout autrement les faits rapportés par S. Matthieu du chapitre VIII au chapitre XI.
— Il s'efforce aussi de combler les lacunes de ses devanciers. Un tiers de ses récits, cinq miracles et douze paraboles lui appartiennent en propre. Il est le seul qui parle des soixante-douze disciples et de leur mission. C'est peut-être ce qui a fait dire à plusieurs auteurs, à S. Epiphane en particulier, qu'il en faisait partie, bien que S. Luc lui-même semble affirmer le contraire, suivant S. Grégoire le Grand.
— Pour le style, quoique son grec ait encore bien des hébraïsmes, surtout au commencement, dans les cantiques en particulier, il est notablement plus pur que celui des écrivains du Nouveau Testament. Il ne les reproduit presque jamais sans leur donner plus de correction et d'élégance.
2º On reconnaît un disciple de S. Paul….
Marcadores