À côté de ces jeunes Bayards, la Vendée pouvait aussi montrer avec fierté ses jeunes d'Assas, héroïques sentinelles, qui savaient mourir pour sauver l'armée.

Un jour, près de la Châtaigneraie, un détachement de la division Huché, rencontrait un petit paysan, âgé de dix ans à peine, qui était posté, comme une sentinelle avancée, sur la lisière d'un bois.

On l'interroge et on lui demande quelle direction devait prendre l'armée vendéenne.

L'enfant sourit et répond : « Quand même je vous le dirais, vous ne me croiriez pas. »

On le menace ; on le frappe à coups de baïonnette ; on lui promet la vie, s'il veut répondre aux questions qu'on lui fait.

L'enfant garde un silence intrépide.

Et on le tue.


Un autre enfant d'une douzaine d'années, est un jour arrêté par une patrouille civique, au moment où il portait quelques provisions à un prêtre caché.

— Où vas-tu avec ce panier ? lui dit un républicain.

Le petit paysan se trouble d'abord ; il tremble et balbutie.

— Dis-nous la vérité, petit brigand, ou je te fais fusiller, lui crie le patriote, d'une voix menaçante.

Le pauvre enfant se débat : il hésite ; mais tout à coup il se ressaisit, fait un grand signe de croix et dit :

— Tuez-moi ; faites de mon corps ce que vous voudrez; mais, j'en prends la sainte Vierge à témoin, je ne répondrai pas aux questions que vous me faites.

C'est en vain que les gardes nationaux le menacent et lui appliquent la pointe de leurs baïonnettes sur la poitrine: le petit Vendéen demeure impassible et inébranlable.

La furie révolutionnaire désarma devant l'implacable courage de cet enfant.

Louis de la Paumelière avait 6 ans…